Le cannabis en Irak – lois, utilisation et histoire

Sous Saddam Hussein, la possession et la vente de cannabis étaient assez rares grâce aux contrôles stricts des frontières. Depuis, le trafic de drogues ne cesse d’augmenter et les autorités condamnent à perpétuité et à la peine de mort les trafiquants de drogues. Malgré les lois strictes, l’utilisation du cannabis est assez répandue dans le pays.

    • Capitale
    • Baghdad
    • Habitants
    • 41,503,000
    • Produits CBD
    • Illégal
    • Cannabis récréatif
    • Illégal
    • Cannabis médicinal
    • Illégal

Les lois sur le cannabis en Irak

Peut-on posséder et utiliser du cannabis en Irak ?

Il est illégal d’utiliser ou de posséder du cannabis en Irak. Les lois sont sévères même pour les personnes prises avec de petites quantités. Le Rapport International sur la Stratégie des Drogues de 2014 estime que les lois du pays ne sont pas conformes aux avancées internationales dans le traitement ou l’application de la loi, puisque des peines de prison dures sont appliquées pour des infractions relativement mineures. L’utilisation personnelle de cannabis peut être punie de trois à 15 ans de prison.

Les personnes reconnues coupables d’utiliser des drogues peuvent demander à suivre un traitement plutôt que purger leur peine. Toutefois, le niveau de traitement disponible est inapproprié et donc, cette option n’est pas proposée systématiquement.

Sous la présidence de Saddam Hussein, de 1979 à 2003, on estime que le pays n’était pas très exposé au cannabis grâce aux contrôles stricts des frontières. Toutefois, depuis, l’Irak est devenu un « pays de passage » pour les trafiquants de drogues et davantage de cannabis entre dans le pays. Par conséquent, on estime que l’utilisation de cannabis est en hausse.

Bien que les lois soient sévères, le cannabis est très répandu dans le pays.

Peut-on vendre du cannabis en Irak ?

Il est illégal de vendre ou de fournir du cannabis en Irak. Même le trafic de cannabis à petite échelle peut conduire à une peine d’emprisonnement, tandis que le trafic à grande échelle est souvent puni d’une peine à perpétuité (généralement fixée à 20 ans). Parfois, les trafiquants de drogues dans et hors du pays sont condamnés à la peine de mort.

L’Irak condamne encore souvent à mort. Ces peines ne sont attribuées qu’aux trafiquants de drogues suspects d’essayer de financer ou de favoriser l’insurrection. Toutefois, les autorités irakiennes (et les médias) sont convaincus que le trafic est souvent associé à l’insurrection. Ainsi, les trafiquants de drogues sont accusés d’avoir des liens avec des organisations terroristes.

En 2019, on estime qu’environ 1 724 à plus de 3 000 personnes étaient condamnées à la peine de mort en Irak.

Peut-on cultiver du cannabis en Irak ?

Il est illégal de cultiver du cannabis en Irak, même de petites quantités pour un usage personnel. Il n’est pas si courant d’en cultiver dans le pays puisque les conditions climatiques ne sont pas favorables. Les analystes du Département américain de l’agriculture ont rapporté qu’une grande partie du pays est trop aride et que même les tentatives de culture de cannabis dans la région sud du pays (où il y a plus d’eau) n’ont pas abouti.

Quelques agriculteurs essaient toujours de cultiver du cannabis à cause de son potentiel lucratif. Depuis 2003, plusieurs raids ont été organisés sur les plantations, mais il est difficile d’établir un nombre à cause du manque de données disponibles. Il se peut que l’étendue de la culture soit supérieure à que ce que prétendent les médias.

En 2006, lors d’un raid, les autorités ont arrêté un agriculteur dans la région nord de l’Irak et détruit sa récolte de cannabis, estimée à 2 millions de dollars. De même, en 2008, une vidéo diffusée sur le net a montré des soldats américains debout sur des champs de cannabis, ce qui prouve qu’il y a une certaine culture dans le pays.

Le CBD est-il légal en Irak ?

Les lois irakiennes ne font aucune distinction entre le CBD et le cannabis, bien que le CBD contienne un taux de THC (substance responsable de l’effet d’« euphorie ») très bas. Par conséquent, il est illégal d’en utiliser, d’en acheter ou d’en vendre.

Est-il possible d’envoyer des graines de cannabis en Irak ?

Il est illégal de cultiver du cannabis en Irak. Par conséquent, les graines de cannabis sont illégales et ne peuvent y être vendues ou achetées ; de même, elles ne peuvent être envoyées par la poste.

Le cannabis médical en Irak

Aucun programme de cannabis médical n’est actuellement en place en Irak et il n’y a aucune prévision pour qu’il y en ait un prochainement.

Le chanvre industriel en Irak

Le chanvre industriel n’est pas cultivé de façon légale en Irak. De plus, les conditions arides du pays rendent sa culture difficile, ce qui décourage les agriculteurs.

Bon à savoir

Si vous vous rendez en Irak (ou si vous y habitez), il est utile de savoir ce qui suit :

  • les cas d’arrestation pour drogues ont connu une forte hausse à Basra, dont le nombre a presque doublé depuis fin 2014. D’octobre 2015 à décembre 2017, 4 035 arrestations ont eu lieu rien que dans cette ville. Dont 3 479 rien qu’en 2017.
  • L’utilisation de drogues est plus fréquente à Basra, suivie des régions de Baghdâd et de Maysan. On estime que l’utilisation est en hausse à Basra à cause de sa frontière avec l’Iran et le Kuwait (où l’utilisation de la drogue est fréquente). Cette région est donc particulièrement vulnérable au trafic.
  • Les autorités irakiennes se soucient davantage de la hausse de l’addiction aux opiacés et aux amphétamines que de l’addiction au cannabis.

Histoire du cannabis

Malgré la relation turbulente de l’Irak avec le cannabis, les experts sont convaincus qu’il fait partie de la culture de la région depuis des siècles. En analysant des vases déterrés, les chercheurs ont trouvé des preuves qui suggèrent que les anciens « orientaux » (une région du Moyen-Orient qui comprend l’Irak) utilisaient du cannabis.

On pense que la migration est responsable de l’entrée de la plante dans la région. Les Yamnaya de l’Asie centrale transportait leur cannabis avec eux en Europe et au Moyen-Orient. Nous ignorons s’ils s’en servaient uniquement pour fabriquer des cordes ou s’ils en fumaient ou en consommaient. D’autres preuves suggèrent que les anciennes populations fumaient du cannabis, puisque les fouilles archéologiques dans le Caucase ont révélé des braseros contenant des restes calcinés de la plante et de ses graines. Ceux-ci remontent à 3000 AEC.

Le commerce moderne du cannabis

De nos jours, les trafiquants considèrent l’Irak comme un important pays de « passage ». Sa localisation est idéale pour le trafic d’haschisch et d’opiacés provenant d’Afghanistan et du Pakistan et les faibles mesures de sécurité signifient que les autorités mettent tout en place pour l’éviter.

Les frontières poreuses sont difficiles à contrôler, ce qui veut dire que de nouveaux itinéraires sont souvent établis. Bien que le pays dispose d’unités antidrogues spécialisées, elles manquent de financement et ne sont pas bien organisées.

Cela a eu un effet d’entraînement dans la région. En Jordanie, on a assisté à une hausse des saisies de drogues à la frontière irakienne, la quantité d’haschich trafiqué de l’Irak vers l’Arabie Saoudite a connu une hausse générale.

En outre, les trafiquants sont de plus en plus créatifs dans leurs méthodes. Profitant de l’instabilité de l’Irak, les passants iraniens se servent souvent du tourisme religieux vers les villes sacrées d’Al-Najaf et Karbala pour déguiser leurs activités illégales. De même, certains groupes de trafic se déguisent eux-mêmes comme clergés musulmans pour assurer qu’ils peuvent faire pénétrer les drogues dans le pays sans être arrêtés par la police.

Attitudes envers le cannabis

Malgré les lois rigoureuses, l’utilisation du cannabis (souvent sous forme d’haschich) est une monnaie assez courante. Elle est aussi considérée comme socialement acceptable ; ce qui n’est pas surprenant étant donné que la pratique est enracinée dans la tradition du Moyen-Orient.

Cela fait des siècles que culture de fumer du haschich existe en Irak et les autorités tolèrent son utilisation (dans une certaine mesure). Toutefois, le problème grandissant de l’addiction aux opiacés et aux amphétamines a mis la lumière sur le cannabis, et les arrestations ne cessent d’augmenter. 

Comme de nombreuses autres drogues, le cannabis est souvent diabolisé par le gouvernement irakien et les médias, bien que beaucoup semble le considérer comme moins dangereux que d’autres substances illégales.

Le cannabis au Kurdistan

La situation concernant la culture de cannabis dans la région autonome du Kurdistan peut être compliquée et déroutante.

Les données suggèrent que le Parti des Travailleurs Kurdes est impliqué dans la production de cannabis, dans la province de Diyarbakir, près de la frontière avec l’Irak. D’autres rapports défendent que les membres du PKK ont taxé et contrôlé les fermes de cannabis dans les années 90, dans les régions kurdes du nord de l’Irak et nord-ouest d’Iran. Le PKK est également connu pour son implication dans le trafic d’héroïne.

Plus récemment, les services de renseignements kurdes, l’Asayish, ont arrêté des personnes soupçonnées de trafic de drogues au Kurdistan irakien. On pense qu’il s’agirait d’une tentative de gagner en crédibilité et de distancer la région autonome de ses anciennes associations au trafic de drogues. 

Malgré les tentatives de débarrasser le Kurdistan de cette réputation, on pense que le trafic et la culture de drogues continuent dans la région. Toutefois, la consommation de cannabis n’y est pas fréquente.

Le cannabis sera-t-il légalisé à l’avenir ?

Étant donné la position ferme de l’Irak sur le cannabis, il semble improbable que la loi s’assouplisse sous peu. Toutefois, en pratique, de nombreux irakiens utilisent fréquemment la drogue et le gouvernement a déclaré qu’il souhaite éradiquer le trafic de drogue dans le pays. Ainsi, il est peu probable que les lois s’assouplissent.

De même, la légalisation du cannabis pour des fins médicales ou industrielles n’a pas été mentionnée.

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    Sensi Seeds

    L’équipe de rédaction de Sensi Seeds regroupe des botanistes, des experts médicaux et juridiques ainsi que certains des activistes les plus renommés tels Dr Lester Grinspoon, Micha Knodt, Robert Connell Clarke, Maurice Veldman, Sebastian Marincolo, James Burton et Seshata.
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  • Maurice_Veldman

    Maurice Veldman

    Maurice Veldman est membre de l’Association néerlandaise des avocats criminalistes et il est l’un des avocats en matière de cannabis les plus réputés des Pays-Bas. Avec ses connaissances du droit administratif et pénal acquises au cours de 25 années d’expérience, il défend les vendeurs de cannabis et les producteurs de chanvre en faisant valoir les inégalités entre les individus et l’Etat
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