Combien de temps Ivo Opstelten va-t-il continuer à s’opposer à la régularisation du cannabis ?

Une enquête de l’institut de sondage de Maurice de Hond montre que pas moins de 65 % des Néerlandais estiment que les pouvoirs publics doivent faire comme en Uruguay. Pendant combien de temps Ivo Opstelten va-t-il pouvoir continuer à s’opposer à ce souhait en faveur d’une régularisation du cannabis ?


Le 15 décembre 2013, Maurice de Hond, célèbre directeur d’un institut de sondage néerlandais, a publié les résultats  d’une enquête auprès des Néerlandais à propos de la légalisation du cannabis. Cette enquête montre que pas moins de 65 % des Néerlandais estiment que les pouvoirs publics doivent faire comme en Uruguay. Pendant combien de temps Ivo Opstelten va-t-il pouvoir continuer à s’opposer à ce souhait en faveur d’une régularisation du cannabis ?

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Maurice de Hond, célèbre directeur d’un institut de sondage néerlandais.

Sensi Seeds, établie dans la capitale néerlandaise, Amsterdam, suit de très près l’évolution de la situation relative à la régularisation du cannabis aux Pays-Bas. Par le passé, le pays avait adopté une attitude révolutionnaire en séparant les marchés, ce qui a permis jusqu’à maintenant de faire la différence entre drogues douces et drogues dures. Le cannabis est considéré comme une drogue douce et sa vente, sa possession et son usage sont autorisés sous certaines conditions. Cette politique date de 1970, au moment où l’on a conclu que le cannabis était relativement inoffensif, surtout comparé à l’héroïne par exemple, qui était populaire à l’époque et causait beaucoup de problèmes aux Pays-Bas. En autorisant la vente et l’usage de cannabis dans le cadre sécurisant d’un coffee shop, la police a pu et peut encore se consacrer aux questions qui causent vraiment des problèmes.

Politique libérale à l’égard du cannabis

Ces dernières années, la politique néerlandaise libérale à l’égard du cannabis et des coffee shops a été lentement mais sûrement remise en question, et c’est d’autant plus étonnant que cela se passe au moment où d’autres pays commencent à adopter cette politique. Près de la moitié des états des États-Unis ont légalisé le cannabis médical et un nombre grandissant d’états envisagent aussi de le faire en ce qui concerne l’usage récréatif. De plus en plus de pays européens, par exemple l’Espagne et la Tchéquie, ont également dépénalisé le cannabis, et partout dans le monde, il devient plus facile de débattre de cette question. Mais la grande nouvelle est venue récemment de l’Uruguay, qui  a été le premier pays au monde à légaliser intégralement le cannabis à partir du 10 décembre 2013,  afin de le sortir de la criminalité et de protéger ainsi la population. Le monde du cannabis connaît une évolution positive.

Ces dernières années, la politique néerlandaise libérale à l’égard du cannabis et des coffee shops a été lentement mais sûrement remise en question.
Ces dernières années, la politique néerlandaise libérale à l’égard du cannabis et des coffee shops a été lentement mais sûrement remise en question.

Le cannabis et la démocratie

Mais pourquoi les Pays-Bas n’évoluent-ils pas également dans ce sens ? Sensi Seeds a déjà évoqué auparavant cette évolution plutôt déconcertante de la politique néerlandaise au sujet du cannabis, comme vous pouvez le lire ici et ici. Bien que les problèmes ne soient pas résolus sous l’autorité d’Opstelten et que de nouveaux problèmes voient le jour – par exemple l’augmentation des dealers sur la voie publique dans le sud du pays – il fait la sourde oreille aux critiques et aux alternatives proposées  notamment par des collègues parlementaires ainsi que par les institutions politiques locales. Le souhait  en faveur d’un système régularisé est chaque jour de plus en plus fort, aussi bien au niveau politique que parmi la population. Le souhait de la population surtout, qui est le fondement de la démocratie néerlandaise,  ne devrait pas être ignoré. Pourtant, Opstelten continue à affirmer qu’il ne sera jamais question de régularisation sous son autorité.

Mais, en l’absence d’une réaction de sa part sur le contenu, on s’étonne de plus en plus de la politique irréductible menée par Opstelten. Dans l ‘intervalle, les maires de 70 % des villes des Pays-Bas veulent expérimenter la régularisation de l’achat et de la vente par les coffee shops et 65 % de la population partage ce souhait. L’enquête montre également que même parmi ceux qui n’ont jamais rien fumé, une majorité (54 %) y est favorable. Pourquoi Ivo Opstelten ne veut-il pas céder ?

L’échec des dirigeants politiques

La réponse se fait attendre. Entretemps, il est devenu notoire que de plus en plus de partis aux Pays-Bas réprouvent les méthodes de travail d’Opstelten et de son secrétaire d’état à la Sécurité et la Justice, Fred Teeven. En septembre de cette année, leur collègue parlementaire Jan de Wit, du Parti socialiste néerlandais (SP), a désigné Opstelten et Teeven comme étant « un danger pour l’état de droit », suite à un projet du ministère de la Sécurité et de la Justice visant à réduire les aides juridiques, rendant impossible au plus grand nombre l’accès à un tribunal  et les empêchant ainsi de faire valoir leurs droits.

On peut également lire dans un récent article de Vrij Nederland qu’une majorité des juges néerlandais sont agacés notamment par l’intervention des politiques et par une législation défectueuse. Ivo Opstelten et Fred Teeven sont spécifiquement nommés dans ce cadre, en rapport également avec l’échec de la politique des coffee shops. Voici un passage de cet article :

Opstelten et de son secrétaire d’état à la Sécurité et la Justice, Fred Teeven.
Opstelten et de son secrétaire d’état à la Sécurité et la Justice, Fred Teeven.

« La politique d’Opstelten à propos des coffee shops est très mal notée. 63 % des personnes interrogées craignent l’augmentation des dealers sur la voie publique, à cause du durcissement de la politique des drogues douces, qui prend pour excuse le fait de pouvoir s’attaquer ainsi au crime organisé. Dans cette dernière catégorie  –la lutte contre la criminalité – le ministre veut maintenant aussi faire appel à des agents d’infiltration. 66,7 % des juges estiment qu’il ne faut pas le faire. »

Comme bien d’autres, Sensi Seeds se demande publiquement combien de temps cela va-t-il encore pouvoir durer. Naturellement, notre entreprise suit de près tous les développements sur ce sujet.

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