by Seshata on 29/12/2015 | Consommation Medicinal

Le guide complet des allergies au cannabis

Allergies En février 2013, nous avions publié un rapport sur les allergies au cannabis qui contenait des concepts généraux et un aperçu des notions scientifiques derrière le phénomène. Depuis, de nombreuses recherches ont été menées à ce sujet. Lisez notre mise à jour ici.


Le guide complet des allergies au cannabis

Quelles sont-elles, quels sont leurs effets et qui affectent-elles ?

En février 2013, nous avions publié un rapport sur les allergies au cannabis qui contenait des concepts généraux et un aperçu des notions scientifiques derrière le phénomène. Depuis, de nombreuses recherches ont été menées à ce sujet, probablement en raison du relâchement des lois au Colorado et ailleurs qui entraîne le besoin de revisiter les normes de sécurité au travail appliquées à de milliers d’employés maintenant légaux.

Le concept d’allergies au cannabis pourrait relever de l’anathème pour plusieurs dans l’industrie qui semblent croire que la meilleure façon de promouvoir la légalisation soit de proclamer haut et fort les vertus de la plante en passant sous silence tout risque potentiel. Toutefois, quiconque ayant travaillé physiquement assez longtemps dans une salle de culture est conscient qu’une exposition prolongée au cannabis peut occasionner des désagréments et des démangeaisons.

Que sont les allergies au cannabis ?

La manifestation et les symptômes des allergies au cannabis sont souvent similaires à ceux de la dermatite de contact, et sont communément rapportés par les personnes qui sont en contact direct avec la plante. Ces personnes rapportent généralement des démangeaisons et des rougeurs cutanées qui peuvent, dans les cas sévères, prendre l’ampleur d’éruptions cutanées ou d’urticaire. Leurs yeux peuvent aussi être affectés de rougeurs, de démangeaisons et d’inflammation.

Tout comme dans le cas de dermatite, les allergies au cannabis peuvent occasionner des symptômes respiratoires – essoufflement, inflammation des voies respiratoires, toux, éternuements et rhinorrhée (écoulement nasal). Dans certains cas, elles peuvent même causer des nausées et des vomissements.

Les cas graves d’allergies au cannabis peuvent engendrer un choc anaphylactique, qui se caractérise par une manifestation subite de symptômes cutanés et respiratoires accompagnés d’une chute drastique de pression sanguine qui peut aussi déclencher des complications cardiovasculaires. Si des soins médicaux ne sont pas apportés, la victime peut perdre connaissance et même mourir (bien qu’aucun décès n’ait été rapporté en lien avec un choc anaphylactique déclenché par le cannabis).

Les symptômes des allergies au cannabis s’apparentent à ceux de la dermatite ou de l’asthme
Les symptômes des allergies au cannabis s’apparentent à ceux de la dermatite ou de l’asthme

Quelles sont les causes des allergies au cannabis ?

D’abord, il est important de faire la distinction entre une véritable allergie au cannabis et une réaction allergique à des substances trouvées dans les plantes de cannabis, mais qui ne lui sont pas inhérentes, comme les moisissures et les acariens. Il est bien connu que ces allergènes puissants qui affectent beaucoup de gens sont souvent présents dans le cannabis qui n’a pas été bien cultivé ou conservé.

De nombreux cas de réactions sévères ont été rapportés chez des personnes ayant fumé du cannabis contenant des moisissures, et au moins un décès y a été attribué (bien qu’il s’agissait d’une personne souffrant d’un système immunitaire gravement endommagé par une chirurgie).

Toutefois, l’allergie au cannabis en soi est déclenchée par une ou des substances contenues dans la plante. En fait, un grand nombre de substances cannabiques peuvent représenter un risque chez les individus sensibles, et il est fort probable que différents cas d’allergies soient fonction de différentes substances.

Les allergènes du cannabis

Voyons voir quels sont les allergènes du cannabis. D’abord, il y a le pollen des fleurs de cannabis. Ce sont généralement les mâles qui en produisent, mais les femelles peuvent aussi produire du pollen en cas d’hermaphrodisme (si elles produisent une grande quantité de fleurs mâles, la concentration de pollen dans l’air peut être élevée).

Plusieurs études ont déterminé que le pollen de cannabis et de chanvre cause des réactions allergiques, et les personnes qui y sont sensibles réagissent aussi généralement au pollen d’autres plantes. Une étude menée dans le Midwest américain a montré que 73 % des sujets étaient sensibles au pollen de cannabis, et que chacun d’eux était aussi sensible aux plantes locales comme l’ambroisie, le chardon de Russie et la lampourde.

Cependant, cela n’explique pas le fait que certaines personnes sont allergiques aux plantes femelles qui ne montrent aucun signe d’hermaphrodisme. Les scientifiques ont déterminé environ une dizaine de causes possibles autres que le pollen.

La plupart des allergènes trouvés dans le cannabis sont des protéines, et plusieurs d’entre elles ont aussi été retrouvées dans d’autres plantes et identifiées comme étant réellement allergènes. Plusieurs études ont trouvé dans le cannabis un type particulier de protéines, les protéines de transfert de lipides (PTL), souvent mises en cause dans les allergies.

Les PTL du cannabis, possible cause des allergies

Un grand nombre d’études a démontré la présence de PTL dans les plantes de cannabis en croissance. Une étude publiée en 2007 a rapporté qu’une PTL unique avait été isolée dans le cannabis, protéine par la suite nommée Can S3. Dans au moins une étude, les patients ont présenté des symptômes de sensibilité à cette substance précise, la Can S3, lors d’une gamme de tests cutanés et immunologiques.

Dans de très rares instances, il peut y avoir choc anaphylactique
Dans de très rares instances, il peut y avoir choc anaphylactique

Cependant, les auteurs d’une importante étude publiée en 2013 n’ont trouvé aucune évidence de la présence d’une PTL dans le cannabis. En revanche, ils ont trouvé l’existence de plusieurs autres protéines connues pour être des allergènes certains, ainsi qu’une autre protéine, trouvée uniquement dans le cannabis, et n’ayant encore jamais été rapportée comme étant en cause dans les allergies.

D’autres allergènes potentiels du cannabis

Plusieurs autres allergènes potentiels du cannabis ont été isolés et identifiés dans l’étude « Caractérisation des allergènes du Cannabis sativa ».

Les chercheurs de cette étude ont trouvé que plusieurs protéines végétales déclenchaient des réactions immunitaires, l’une d’elles étant la Rubisco, l’enzyme responsable du processus de conversion du dioxyde de carbone en glucose et autres nutriments végétaux. Cette protéine a déjà été identifiée comme étant en cause dans d’autres cas d’allergies aux plantes.

En plus de la Rubisco, une protéine appelée oxygen-evolving enhancer protein 2 (enzyme impliquée dans la photosynthèse) a été étroitement liée aux réactions allergiques déclenchées par le cannabis. Il est intéressant de noter que cette protéine ne semble jamais avoir fait l’objet d’étude d’allergologie, ni pour le cannabis ni pour d’autres plantes.

On a identifié d’autres candidats potentiels venant s’ajouter à ces deux protéines : l’ATP synthase, la GAPDH (allergène très connu présent dans le blé et les champignons), la PGK (allergies aux levures), la protéine immunoglobuline de liaison (allergies aux noisettes) et la protéine de choc thermique 70 (allergies aux champignons).

Allergies croisées avec d’autres plantes

Il n’est pas rare que les individus allergiques au cannabis le soient aussi au tabac et à la tomate. Cette association a été notée maintes fois, notamment, dans une étude publiée en 2011 selon laquelle les allergies croisées avec le latex concernent aussi ce groupe de plantes.

En 2008, une étude conduite en Espagne a trouvé que les individus sensibles au cannabis avaient de très grandes chances d’être aussi sensibles à la tomate et à la pêche.

Il est intéressant de savoir qu’une sensibilité au pollen n’engendre pas nécessairement une sensibilité au cannabis, et vice versa. Dans une étude menée en 2011, on a en effet découvert que les allergies au pollen n’étaient pas associées aux allergies au cannabis. Cela signifie qu’un individu peut être allergique au pollen seulement, ou à d’autres allergènes présents, mais rarement aux deux.

Comment réduire les symptômes des allergies au cannabis

Avec le temps et au fur et à mesure que les chercheurs pousseront leurs recherches au sujet des allergènes du cannabis, des thérapies ciblées verront le jour et permettront de réduire les symptômes, en commençant par les plus généraux.

Il ne semble pas, pour l’instant, exister de médicaments spécialement conçus pour traiter les allergies au cannabis, bien que les personnes qui en souffrent bénéficient souvent de médicaments élaborés pour traiter les réactions croisées communes entre le cannabis et d’autres allergènes.

Outre la médication, il existe diverses façons de minimiser l’exposition aux allergènes du cannabis en périodes de hauts risques d’exposition. Généralement, les travailleurs qui sont à proximité physique de la plante sont les plus exposés aux risques ; cependant, dans certaines régions, tel le sud-ouest des États-Unis, le pollen peut parcourir des kilomètres, engendrant des périodes spécifiques de haut risque.

On peut prévenir les réactions en portant des vêtements à manches longues, des gants et des lunettes de protection
On peut prévenir les réactions en portant des vêtements à manches longues, des gants et des lunettes de protection

Il est conseillé de porter des vêtements à manches longues, ainsi qu’un masque, des gants, des lunettes de protection et d’autres barrières physiques. Un inhalateur, des antihistaminiques ou un EpiPen peuvent s’avérer nécessaires. Il est aussi important de s’assurer que la ventilation est optimale pour éviter de trop fortes concentrations aériennes d’allergènes.

Finalement, la façon la plus efficace d’éviter les réactions allergiques est de se tenir le plus loin possible des sources d’allergènes. Bien des gens qui travaillent année après année en contact avec les plantes de cannabis espèrent que leur sensibilité disparaîtra un jour : cela est fort improbable. Si les symptômes sont sévères, il est recommandé d’éviter tous contacts physiques avec la plante ou d’en être à proximité. Pour certains, cela veut dire d’arrêter de travailler avec le cannabis.

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