Le cannabis au Cameroun – lois, utilisation et histoire

Les lois du Cameroun interdisent l’utilisation, la vente ou l’achat de cannabis (banga) bien qu’il soit amplement cultivé dans le pays et utilisé à des fins récréatives, en médecine traditionnelle et produits de beauté. Au Cameroun, le trafic de drogues est un problème et le cannabis entre et sort clandestinement du pays par voie maritime et aérienne.

    • Capitale
    • Yaoundé
    • Habitants
    • 25,958,000
    • Produits CBD
    • Illégal
    • Cannabis récréatif
    • Illégal
    • Cannabis médicinal
    • Illégal

Les lois sur le cannabis au Cameroun

Peut-on posséder et utiliser du cannabis au Cameroun ?

Au Cameroun, il est illégal d’utiliser ou de posséder du cannabis.

Toutefois, ce qui est peu courant est que le pays a un double système juridique (issu de son passé colonial). La plupart des régions suivent le système juridique civil, qui repose sur l’ancienne administration coloniale française. Par ailleurs, d’autres régions conservent la tradition de la common law. Le pays dispose d’un système judiciaire unifié. Ce qui peut compliquer les affaires pénales. C’est notamment le cas en l’absence de documents officiels qui déterminent exactement quelle peine appliquer aux utilisateurs/propriétaires de cannabis, dans la mesure où le Code pénal ne fait allusion à aucun narcotique d’aucun genre.

Bien qu’il soit illégal, l’utilisation du cannabis est répandue au Cannabis. En 2018, le Comité National Antidrogues du pays a publié des statistiques qui montrent que 21 % de la population « avait essayé une drogue dure », dont 10 % était des utilisateurs réguliers. Représentant 58,54 % de la demande, le cannabis est la drogue la plus utilisée.

En outre, plus de 12 000 personnes de moins de 15 ans ont utilisé des drogues. Les autorités tentent de résoudre ce problème en faisant des campagnes contre l’utilisation de la drogue dans les écoles du pays. 

Peut-on vendre du cannabis au Cameroun ?

La vente et la fourniture de cannabis sont illégales dans le pays. Néanmoins, le trafic de drogue est toujours un important problème. Les aéroports et les ports maritimes du Cameroun sont très fréquentés et les forces de police s’efforcent de contrôler le flux de drogues qui entrent et sortent du pays.

D’importantes cargaisons de drogues sont introduites illégalement en tant que fret maritime, tandis que des quantités plus petites de cannabis sont généralement transportées par des « mules », sur des vols au départ de l’Aéroport international de Douala.

Récemment, les autorités du Cameroun ont entrepris des démarches pour résoudre le problème, conjointement avec des organisations externes et d’autres gouvernements à l’échelle mondiale. En 2016, le pays a rejoint l’UNODC pour lancer deux forces d’interdiction aux aéroports de Douala et d’Yaounde. Par le passé, les USA ont également offert de l’aide militaire au Cameroun, dans une tentative de s’attaquer au problème du trafic de drogues. Toutefois, l’aide a été retirée en 2019 à cause d’inquiétudes par rapport à la violation des droits de l’homme.

On estime que le trafic de drogues dans le pays peut avoir une corrélation directe avec la corruption, puisque l’un semble aller de pair avec l’autre. La corruption est un problème permanent au Cameroun. Par exemple, en 2002, le Premier Ministre Laurence Mongkuo Ngupepong a été arrêté à Paris avec 30 kilos de cannabis. Il a ensuite été libéré sans aucune charge, en invoquant l’accord entre la France et le Cameroun quant à l’immunité parlementaire.

Peut-on cultiver du cannabis au Cameroun ?

Il est illégal de cultiver du cannabis dans le pays. Toutefois, comme dans beaucoup d’autres nations d’Afrique occidentale, sa culture est une monnaie assez courante. Le climat offre les conditions environnementales idéales aux plantes, les hauts plateaux étant propices à certaines souches et les régions semi-arides de Sahel sont bien adaptées à d’autres souches.

La valeur marchande du cannabis est élevée, raison pour laquelle les agriculteurs sont très motivés à la cultiver. Dans la région du Cameroun, certains agriculteurs ruraux défendent qu’une grande partie de leurs revenus provient du cannabis. Cela pose problème au gouvernement, non seulement parce qu’il s’agit d’un commerce illégal, mais aussi parce que les agriculteurs préfèrent cultiver du cannabis plutôt que des denrées alimentaires. Dès lors, il se peut que les exigences du Cameroun en aliments de base ne soient pas remplies à l’avenir.

Le CBD est-il légal au Cameroun ?

La loi ne distingue pas le CBD du cannabis. Par conséquent, il est interdit d’en utiliser, d’en acheter et d’en vendre, même si les teneurs en THC sont trop basses pour produire un effet d’ « euphorie ».

Est-il possible d’envoyer des graines de cannabis au Cameroun ?

On ne considère pas que les graines d’une plante de cannabis soient différentes des autres parties, et donc, leur utilisation, leur vente ou leur achat est illégal. Il est donc impossible de les envoyer par la poste.

Le cannabis médical au Cameroun

Il est actuellement illégal d’utiliser, d’acheter ou de vendre du cannabis à des fins médicales au Cameroun. Toutefois, la position du pays quant à son utilisation médicale est quelque peu ambiguë.

En 2001, la BBC a construit un dossier établissant que le Cameroun importait du cannabis du Canada pour les patients atteints d’HIV/SIDA et de cancer. Le rapport a ajouté que citoyens du pays étaient outragées, dans la mesure où une quantité considérable de cannabis était cultivée dans le pays.

Dzeka Edwin Fon, un diplômé qui a fait partie d’un groupe de lutte pour la légalisation de la culture du cannabis, a commenté : « On cultive déjà du cannabis au Cameroun – bien que de façon illégale – il est donc insensé que le gouvernement l’importe. »

Toutefois, le Ministère de la santé du Canada a rapidement répondu, déclarant qu’il n’avait pas de cannabis médical disponible pour l’exportation et que cet accord n’avait jamais été conclu.

Un communiqué de presse de 2003 de l’ONU a fait remarquer que le gouvernement du Cameroun avait enregistré une demande officielle de production de cannabis médical et d’exportation en 2002. Depuis, il n’y a eu aucun signe de sa mise en œuvre.

Le chanvre industriel au Cameroun

Bien que le climat soit favorable à la culture du chanvre industriel, les lois l’interdisent. Il est illégal de cultiver toute sorte de cannabis ou de chanvre au Cameroun, même si les teneurs en THC sont si basses qu’elles ne peuvent produire aucun effet d’« euphorie ».

Bon à savoir

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Histoire du cannabis

On pense que le cannabis est arrivé au Cameroun à la fin du XVe siècle EC, par le biais de commerçants portugais qui travaillaient dans la région. Ainsi, il serait d’abord arrivé à la côte est d’Afrique, où l’on estime que le cannabis a été introduit par les commerçants hindous, arabes ou persans au XIe siècle.

Après son arrivée, le cannabis s’est rapidement établi au Cameroun. Toutefois, le commerce n’a pas vraiment décollé avant les années 80. Cette poussée soudaine se doit à deux facteurs. D’abord, les industries du coton, du cacao et du café ont chuté à cause de la baisse mondiale des prix. Ensuite, le sol des terres cultivables était épuisé à cause de pratiques de culture intensives. Avec sa valeur marchande élevée et sa capacité à se développer dans des sols pauvres, le cannabis est soudainement devenu une option beaucoup plus viable pour les agriculteurs.

Au XXIe siècle, le Cameroun dispose d’un marché interne de cannabis, bien que la plupart de son cannabis provienne du Nigeria.

Attitudes envers le cannabis

Les attitudes envers l’utilisation du cannabis au Cameroun sont relativement souples. De nombreuses personnes en consomment et il est également utilisé dans les médicaments et les produits de beauté, notamment dans la région nord-ouest du pays.

Toutefois, les autorités souhaitent mettre l’accent sur leur manque de tolérance envers la drogue. Les saisies de cannabis sont assez fréquentes et, souvent, des quantités importantes sont saisies.

Selon le communiqué de presse de l’ONU mentionné ci-avant, le Cameroun a mis en place une unité spéciale de police en 2002. Cette unité a spécialement été créée pour cibler le crime associé aux drogues. Cela a aidé à réduire la quantité d’utilisation de la drogue chez les jeunes, dans une certaine mesure, bien que tous les objectifs du département n’aient pas été remplis. 

Le cannabis sera-t-il légalisé à l’avenir ?

Étant donné que le Cameroun est reconnu comme un pays « problématique » en termes de trafic de drogues, il semble peu probable que la loi change bientôt. Toutefois, compte tenu de l’intérêt pour le cannabis médical, le gouvernement peut introduire un programme médical ou autoriser les agriculteurs à cultiver la plante pour des finalités médicales ou de recherche.

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    L’équipe de rédaction de Sensi Seeds regroupe des botanistes, des experts médicaux et juridiques ainsi que certains des activistes les plus renommés tels Dr Lester Grinspoon, Micha Knodt, Robert Connell Clarke, Maurice Veldman, Sebastian Marincolo, James Burton et Seshata.
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  • Maurice_Veldman

    Maurice Veldman

    Maurice Veldman est membre de l’Association néerlandaise des avocats criminalistes et il est l’un des avocats en matière de cannabis les plus réputés des Pays-Bas. Avec ses connaissances du droit administratif et pénal acquises au cours de 25 années d’expérience, il défend les vendeurs de cannabis et les producteurs de chanvre en faisant valoir les inégalités entre les individus et l’Etat
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