by Tasha Kerry on 09/11/2018 | Légal & Politique

Pensez-vous à investir dans les titres de cannabis ?

Titres de cannabis Les titres de cannabis, les pot stocks, sont actuellement la nouvelle coqueluche de Wall Street. Avec la flambée du cours boursier des actions observée pendant la dernière année et une prévision de bénéfice incroyable, le cannabis bouge vraisemblablement. Qui sont ceux derrière ces pot stocks? Qui sont les meilleurs? Et l’heure est-elle à l’investissement?


Rencontrez les pot stocks

Le 17 octobre, le Canada est devenu le deuxième pays au monde (après l’Uruguay) à légaliser la vente de cannabis récréatif. Selon les prédictions, la légalisation créera un marché annuel estimé à 5 milliards de dollars, en plus des ventes de cannabis médical, et accélèrera le processus de légalisation aux Etats-Unis où on prévoit que le marché récréatif atteindra 47 milliards de dollars au cours des dix prochaines années.

Evidemment, la légalisation a déclenché un bourdonnement d’activités à la Bourse de New York, et tout le monde se rue sur les titres de cannabis pour faire fortune. Cet engouement porte même le nom de Ruée vers l’or vert. Plus tôt ce mois-ci, Vivien Azer, l’unique analyste cannabique d’un important centre de recherche de Wall Street, a prédit que le marché américain pouvait atteindre 500 milliards de dollars, croissance possible grâce à ses quatre principaux verticaux soit les produits de consommation par des adultes, les produits de soins de beauté et de nutraceutique, les produits en vente libre pour la douleur et le sommeil et les produits pharmaceutiques. Un récent rapport produit par New Frontier Data prédit la création d’un million d’emplois et plus de 100 milliards de dollars en recettes fiscales si les Etats-Unis décidaient de légaliser le cannabis à l’échelle nationale.

L’heure est-elle à l’investissement dans les titres cannabiques ?

Comme le cannabis médical est légal au Canada depuis 2001, les entreprises canadiennes ont une grande longueur d’avance sur les autres nations. Par conséquent, la majorité des titres de cannabis sont émis par des sociétés canadiennes qui sont aussi cultivatrices, principalement impliquées dans le marché médical, mais également intégrées de manière verticale grâce à une foule d’activités qui couvre tout le spectre cannabique (de la culture à la vente de produits en dispensaires).

Les trois sociétés cultivatrices les plus performantes sont, en ordre, Tilray, Canopy Growth Corp. et Aurora Cannabis qui ensemble détiennent une capitalisation boursière approchant les 40 milliards de dollars. Parmi les autres producteurs de cannabis les plus performants, notons Aphria, Cronos Group, HEXO Corp., The Green Organic Dutchman, CannTrust Holdings et Emerald Health Therapeutics. Seules deux des grandes sociétés émettrices ne sont pas Canadiennes : GW Pharmaceuticals, la société de biotechnologie britannique qui vient de sortir EPIDIOLEX ®, et MedMen, l’entreprise américaine cultivatrice en train de prendre de l’expansion partout en Amérique.

Quels seront les pot stocks les plus chauds en 2019

Plus tôt cette année, le marché s’est échauffé lorsque le géant Coca-Cola a annoncé qu’il était à l’affût de produits dérivés de cannabis. Puis, Constellation Brands, le fabricant des bières Corona et Modelo, a augmenté sa participation dans la société Canopy de 38 % en lui versant un investissement de 4 milliards de dollars, décision d’une entreprise du Fortune 500 qui a été jugée d’ « engagement sérieux » dans l’industrie du cannabis.

Au cours de la dernière année, les actions de Cronos Group ont monté de 400 % ; celles d’Aurora de 210 % ; et celles d’Aphria de 190 %. En juillet, Tilray est devenu le premier producteur de cannabis à conclure un premier appel public à l’épargne à New York, fermant à 32 % de plus que son prix d’introduction. Une gamme d’industries – aliments et boissons, tabac, pharmaceutique, agriculture – surveillent maintenant le cannabis pour déterminer comment il sera bénéfique ou dommageable à leur secteur.

A ce stade, les conseillers spécialisés incitent à la prudence, prédisant une extrême volatilité alors que les joueurs se disputent le contrôle du marché et que de nouvelles tendances continuent d’émerger chez les consommateurs. Tout marché naissant se démarque par la présence d’une poignée de gros joueurs, les autres étant presque ignorés, et il faudra attendre quelques années avant de voir émerger les vrais poids lourds de l’industrie cannabique. Pour l’instant, on conseille de miser sur des entreprises qui ont une « capitalisation adéquate et qui se différencient positivement du peloton en croissance », selon le Motley Fool.

L’heure est-elle à l’investissement dans les titres cannabiques ?

Il vaut mieux investir dans les sociétés ayant établi des partenariats stratégiques, une forte identité de marque et des produits à forte marge ou à coût avantageux ; il en existe à l’échelle de l’industrie. Par exemple, le partenariat entre Canopy et Constellation Brands ci-haut mentionné permet aux deux entreprises d’élaborer une boisson infusée au cannabis qui sera prête juste à temps pour la légalisation canadienne des produits comestibles (prévue en 2019), ainsi que d’autres gammes de produits incluant des produits qui aident à dormir et ceux de soins animaux. En août, un autre partenariat a été annoncé entre HEXO Corp. et Molson Beers Brewing visant aussi la création de boissons infusées.

Ce livre d’histoire se souvient du nom des pionniers, et les investisseurs aussi. GW Pharmaceuticals fait parti des gagnants de cette année en parvenant à obtenir la première autorisation de la Food and Drink Administration (E.-U.) pour son plus récent produit de CBD, EPIDIOLEX®. Comme si cela ne suffisait pas, la société est aussi parvenue à impliquer la DEA qui a dû revoir le classement du CBD, le faisant passer de l’Annexe I (catégorie la plus restrictive) à l’Annexe V (catégorie la moins restrictive. Actuellement, les titres de GW s’échangent à perte, mais les investisseurs surveilleront leur évolution au cours des cinq à dix prochaines années.

Une flambée rapide est une mauvaise flambée

Daniel Davies, auteur du livre Lying for Money, conseille aux investisseurs de faire preuve de prudence devant toute occasion d’investissement ou histoire boursière. Comme il l’écrit dans le FT : « il faut investir soit quand très peu de gens sont au courant de l’histoire, soit quand tout le monde la connaît et la déteste. Quand vous achetez juste au moment où les titres de cannabis sont partout dans la presse financière, vous ferez probablement partie du « mur d’argent » qu’exploitent les joueurs plus rusés. »

Quant à lui, Sean Williams de Motley Fool s’inquiète du fait que certaines sociétés canadiennes ne se portent pas aussi bien que ce que prétendent les chiffres. Au Canada, le secteur agricole s’appuie sur les Normes internationales d’information financière (IFRS) dans la déclaration de leur revenu, un système dans lequel est entrée la valeur du produit avant sa vente. Cela signifie que ces entreprises estiment la valeur de leur stock, puis, qu’elles estiment la quantité qui sera vendue : leur rapport financier n’est donc que fiction, bien que les IFRS représentent un système légal.

C’est ce qui explique pourquoi Williams affirme que des sociétés telles CannTrust Holdings, OrganiGram Holdings et Aphria sont loin d’être aussi rentables qu’on le rapporte. Qu’à cela ne tienne, le marché est en marche, et qui sait où seront rendues ces sociétés dans cinq ou dix ans. Le plus déterminant dans les prochaines années sera la réglementation et les tendances chez les consommateurs. Une fois que la voie de la recherche sur les cannabinoïdes sera ouverte, nous assisterons à une explosion de produits de santé et de nutrition ainsi qu’une gamme de biens de consommation allant du savon au café en passant par les boissons pour sportifs.

L’heure est-elle à l’investissement dans les titres cannabiques ?

Tom Agnell, rédacteur en chef de Marijuana Moment, un magazine en ligne d’information sur le cannabis et un des journalistes les plus respectés de l’industrie, préfère braquer les projecteurs sur les investisseurs plutôt que sur les titres de cannabis, pressant ces derniers à reconnaître les efforts des activistes qui ont forgé l’industrie. En octobre, il a publié un tweet qui se lisait comme suit : « Si vous investissez dans les titres de cannabis en espérant devenir riche sans même faire de dons à ces organisations qui travaillent si fort à faire sortir les gens de prison et à rendre votre marché légal… @NORML @MarijuanaPolicy @DrugPolicyOrg @SSDP … foutez le camp d’ici maintenant (get right the f**k out of here.) »

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