by Stefanie on 18/04/2016 | Medicinal

Traitement médical de l’autisme : le cannabis est-il un remède envisageable ?

Rapports Bien qu’on en entendait rarement parler il y a 20 ans, l’autisme est maintenant le trouble du développement qui connaît la plus forte croissance. On estime que 1 % de la population mondiale souffre de troubles autistiques, ce qui équivaut au nombre alarmant de 73,9 millions de personnes. Le cannabis peut-il être un traitement ? De plus en plus de rapports fondés sur l’expérience sont produits sur ce sujet.


Traitement médical de l’autisme_le cannabis est-il un remède envisageable

Bien qu’on en entendait rarement parler il y a 20 ans, l’autisme est maintenant le trouble du développement qui connaît la plus forte croissance. On estime que 1 % de la population mondiale souffre de troubles autistiques, ce qui équivaut au nombre alarmant de 73,9 millions de personnes. Le cannabis peut-il être un traitement ? De plus en plus de rapports fondés sur l’expérience sont produits sur ce sujet.

Chiffres concernant l’autisme

Aussi connu sous le nom de spectre de l’autisme ou de trouble du spectre de l’autisme (TSA), l’autisme est un trouble du développement qui peut se présenter sous différentes formes. Il touche le cerveau ; le traitement de la perception et de l’information est perturbé.

73,9 millions de personnes à l’échelle mondiale, voilà un chiffre stupéfiant. Aux Etats-Unis seulement, 3,5 millions de personnes vivent avec un TSA : un enfant sur 68 est touché, soit un garçon sur 42 et une fille sur 189.

De 2000 à 2010, la prévalence de l’autisme aux Etats-Unis a augmenté de 119,4 %. Des scientifiques comme Stephanie Seneff prédisent que la moitié de tous les enfants nés aux États-Unis en 2025 souffriront d’un trouble autistique.

Il n’y a pas de données précises disponibles pour l’Europe. Certaines sources indiquent qu’une personne sur 100 souffre de l’autisme, alors que d’autres affirment plutôt que 6 à 7 personnes sur 1000 vivent avec un trouble du spectre de l’autisme.

Des modèles explicatifs détaillés et concluants sur les causes des troubles autistiques n’ont toujours pas vu le jour, et c’est ainsi depuis fort longtemps. Cet article ne s’attardera donc pas à cette question.

Néanmoins, si nous nous arrêtons sur les chiffres ci-haut mentionnés, nous pouvons affirmer à juste titre qu’il s’agit d’une crise globale.

L’autisme et son traitement

Les TSA ne peuvent pas être guéris, mais il existe une gamme d’options de traitements qui améliorent la vie des personnes autistes, de leurs proches et de ceux qui en ont soin.

Ces traitements peuvent être médicaux mais peuvent aussi prendre la forme d’intervention précoce, de pratique des compétences sociales en groupe, de psychothérapie des troubles concomitants, d’orthophonie, d’ergothérapie, de thérapie par les arts et la musique et de zoothérapie. Une avenue qui n’a pas encore été prouvée scientifiquement, mais pour laquelle des rapports fondés sur l’expérience existent, est l’effet de l’administration de cannabis riche en CBD et d’autres types de cannabis sous forme de fleurs ou d’huile.

Rapports fondés sur l’expérience concernant l’utilisation du cannabis par les autistes

Les parents d’enfants autistes prennent de plus en plus la parole concernant l’utilisation du cannabis, notamment les variétés riches en CBD, ou l’huile de CBD pour le traitement d’enfants autistes. Le manque de recherche ne les empêche pas de prendre en main les intérêts de leurs enfants.

Le cannabis peut-il être un traitement ? Le nombre de rapports positifs et fondés sur l’expérience augmente.
Le cannabis peut-il être un traitement ? Le nombre de rapports positifs et fondés sur l’expérience augmente.

Une indica forte pour J.

Il y a quelques années, la célèbre écrivaine et essayiste Marie Myung-Ok Lee a parlé publiquement du cannabis en tant qu’option médicale pour traiter son fils autiste : « La marijuana n’est pas un remède miracle pour l’autisme. Toutefois, dans le cas de notre fils, elle permet de soulager ses douleurs et son inflammation de façon si importante qu’il peut à nouveau participer à la vie et aux apprentissages. La marijuana le protège également des effets secondaires parfois dangereux des médicaments pharmaceutiques. Nous avons choisi une bonne variété (White Russian dont l’usage est répandu chez les cancéreux en phase terminale pour soulager la douleur) et déterminé la dose adéquate. Maintenant, J. n’a plus mal et il peut aller à l’école plutôt qu’à l’hôpital psychiatrique pour enfants, où trop de ses pairs aboutissent suite à des comportements violents. »

Huile de CBD pour D.

D. est autiste, il accuse un retard scolaire et est incapable de parler clairement. Il a également développé un problème à l’œil pour lequel il a déjà eu quelques opérations. Sinon, il est en forme et très actif. D. bénéficie de séances d’orthophonie. Quatre semaines après qu’il ait reçu du CBD, il parvenait à s’exprimer beaucoup plus clairement, et l’état de son œil s’était aussi amélioré. Depuis qu’il reçoit du CBD, D. est beaucoup plus communicatif, semble plus alerte et est plus à même de se concentrer sur de petites choses. D. ne prend pas l’huile de CBD à la même heure que ses médicaments habituels (il y a un écart de deux heures entre les prises).

L’histoire de D. et de son frère peut être lue sur le site internet Realm of Caring.

Marinol au départ, puis le cannabis

« Mon fils (qui a presque neuf ans) est médicamenté en raison de ses comportements autistiques sévères… Aucun médicament n’est jamais parvenu à faire une différence, sauf celle d’aggraver ses comportements. Il y a quelques mois, nous avons essayé un médicament prescrit, le Marinol, et nous avons observé une baisse des épisodes sévères, aucune crise et peu ou pas d’agressivité envers son professeur et les membres de sa famille au quotidien. Il y a quelques semaines, nous avons essayé le cannabis et nous avons arrêté le Marinol. Il est de bien meilleure humeur et il a maintenant plus de facilité à poursuivre une tâche en classe… Il y a encore des jours où il se met en colère et où son humeur est changeante, mais nous pouvons ajuster la dose pour l’aider à passer à travers ces journées. Je me sens beaucoup plus à l’aise de lui administrer du cannabis qu’autre chose, comme le Risperdale. »

Ce témoignage et d’autres réflexions intéressantes peuvent être lus en cliquant sur ce lien. L’auteur de cet article est Bernard Rimland, Ph. D., père d’un fils autiste, fondateur de l’Autism Society of America et directeur de l’Autism Research Institute, lequel recueille de l’information au sujet de l’autisme. Selon son expérience, les enfants autistes à qui on administre du cannabis éprouvent une amélioration considérable de leurs symptômes, qu’ils soient liés à l’anxiété et à la panique, ou aux crises et à l’automutilation.

Charlotte’s Web pour J.

En plus de l’autisme à haut niveau de fonctionnement (AHN), J. a aussi reçu un diagnostic d’épilepsie, de TDAH, d’asthme et de troubles anxieux. Le garçon est décrit comme étant aimable, intelligent et affectueux. Après avoir reçu son vaccin ROR et celui de la varicelle, J. est devenu léthargique et a eu une crise épileptique le jour suivant. À l’hôpital, il a été diagnostiqué d’une méningite virale causée par le vaccin de la varicelle. Ce fut le début d’un parcours sinueux avec divers médicaments antiépileptiques. Suite à une année d’utilisation de Charlotte’s Web, une variété de cannabis riche en CBD, J. était difficilement reconnaissable : meilleur système immunitaire, augmentation de la force musculaire, aucun problème de sommeil, esprit plus clair. Ses motricités fine et globale se sont aussi améliorées et il était capable de participer à nouveau aux leçons normales. Quand le rapport fondé sur l’expérience a été publié, J. avait déjà vécu 54 jours sans crise épileptique simplement en prenant Charlotte’s Web.

Le rapport détaillé peut être lu sur le site internet Realm of Caring.

Le cannabis médicinal, une bouée de sauvetage pour J.

Mieko Hester-Perez, fondatrice de UF4A.ORG (The Unconventional Foundation for Autism), cherche à expliquer l’autisme et les thérapies et traitements alternatifs. Le cannabis médicinal aide son fils autiste J. qui a fait plusieurs progrès depuis qu’il en a débuté l’utilisation. Il a pris du poids, il est plus calme et il rit davantage. Sa mère dit que J. est moins tendu, c.-à-d. qu’il est moins irritable et nerveux. Avant qu’il ne prenne du cannabis médicinal, le garçon devait prendre 13 médicaments différents par jour, ce qui a aggravé ses symptômes en vieillissant. Les médecins avaient déjà préparé la mère de J. en vue de sa mort prématurée, mais le garçon surpasse toutes les attentes. J. consomme la variété de cannabis nommée en son honneur, Joey’s,  sous forme de brownies.

Ce qui ressort clairement des rapports fondés sur l’expérience mentionnés ci-haut est que le cannabis a amélioré de façon significative la vie de tous ces jeunes patients et celle de leur famille. Il est aussi frappant de constater qu’il n’y ait pas de médicaments généraux à base de cannabis qui puissent être utilisés par tous. Le traitement médical de chaque cas individuel d’autisme appelle une variété ou un produit différents. Le professeur de Harvard de renommée mondiale, Dr Lester Grinspoon, a également commenté diverses méthodes de traitement, ainsi que l’approche des traitements basés sur le cannabis.

Lester Grinspoon et le traitement de l’autisme par le cannabis

Professeur agrégé et émérite de psychiatrie à la Faculté de médecine de Harvard, Dr Lester Grinspoon a publié un document sur l’utilisation du cannabis par les autistes en 2010.

Dans ce document, Dr Grinspoon présente en détail l’expérience de Marie Myung-Ok Lee, qui administre du cannabis médicinal à son fils J. (le cas est aussi brièvement présenté ci-haut).  Le professeur demande aux scientifiques de prendre au sérieux ces expériences et de mener de plus amples études sur le traitement médicinal. Il critique également ce qui suit :

« Les preuves anecdotiques attirent beaucoup moins l’attention qu’auparavant. Elles sont toutefois la source d’une grande partie de nos connaissances sur les médicaments synthétiques et les dérivés végétaux. Les essais contrôlés n’ont pas été nécessaires pour reconnaître le potentiel thérapeutique de l’hydrate de chloral, des barbituriques, de l’aspirine, du curare, de l’insuline ou de la pénicilline. »

Bien que les premiers résultats de recherches scientifiques soient disponibles, le chemin à parcourir est encore long.

L’autisme et le système endocannabinoïde

Au cours des dernières années, des recherches ont été menées sur les liens entre les troubles autistiques et le système endocannabinoïde. Il a été prouvé que les régions du cerveau ayant les concentrations de récepteurs CB1 les plus élevées sont celles que l’on croit dysfonctionnelles dans les cas d’autisme, notamment le cervelet, l’hippocampe et les noyaux gris centraux (Bauman and Kemper 2005, Courchesne et al. 2007). Cliquez ici pour en savoir plus.

Des essais sur des modèles animaux ont révélé que le système endocannabinoïde est impliqué dans l’autisme, ou est perturbé par ce trouble, ce qui entraine deux résultats :

À la fin d’un essai en 2013, les chercheurs « … soulevaient la possibilité que des modifications dans la signalisation endocannabinoïde puissent contribuer à la physiopathologie de l’autisme. »

Au cours d’une expérience menée en 2015, ils sont venus à la conclusion que l’activation du récepteur CB1 par l’anandamide impliquant l’ocytocine contrôle la réponse à la récompense à travers les interactions sociales. « Des déficits dans ce mécanisme de signalisation peuvent contribuer aux déficiences sociales dans les troubles du spectre de l’autisme et peuvent suggérer une avenue pour traiter ces états. »

Résumé

Vous vous pressons à pousser vos recherches et obtenir plus de précisions si vous voulez vous renseigner correctement sur l’utilisation du cannabis pour le traitement médicinal des TSA.
Nous vous pressons à pousser vos recherches et obtenir plus de précisions si vous voulez vous renseigner correctement sur l’utilisation du cannabis pour le traitement médicinal des TSA.

Vivre avec l’autisme est dramatique et irrévocable pour toutes les personnes impliquées. On ne peut pas, et on ne doit pas s’attendre à ce que le cannabis soit un remède miracle pour traiter les TSA, mais les rapports fondés sur l’expérience ci-haut mentionnés fournissent une base pour des études ultérieures.

En revanche, nous vous pressons à pousser vos recherches et obtenir plus de précisions si vous voulez vous renseigner correctement sur l’utilisation du cannabis pour le traitement médicinal des TSA. Seules des preuves scientifiques sur l’utilisation du cannabis pour traiter l’autisme pourront garantir que le cannabis soit disponible pour ceux qui en auront besoin. En ce sens…

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