10 étapes déterminantes vers la légalisation du cannabis

Heureusement, il y a toujours eu des gens et des groupes de pression pour lutter pour la légalisation du cannabis. Grâce à leur engagement, les premiers bastions sont tombés et l’interdiction commence aujourd’hui à perdre du terrain. Voici 10 moments mémorables dans la lutte pour la légalisation du cannabis. Quel est votre favori ?


Le « Marihuana Tax Act » datant de 1937 constitue l’une de ces « 10 étapes déterminantes dans l’histoire du cannabis ». Cet impôt camouflé est considéré comme étant à l’origine de l’interdiction du cannabis ; une interdiction qui a eu (et a encore) d’importantes répercussions sur  la politique du cannabis dans le reste du monde.

Heureusement, il y a toujours eu des personnes et des groupes de pression pour lutter de toutes leurs forces pour la légalisation du cannabis. C’est en partie grâce à leur engagement que les premiers bastions ont commencé à tomber et que l’interdiction commence aujourd’hui à perdre lentement mais sûrement du terrain. Voici 10 événements mémorables et très positifs dans la lutte contre l’interdiction du cannabis.

Quel est votre favori ?

1965 : l’émergence de la « contre-culture »

en plus de l’opposition à la guerre, au capitalisme et au matérialisme, le cannabis fait partie intégrante de la culture hippie.
en plus de l’opposition à la guerre, au capitalisme et au matérialisme, le cannabis fait partie intégrante de la culture hippie.

Les années 1960 voient l’émergence d’une contre-culture contestataire, en opposition à la guerre du Vietnam et en réaction contre la société capitaliste et matérialiste.

Le cannabis est alors l’un des piliers de ce mode de vie  « hippie », ce qui entraîne un débat houleux sur la légalisation éventuelle de cette drogue. Les experts de l’époque s’opposent, certains prenant pour argument les effets prétendument nocifs du cannabis et d’autres ses propriétés thérapeutique bénéfiques.

On prend de plus en plus conscience que les lois punissant la possession de cannabis sont trop sévères.

1970 : Fondation de NORML

NORML, pour « National Organization for the Reform of Marijuana Laws » (Organisation nationale pour la réforme de la législation sur la marijuana) est fondée en 1970 par l’avocat Keith Stroup.

Keith Stroup au cours d’un débat au Sénat américain à propos d’une loi visant à réduire les peines en rapport avec la consommation de cannabis.
Keith Stroup au cours d’un débat au Sénat américain à propos d’une loi visant à réduire les peines en rapport avec la consommation de cannabis.

Bien que de nombreux groupes aient pris (et prennent encore) position pour la légalisation du cannabis, NORML est l’une des premières organisations à être active dans l’ensemble des États-Unis (et en dehors). Cette organisation sans but lucratif se donne pour objectif de modifier l’opinion publique, pour qu’elle devienne favorable à la légalisation du cannabis non thérapeutique aux États-Unis et qu’un usage raisonnable du cannabis (ainsi que sa culture) par des adultes ne soit plus sanctionné.

Depuis, des organisations comparables opèrent dans le monde entier sous la bannière de NORML, notamment NORML Canada et NORML UK.

1970 : Holland Pop Festival

Le Holland Pop Festival a lieu du vendredi 26 au dimanche 28 juin 1970 dans le parc Kralingse Bos à Rotterdam.

le Holland Pop Festival est considéré comme la variante hollandaise de Woodstock.
le Holland Pop Festival est considéré comme la variante hollandaise de Woodstock.

Cet événement musical est resté dans les annales comme la réponse hollandaise au festival de Woodstock en Amérique, qui s’est tenu un an auparavant. Ce festival constitue un grand pas en avant vers la dépénalisation du cannabis. En effet, alors que du cannabis est consommé en public, la police n’intervient pas.

Un moment décisif, étant donné qu’à l’origine, aucune distinction n’était faite entre drogues dures et drogues douces. Cela change à partir de 1970. C’est à cette époque qu’ouvrent aussi les premiers « coffee shops », Mellow Yellow et Sarasani par exemple. Comme la consommation de cannabis ne pose alors pratiquement aucun problème, alors que l’usage de drogues dures dégénère, en particulier à Amsterdam, il est décidé de tolérer le cannabis à titre expérimental.

1971 : John Sinclair Freedom Rally

John Sinclair est une figure célèbre de la contre-culture américaine. Il est membre de divers groupes de militants tels que LEMAR et le White Panther Party. Pendant longtemps, Sinclair est aussi le manager du groupe alternatif The MC-5.

John Lennon et Yoko Ono à l’occasion du John Sinclair Freedom Rally.
John Lennon et Yoko Ono à l’occasion du John Sinclair Freedom Rally.

Ses activités ne le rendent pas populaire auprès des pouvoirs publics du Michigan et en 1969, il est condamné à 10 ans de prison pour avoir vendu deux joints à des agents de police infiltrés. Cette condamnation entraîne toute une série de protestations et de manifestions, la plus marquante étant le « John Sinclair Freedom Rally » organisé le 10 décembre 1971 à Ann Arbor. Ce concert de protestation auquel participe des artistes tels que Stevie Wonder, Phil Ochs ainsi que John Lennon et Yoko Ono attire 14 000 visiteurs. Lennon écrit même spécialement une chanson contestataire pour Sinclair.

Ces prises de position incitent notamment  la Haute Cour de Justice à admettre que le cannabis n’est pas un stupéfiant et que sa possession doit être moins lourdement pénalisée. Trois jours après le concert, Sinclair est libéré, la loi est modifiée et 140 autres personnes sont également libérées.

Lisez la suite ici pour en savoir plus sur John Sinclair.

1976 : la politique officielle de tolérance aux Pays-Bas

En 1976, la politique de tolérance du cannabis à titre expérimental entre dans une nouvelle phase. C’est cette année-là qu’est adoptée une nouvelle loi sur les opiacés qui établit officiellement une distinction entre drogues dures et drogues douces. Le cannabis est considéré comme une drogue douce et est dépénalisé, les Pays-Bas étant le premier pays au monde à prendre une telle mesure. Une véritable révolution !

quelques exemples de coffee shops d’Amsterdam célèbres dans le monde entier.
quelques exemples de coffee shops d’Amsterdam célèbres dans le monde entier.

Le gouvernement de l’époque se fixe alors pour objectif de dépénaliser et de légaliser le cannabis le plus rapidement possible. Les pouvoirs publics réalisent que la légalisation nécessite de longues procédures du fait des accords internationaux en vigueur, mais ils commencent par dépénaliser la consommation de cannabis. En 1980, le Ministère public publie de nouvelles directives concernant le commerce de cannabis à petite échelle, ce qui rend possible la tolérance des points de vente (« coffee shops »). L’étape suivante, la légalisation, n’est cependant jamais été atteinte. Plus encore, alors que la politique néerlandaise fait des émules dans le monde entier, ce pays qui occupait une position de précurseur semble vouloir renverser la vapeur.

1996 : la Californie est le premier état américain à légaliser l’usage thérapeutique du cannabis

Actuellement, 23 états américains ainsi que la ville de Washington ont adopté des lois sur l’usage thérapeutique du cannabis.

passeport servant à prouver qu’une personne est autorisée à consommer du cannabis médicinal.
passeport servant à prouver qu’une personne est autorisée à consommer du cannabis médicinal.

C’est en partie pour cette raison que l’image du cannabis s’est considérablement modifiée aux États-Unis, et c’est aussi pourquoi quelques états ainsi que la ville de Washington ont également régularisé son usage récréatif. La Californie est le premier domino à tomber. Le 5 novembre 1996, 56 % des électeurs votent en faveur de la Proposition 215 et en font ainsi le premier état américain à légaliser le cannabis médical. Un moment historique dans un pays qui a aussi initié l’interdiction du cannabis et la Guerre contre les Drogues.

2012 : les états de Washington et du Colorado sont les premiers à adopter une légalisation intégrale

les états de Washington et du Colorado sont les premiers états américains à dire non à la politique fédérale.
les états de Washington et du Colorado sont les premiers états américains à dire non à la politique fédérale.

En 2012, les états de Washington et du Colorado sont successivement les premiers états américains à légaliser la possession et la vente de cannabis pour un usage récréatif. Bien que près de 20 états disposent alors déjà d’une législation sur l’usage médical du cannabis, ce moment marque un tournant important dans l’histoire de l’interdiction du cannabis ; 75 ans après la mise en place de l’interdiction par les États-Unis, les premiers états américains annulent cette décision en disant « non »  à la criminalisation de citoyens pour la possession, l’usage et la culture du cannabis. Un signal très fort à l’adresse des pouvoirs publics fédéraux, qui considèrent toujours le cannabis comme une drogue de Classe 1, comme par exemple l’héroïne.

2013 : l’Uruguay est le premier pays à légaliser le cannabis

de nombreux Uruguayens ont défilé dans les rues pour célébrer cette nouvelle législation.
de nombreux Uruguayens ont défilé dans les rues pour célébrer cette nouvelle législation.

En 2013, la décision est enfin prise. Après une procédure qui a duré un an et demi et a rencontré de nombreux obstacles, l’Uruguay prend une décision historique le 10 décembre de cette année en étant le premier pays au monde à légaliser toutes les activités relatives à l’importation, l’exportation, la culture, la production, la distribution et la vente de cannabis ! José Mujica, alors président d’Uruguay, est l’instigateur de cette importante décision. Comme de nombreux autres leaders sur le continent sud-américain, il a conclu à l’échec de la Guerre  contre les Drogues. Mujica a donc estimé qu’il fallait mettre fin à la criminalisation des consommateurs de cannabis et par conséquent  développer une nouvelle stratégie. Des pays comme le Chili, le Mexique, le Venezuela et la Colombie partagent ce besoin, mais l’Uruguay est pour l’instant le premier pays à avoir joint le geste à la parole.

2014 : les Nations Unies ne veulent pas être un carcan en matière de législation sur les stupéfiants

Yury Fedotov, président de l’UNODC.
Yury Fedotov, président de l’UNODC.

Un grand nombre de pays s’affrontent avec toutes sortes d’accords internationaux visant à rendre impossible la réforme des lois relatives au cannabis. L’un des principaux accords aurait été passé avec les Nations Unies, mais cela s’est avéré inexact. Au cours de la 57e assemblée de la Commission des Stupéfiants de l’ONU qui s’est tenue en mars 2014 à Vienne, Yury Fedotov, président de l’UNODC (l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime) a en effet déclaré ce qui suit :

« Les Nations Unies ne veulent pas être un carcan pour les états membres et les accords relatifs à la lutte contre les stupéfiants ne prévoient pas de sanctions. Ils ont été conçus selon le principe de bonne volonté et dans le respect du droit international, chaque gouvernement étant libre de décider s’il veut ou non satisfaire aux dispositions du droit international ».

2014 : l’Oregon, l’Alaska et la ville de Washington.

très prochainement, des dispensaires de cannabis comme celui-ci vont être créés en Oregon, en Alaska et dans la ville de Washington.
très prochainement, des dispensaires de cannabis comme celui-ci vont être créés en Oregon, en Alaska et dans la ville de Washington.

En novembre 2014, la vague de légalisation aux États-Unis connaît un élan supplémentaire lorsque les résidents des états d’Alaska et d’Oregon votent pour la légalisation du cannabis. Et ce n’est pas tout : la ville de Washington, le district où sont établis les pouvoirs publics américains, se prononce aussi en faveur de la légalisation. On s’attend à ce qu’en 2015, un nombre supplémentaire d’États, dont l’Arizona, Hawaii et New York, emboîtent le pas.

Légende de la photo : très prochainement, des dispensaires de cannabis comme celui-ci vont être créés en Oregon, en Alaska et dans la ville de Washington.

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