by Diana on 28/10/2014 | Légal & Politique

Le président Mujica est sur le départ – est-ce aussi le cas de la légalisation du cannabis en Uruguay ?

Dimanche dernier, le 26 octobre 2014, l’Uruguay a vécu une journée d’élections qui fut teintée par les adieux imminents du président Mujica à son peuple. Le « président le plus pauvre du monde », comme il a été appelé par la BBC, s’est rendu à son bureau de vote dans sa New Beetle bleue clair. Une habitude pour cet homme qui reste fidèle à ses principes, même lorsque le protocole prévoit d’autres règles. Un geste représentatif du reste de sa carrière. Son mandat se termine officiellement en mars prochain, bien qu’il ne parte pas immédiatement. Le toujours actuel président de l’Uruguay donc, aspire à obtenir un siège au sénat une fois les élections législatives passées (et devrait l’obtenir, d’après l’opinion globale), et serait alors en poste durant la première étape du nouveau gouvernement. Son but dans cette opération est de forger des relations, conseiller les nouveaux pouvoirs en place, et pourquoi pas, s’assurer que tout se déroulera comme prévu. Le fait que Pepe Mujica est l’un des leaders les plus appréciés en Amérique Latine n’est pas un secret, mais comme souvent, « nul n’est prophète en son pays ». L’Uruguay l’apprécie mais pas suffisamment pour lui donner les rênes du pays pour un mandat supplémentaire. Certains citoyens pensent que sa générosité pourrait être forcée. Le fait qu’un président renonce à 90% de son salaire est perçu comme possiblement opportuniste, et rejeter le confort d’un palace présidentiel serait, d’après ces mêmes opposants, un choix de dément plutôt que de leader. Cela ne pourrait être plus éloigné de la réalité, puisque cet homme a subi personnellement les conséquences cruelles de la dictature. Un homme dont la vie reflète les aléas de son cœur, aussi simplement que cela


Dimanche dernier, le 26 octobre 2014, l’Uruguay a vécu une journée d’élections qui fut teintée par les adieux imminents du président Mujica à son peuple.

Mujica arrive au bureau de vote
Mujica arrive au bureau de vote.

Le « président le plus pauvre du monde », comme il a été appelé par la BBC, s’est rendu à son bureau de vote dans sa New Beetle bleue clair. Une habitude pour cet homme qui reste fidèle à ses principes, même lorsque le protocole prévoit d’autres règles. Un geste représentatif du reste de sa carrière.

Son mandat se termine officiellement en mars prochain, bien qu’il ne parte pas immédiatement. Le toujours actuel président de l’Uruguay donc, aspire à obtenir un siège au sénat une fois les élections législatives passées (et devrait l’obtenir, d’après l’opinion globale), et serait alors en poste durant la première étape du nouveau gouvernement. Son but dans cette opération est de forger des relations, conseiller les nouveaux pouvoirs en place, et pourquoi pas, s’assurer que tout se déroulera comme prévu.

Le fait que Pepe Mujica est l’un des leaders les plus appréciés en Amérique Latine n’est pas un secret, mais comme souvent, « nul n’est prophète en son pays ». L’Uruguay l’apprécie mais pas suffisamment pour lui donner les rênes du pays pour un mandat supplémentaire. Certains citoyens pensent que sa générosité pourrait être forcée. Le fait qu’un président renonce à 90% de son salaire est perçu comme possiblement opportuniste, et rejeter le confort d’un palace présidentiel serait, d’après ces mêmes opposants, un choix de dément plutôt que de leader. Cela ne pourrait être plus éloigné de la réalité, puisque cet homme a subi personnellement les conséquences cruelles de la dictature. Un homme dont la vie reflète les aléas de son cœur, aussi simplement que cela.

Des accomplissements louables

En dehors de son mode de vie, M. Mujica a bouleversé son pays en seulement 5 ans. Il a mis l’Uruguay sur le devant de la scène, ce pour les meilleures raisons possibles.

cannabis uruguayIl a décriminalisé l’avortement, alors que son prédécesseur Tabaré Vazquez avait posé son veto sur la question durant son mandat sans aucune pitié. Il a également mis en place une loi en 2013 en faveur des couples homosexuels, un fait quasi-inconcevable en Amérique Latine, sachant qu’avant cela les unions homosexuelles n’étaient possibles qu’en Argentine. Il s’est aussi mis d’accord avec le président Obama pour accueillir 6 détenus de la prison de Guantanamo, indiquant que quiconque refuserait une telle chose serait qualifiable d’ « âme corrompue et lâche ». Est-il besoin d’en dire plus ?

Mujica, mesdames et messieurs, a aussi mis en place la première loi via laquelle le gouvernement régulera la consommation, la culture et la production de cannabis. Un évènement qui a certainement impacté la politique des drogues en Amérique Latine, et partout dans le monde.

Durant les dernières élections, le Frente Amplio, le parti de Mujica, a obtenu la majorité en Chambre des Députés, un objectif jugé difficile mais finalement accompli. Mais il existe toujours des doutes.

Le monde entier est en attente quant à ce qui va suivre une fois le président militant hors de l’équation. Le projet continuera-t-il son bonhomme de chemin ou est-il condamné à être étouffé ? Seul le temps nous en dira plus, et nous restons en alerte. Quoi qu’il arrive, Mujica tient toujours une place spéciale dans les cœurs, et restera cet homme qui a démarré le combat en tant que gladiateur, et en ressort en tant qu’empereur. Sa couronne toutefois n’est pas faite de laurier … mais de chanvre.

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