« Aliments au THC » – La nouvelle tendance comporte aussi des risques

Aliments au THC À Los Angeles, ceux qui disposent d'une recommandation médicale pour l'utilisation de cannabis thérapeutique ont depuis peu de temps la possibilité d'acheter leur marijuana auprès d'un véritable « réseau de pizzas ». La société « Stoned Oven » livre sa pizza euphorisante dans de nombreux « dispensaires », c'est-à-dire des pharmacies fournissant des têtes de cannabis.


« Une pizza à l’herbe s’il vous plait »

« Aliments au THC » – La nouvelle tendance comporte aussi des risques

Une « OG Pepperoni » ou une « Very Margarita» renferme 250 mg de THC, ce qui correspond à peu près à la quantité contenue dans un gramme d’herbe très puissante. « On ne sent pas le goût de l’herbe. Cette pizza est vraiment dangereuse, car vous pouvez tous vous faire piéger », explique Henry Mark, le patron de l’entreprise âgé de 24 ans, en décrivant son produit. Cela peut paraître amusant, mais d’emblée, la question d’un usage médical sérieux se pose quelque peu. Personne ne devrait avoir à consommer du THC à son insu ; le fait de refiler en douce à quelqu’un des biscuits au haschisch ou quelque chose de similaire est considéré à juste titre comme une atteinte physique.

Le blog du « Four camé » fait mention de plus d’une douzaine de magasins qui proposant de la pizza à l’herbe. Toutefois, les directives municipales interdisant la consommation publique de la pizza, la fine pâte chaude est toujours bien dissimulée dans son carton. Camoufler la consommation publique d’alcool à l’aide de sacs en papier est une pratique connue depuis déjà des décennies aux États-Unis. Aujourd’hui, des collectifs pro cannabis astucieux tirent apparemment parti de cette culture fanatique de la boîte en carton afin de vendre eux aussi leur pizza à l’herbe impunément au comptoir.

Aux États-Unis, la discussion sur la sécurité des produits comestibles au cannabis domine justement le débat public. Dans les états du Colorado, de Washington, de Californie et de l’Oregon, les friandises à l’herbe ou au haschisch sont depuis quelques années particulièrement appréciées des patients qui ne veulent ou ne peuvent pas fumer leur médicament. Le dosage de THC dans cette médecine douce dépasse généralement de beaucoup celui des coffee-shops néerlandais : il n’est par rare qu’une portion individuelle moyenne contienne plus d’un gramme d’herbe. Parallèlement, le Colorado et l’État de Washington, où le cannabis est légal non seulement comme médicament mais aussi à titre récréatif pour les adultes, sont passés à l’élaboration de règles précises pour la vente au sein de magasins spécialisés dans les produits à base de chanvre. Ainsi, la teneur en substance active doit être indiquée au milligramme près, la présentation des emballages doit prévenir tout risque de confusion avec des sucreries standards et être en outre munis d’une sécurité enfants. Car même sans parler de confusion avec un Mars ou un Snickers, le dosage est beaucoup plus lourd lorsque le cannabis est ingéré que lorsqu’il est fumé. À tel point que peu après la re-légalisation dans le Colorado, en janvier, il y a eu quelques cas de surdosage, l’un d’entre eux ayant été « monté en épingle » par certains médias américains et qualifié de « décès lié au cannabis ». Mais personne n’est encore jamais mort à cause de la marijuana elle-même. Il se peut néanmoins qu’une personne fasse une mauvaise expérience, perde le contrôle de ses sept sens et risque alors de se mettre en danger, voire de se blesser ou de blesser des tiers. Dans le cas en question, un homme qui avait auparavant mangé une barre chocolatée contenant du THC s’était suicidé.

Mais même Wilhelm Busch sait qu’un café fort, du repos et quelques paroles chaleureuses sont les meilleurs remèdes, et les plus efficaces, en cas de surdosage de cannabis. Les explications du célèbre poète figurent d’ailleurs dans la nouvelle « Krischan mit der Piepe » (Krishan et la pipe). Quand on mange du cannabis, on peut se mettre à déambuler de façon confuse, tel le pauvre Krischan après avoir tiré sur la pipe au Knaster de son père ; c’est la raison pour laquelle les personnes qui ont peu, voire aucune expérience de l’herbe doivent doser leur premier biscuit au haschisch ou leur premier bhang beaucoup plus prudemment que leur premier joint. On peut simplement laisser celui-ci s’éteindre quand on en a assez. En revanche, une fois le bonbon avalé (oui, aux États-Unis il existe même des bonbons au haschisch, des sucettes à la marijuana et des « Fischlis » à l’herbe), les effets apparaissent 30 à 60 minutes plus tard et sont souvent ressentis de manière beaucoup plus forte qu’avec un joint.

La décarboxylation – Pourquoi l’herbe a besoin de chaleur

C’est la raison pour laquelle le THC se dégrade plus rapidement lorsqu’on le mange que lorsqu’on le fume.Le mode de consommation et le degré de décarboxylation jouent également un rôle. Avant d’être ingéré, le cannabis doit être chauffé afin de transformer en THC actif le THC en grande partie présent sous forme d’acide inactif. Lorsque le cannabis est fumé ou vaporisé, la température nécessaire à la décarboxylation, qui se situe autour de 200 degrés Celsius, est toujours atteinte ; ce n’est pas nécessairement le cas quand il est cuit ou bouilli. C’est pourquoi le jus de feuilles fraîches, qui est de plus en plus populaire surtout en Californie, n’est pas non plus psychoactif.

Plus l’herbe sèche longtemps, mieux elle est décarboxylée, mais ce processus peut prendre des mois. Le Dr Franjo Grotenhermen, spécialiste allemand des cannabinoïdes, préconise en principe de réaliser une décarboxylation avant de consommer du cannabis par voie orale. Mais beaucoup de consommateurs et de patients connaissent mal le moment de la récolte ou encore le degré de décarboxylation de leur herbe.

Procéder par tâtonnement

Pour éviter un surdosage, Henry Mark, le gérant de « Stoned Oven » recommande aux patients inexpérimentés de ne manger qu’un quart de pizza pour commencer et d’attendre que l’effet se fasse sentir avant d´éventuellement se resservir, Et il n’a sans doute pas tout à fait tort, car un bon gramme de la meilleure « weed » californienne peut mener des utilisateurs manquant d’expérience, ou des personnes ayant une faible tolérance, à perdre totalement les pédales. 250 mg de THC en une prise est un dosage qui convient plutôt à des consommateurs habitués, qui souhaitent se détendre. Dans « Backen mit Hanf » (La cuisine au cannabis), l’auteure allemande Kathrin Gebhardt, qui a publié un livre de cuisine à l’attention des patients soignés au cannabis, recommande aux « débutants », conjointement avec le Dr Franjo Grotenhermen, médecin spécialiste des cannabinoïdes, un dosage équivalent à un vingtième de ce que contient la pizza californienne à la marijuana, soit 0,05 gramme par biscuit.

En revanche, en Allemagne une quantité de 0,01 gramme peut toujours être fatale

En Allemagne, plutôt que les fleurs légalisées qui pourraient être incorporées dans la préparation d’une pizza relaxante à la marijuana, ce sont les fleurs grotesques de la prohibition qui continuent à prospérer pour les amateurs(trices) de cannabis : même la plante de cannabis de Cem Özdemir n’a visiblement pas convaincu une juge bavaroise qui n’a pas fait preuve de la clémence prévue par la législation allemande à l’égard des petits consommateurs. Une enseignante a également été trouvée en possession d’une quantité infime de cannabis lors d’un contrôle routier. Selon le policier appelé à témoigner, on avait estimé à 0,01 gramme la quantité découverte. Mais le fonctionnaire d’ajouter « qu’il aurait aussi bien pu s’agir de 0,001 gramme ». Pour cette quantité à peine visible, la quadragénaire a été condamnée à payer une amende de 700 euros. La juge Grammel aurait tout aussi bien pu classer l’affaire, mais cela aurait envoyé un mauvais signal aux élèves. Les enseignants ont en effet un rôle de modèle.

Il en est de même pour les enseignants d’Osnabrück qui avaient tellement bu au cours d’un voyage scolaire que la sortie avait dû être interrompue. D’après les déclarations du gérant de l’auberge de jeunesse, les professeurs intéressés auraient été à peine capables de mener une conversation, et l’un d’eux aurait refusé qu’un médecin soigne une blessure qu’il avait à la tête. La police qui avait été appelée avait informé la direction de l’école, laquelle avait mis fin au voyage scolaire le jour suivant. Lors de l’explication donnée ultérieurement par la police, la porte parole avait indiqué que le comportement fautif de l’équipe enseignante était tout à fait exceptionnel et avait souligné que l’énorme beuverie ne relevait pas du droit pénal.

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