by Scarlet Palmer on 20/06/2018 | Consommation

Qu’est-ce que le charas, et comment est-il fabriqué ?

charas Les amateurs les plus fervents de cannabis ne connaissent peut-être pas tous le charas, et parmi ceux qui savent ce que c’est, rares sont ceux qui ont eu la chance d’en déguster. Tout le monde aimerait goûter à ce délice crémeux, ce produit cannabique exporté d’Inde le plus recherché. Qu’est-ce que le charas, et comment est-il fabriqué ?

Les recherches historiques au sujet du charas (parfois épelé  « charras ») sont quelque peu compliquées en raison du fait que dans les premiers écrits, les mots charas et haschich étaient utilisés comme des synonymes.

Ce n’est que plus récemment que la différence entre les deux produits a été faite et reconnue : le haschich est fait de plantes de cannabis déjà récoltées, donc mortes, alors que le charas est fabriqué à partir de plantes encore en vie. Cependant, il est encore commun d’utiliser le mot haschich pour désigner toute résine solide de cannabis, alors qu’il devrait être réservé pour ce qui est obtenu à partir des fleurs de plantes de cannabis.

Le charas provient de plantes de cannabis en vie, le haschich, de plantes récoltées

Pour les puristes modernes, l’origine géographique du produit fini est aussi un facteur déterminant, car selon eux, le véritable charas ne peut provenir d’ailleurs que de la région himalayenne de l’Inde.

Le haschich fabriqué selon les mêmes méthodes dans d’autres pays, par exemple en Jamaïque, ne serait pas considéré comme du vrai charas, tout comme le vin mousseux obtenu à partir des méthodes de fabrication du Champagne ne pourrait être du vrai Champagne à moins d’être fabriqué à partir de raisin cultivé dans cette région. Le terroir du charas lui confère ses caractéristiques distinctes et délicieuses.

Pour éviter toute ambiguïté, le charas dont nous parlons dans cet article est le haschich fait à la main en Inde. 

Le charas est le plus couramment fabriqué dans le territoire de l’Himachal Pradesh, incluant la vallée de Parvati et le Cachemire. Le charas se retrouve partout en Inde, et une petite quantité est exportée vers l’Europe et ailleurs où on le considère comme un délice hors du commun.

Le charas a même sa propre unité de mesure, le tola, qui représente 11,7 grammes. Durant les rituels de prière, ses adeptes le fument dans des pipes droites de glaise appelées chillums afin d’honorer le dieu hindou Shiva et de communiquer avec lui.

Le charas dans l’histoire

On retrouve l’une des plus anciennes mentions scientifiques du charas dans le livre Pharmacographia, un ouvrage de référence détaillé où se retrouvent toutes les plantes et les dérivés végétaux utilisés en médecine à l’époque victorienne. Publié en 1874, il couvre la materia medica de Grande-Bretagne, mais aussi d’Inde, ce qui explique que le cannabis s’y trouve.

La section intitulée « Charas » commence ainsi : « Aucune description du chanvre en tant que drogue ne serait complète sans mentionner cette substance combien estimée dans les nations asiatiques ».

Il est intéressant de noter, à la lumière de la définition géographique mentionnée plus haut, que l’ouvrage mentionne aussi ceci : « il ne peut être obtenu à partir de chanvre cultivé à tout endroit, même en Inde, mais provient seulement de plantes cultivées à une certaine altitude en montagne ».

Fabrication du charas

Gros plan sur une main. Il est presque impossible de voir encore la peau tellement celle-ci est recouverte d'une substance vert foncé huileuse. Il s'agit de restes de haschich laissés par la préparation traditionnelle du charas.

Cependant, les auteurs de l’ouvrage, Daniel Hanbury et Friedrich August Flückiger, ne considèrent pas le charas comme une substance thérapeutique, la décrivant comme suit : « … le charas est forcément une drogue épouvantable et brute, son usage devant être exclus à juste titre de la médecine civilisée ».

Malgré le fait qu’ils condamnent un des haschichs les plus raffinés au monde, les auteurs ont quand même la gentillesse de nous partager sa méthode de fabrication : « … en frottant dans ses mains la tête des plantes lorsque les graines sont parvenues à maturité et en récupérant la résine collée aux doigts ». Cette méthode est encore appliquée aujourd’hui.

La Pharmacographica mentionne une autre façon de fabriquer le charas où des hommes vêtus de cuir marchent entre les plantes de cannabis pour que la résine colle à leurs vêtements « à partir desquels on la décolle de temps en temps ». (Non, nous ne parlons pas d’une journée typique à Amsterdam !)

La fabrication à la main du charas est très laborieuse : pour obtenir sept à huit grammes, il faut mettre environ huit heures de travail. Pourtant, plus la résine est frottée lentement, meilleur est le produit. Le procédé est très simple : on choisit des buds sur des plantes vivantes et les grandes feuilles qui nourrissent la plante sont arrachées.

Ensuite, il faut frotter doucement les buds dans les paumes de ses mains pour que les trichomes collent à la peau. Une fois que les mains sont couvertes d’une bonne couche noire et luisante de trichomes, on la gratte des doigts pour qu’elle se roule sur elle-même et on en fait finalement des boules.

Les explorateurs contemporains ont découvert que le flanc des montagnes où le charas était fabriqué à l’origine est encore peuplé de plantes et de gens, les descendants pratiquement directs de ceux qui y vivaient il y a des centaines, voire, des milliers d’années.

Crème Malana – charas fait d’un mélange de variétés

Gros plan d'une boule de haschich noir. Il s'agit de Malana Cream, l'une des variétés de cannabis les plus réputées et les plus appréciées, originaire de la province indienne d'Himachal Pradesh.

La mecque de la culture du charas se trouve à Malana. Perché à plus de trois mille mètres dans les montagnes dans la vallée de Parvati, ce petit village ancien est habité par des gens qui s’isolent délibérément du monde extérieur. A en croire les rumeurs, tout ce qu’ils doivent importer qui ne provient pas des montagnes est le sel et l’huile. Auparavant, ils échangeaient de la laine pour obtenir tout ce qu’ils ne produisaient pas eux-mêmes ; maintenant, leur monnaie d’échange est une sorte de charas très particulière appelée la crème Malana.

Une des choses qui font que le charas est si spécial, particulièrement ce type, est qu’il est fabriqué de cannabis de phénotypes, et même de variétés, différents.

A la manière dont une salade de fruits est tellement plus délicieuse et excitante que chaque fruit qui la compose, ce type de charas renferme des couches de saveurs et d’effets qui varient d’un tola à l’autre, mais qui sont toujours exceptionnels. Quiconque y ayant déjà goûté peut facilement comprendre pourquoi c’est la drogue de choix de Shiva !

Avez-vous déjà consommé du charas ? Ou peut-être avez-vous eu la chance de visiter l’Inde et de tenter l’expérience d’en fabriquer vous-même. Exprimez-vous dans la section des commentaires !

Commentaires

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oliv

Lire cet article me rappelle le goût des journées enfumées dans le Nord de l'Inde...

22/08/2018

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