Localisation |Corée du Nord

Capitale |Pyongyang

Habitants |24895000

Statut légal |legal

Medical Program |unknown

Le cannabis en Corée du Nord

Corée du Nord On rapporte souvent que le cannabis serait légal, bien accepté par la société et largement disponible en République populaire démocratique de Corée (couramment appelée Corée du Nord). Le pays est plus que jamais verrouillé et très secret, malgré les quelques témoignages occasionnels de quelques transfuges ou visiteurs du régime. Les témoignages varient quant au degré d’acceptation réel de la consommation de cannabis dans le pays.


Histoire du cannabis en Corée du Nord

Le cannabis a prospéré à l’intérieur et autour de la péninsule coréenne pendant des millénaires et, pendant l’antiquité, le commerce régional florissant a permis de propager parmi les différents peuples de la Chine, de la Corée et du Japon les connaissances à propos des différentes manières d’utiliser cette plante. On suppose que la péninsule coréenne a été peuplée par les hominidés pendant plus de 500 000 ans ; les spécimens de poterie les plus anciens remontent à environ 8 000 ans av. J.-C., et l’on suppose qu’une agriculture sédentaire y a vu le jour vers 6 000 ans av. J.-C.

Les preuves archéologiques provenant de Corée du Nord à l’ère moderne sont rares. Des découvertes faites chez ses voisins, la Chine et le Japon, remontant respectivement à 4 000-5 500 ans av. J.-C. et 2 500-4 000 ans av. J.-C., indiquent que l’utilisation du cannabis en Corée avait sûrement déjà cours à ce stade de l’histoire (on suppose que le chanvre est parvenu jusqu’au Japon via la Corée à l’origine). Des traces de l’existence d’une industrie textile et des motifs sur des poteries, censés représenter de la cordelette de chanvre et remontant à pas moins de 5 000 ans av. J.-C. ont été découvertes dans la région de Corée centrale, mais on manque encore de preuves concrètes.

Un morceau de fil de chanvre passé au travers d’une aiguille, censé remonter à la période de la céramique Chulmun (Jeulmun d’après la romanisation révisée, poterie au peigne) située entre 2 000 et 4 000 ans av. J.-C., a été découvert au nord de la Corée en 1979. Les tribus de Yemaek qui peuplaient la côte est de la Corée au cours des derniers siècles av. J.-C. sont censées avoir cultivé du chanvre et élevé des vers à soie.

Près de Pyongyang, la « tombe du panier peint » (vers l’an 100 de l’ère chrétienne) s’est avérée contenir des fragments de textiles de chanvre et de soie jaune. Le site de la forteresse de terre Pungnap près de Séoul (vers 1 – 475 de l’ère chrétienne) nous a fourni des traces de fibre de chanvre dans des « lieux d’habitation et des tertres funéraires luxueux, ayant probablement appartenu à des personnes fortunées ».

Un sac à provisions plein d’une substance ressemblant à du cannabis - Sensi Seeds Blog
Un sac à provisions plein d’une substance ressemblant à s’y méprendre à du cannabis, acheté sur le marché local de Rason (© The Bohemian Blog)

En 1998, la sépulture du 16ème siècle d’un homme âgé de 30 ans a été mise à jour à Andong, en Corée du Sud. À l’intérieur de la tombe, on a trouvé une paire de sandales tissées à la main avec de l’écorce de chanvre et – témoignage déchirant – les cheveux de sa veuve enceinte éperdue de douleur qui avait également laissé une lettre manuscrite. Tout porte à croire qu’une industrie active du chanvre a perduré tout au long de l’antiquité et jusqu’à un passé très récent. Avant la Seconde Guerre mondiale et la scission qui s’en est suivie entre la Corée du Nord et du Sud, la région entretenait un commerce actif du chanvre avec le Japon, qui se trouve à seulement 50 km des côtes sud-coréennes au plus près avec la minuscule île de Tsushima. Après la Seconde Guerre mondiale, l’industrie du chanvre a été déclarée illégale au Japon, et le commerce n’a pas repris.

Utilisation culturelle du cannabis en Corée du Nord

En Corée, le cannabis a certainement d’abord été utilisé pour l’alimentation et pour sa fibre. Pour les premières civilisations agricoles, cette récolte revêt une importance capitale, et par conséquent le culte de divinités censées protéger la récolte était universel tout au long de cette période et partout dans le monde. La déesse chinoise Magu était également vénérée en Corée, où on la baptisait Mago. Magu a longtemps été associée au plant de chanvre, tirant son nom du mot chinois désignant le cannabis, ma, et du mot gu qui signifie fille ou jeune fille.

Fumant des joints dans un restaurant de Rason - Blog Sensi Seeds
Fumant des joints dans un restaurant de Rason (© The Bohemian Blog)

L’art coréen de la fabrication du papier, qui a vu le jour vers 150 av. J.-C. peu après son invention en Chine, utilisait des déchets de chanvre et les fibres d’une plante locale similaire appelée « ramie » pour produire les premières formes de papier, appelé maji (on retrouve là encore la racine chinoise ma). Bien que la fibre de chanvre ait progressivement fait place au mûrier à papier au fil des siècles, en raison de la relative facilité de mise en œuvre de ce dernier, il ne fait aucun doute que le chanvre a occupé une place importante et trouvé un écho culturel tenace. L’importance du papier pour la culture bouddhiste coréenne émergente (pour la création d’œuvres artistiques et de rouleaux de prières) qui a commencé à se développer vers 372 av. J.-C. suppose également que l’on attachait la même importance aux matériaux utilisés pour fabriquer le papier.

À l’époque moderne, les témoignages relatant l’utilisation du cannabis par les soldats américains stationnés près de la ligne de démarcation militaire (la « Demilitarized Zone » ou DMZ) qui sépare la Corée du Nord et la Corée du Sud pendant la guerre de Corée (1950-1953) abondent. Apparemment, les soldats cueillaient simplement du cannabis sauvage et le faisaient sécher dans leur tente pour le fumer. De nos jours encore, on cite souvent l’exemple des soldats éreintés des forces armées nord-coréennes qui consommaient du cannabis, espérant décompresser.

Aujourd’hui, l’utilisation du cannabis semble être généralisée en Corée du Nord. D’après les rares témoignages concernant l’utilisation moderne du cannabis en Corée du Nord qui sont apparus ces dernières années (par exemple le récit très intéressant et souvent cité du site The Bohemian Blog relatant une visite de la ville de Rason au nord du pays), il semble que le cannabis soit utilisé comme un substitut du tabac et semblerait même être accueilli plus favorablement par les autorités nord-coréennes que le tabac. Le tabac de bonne qualité est cher et difficile à trouver en Corée du Nord, cependant les produits de contrefaçon et de qualité inférieure peu onéreux sont largement disponibles sur le marché noir. Les produits du tabac bon marché sont souvent frelatés, coupés avec des produits chimiques et des matières végétales étrangères au tabac, et le cannabis est jugé plus sûr par le plus grand nombre – et bien que les cigarettes bon marché soient bien moins onéreuses que les marques de luxe, il semblerait qu’elles soient encore plus chères que le cannabis, que l’on peut se procurer en quantité sur les marchés locaux.

Le cannabis est plus populaire dans les classes ouvrières, et on l’emploie souvent comme un relaxant après une journée de travail manuel exténuant. D’après les témoignages, la méthode la plus courante pour consommer du cannabis en Corée du Nord est sous forme de joints, qui peuvent être roulés avec n’importe quel papier qui tombe sous la main, y compris les journaux et les pages de magazine en papier glacé. En fait, le quotidien Rodong Sinmun semble particulièrement prisé pour cet usage. Les touristes rapportent qu’en visitant les villes nord-coréennes l’arôme de cannabis brûlé rappelle souvent l’omniprésence de son utilisation. Il semble qu’en Corée du Nord on désigne le cannabis par le terme « ip tambae » (qui peut se traduire plus ou moins grossièrement par « tabac en feuilles ») ou « yoksam » ; il est également qualifié par euphémisme de « plante spéciale ».

La confusion « ip tambae »

Dans un article intitulé « Mythbusters: uncovering the truth about North Korea » (À bas les mythes : la vérité sur la Corée du Nord), le quotidien grand format The Guardian affirmait que le terme « ip tambae » ne désigne en réalité pas le cannabis, mais un mélange d’herbes locales utilisées comme un substitut du tabac. L’auteur poursuit en affirmant que « les experts s’accordent pour dire que le cannabis est rare et indubitablement illégal en Corée du Nord ». Cet article visait apparemment à apporter un démenti à des récits de personnes ayant visité le pays, comme celui du site The Bohemian Blog, qui a publié ultérieurement un complément.

Cannabis poussant dans un jardin privé en Corée du Nord - Blog Sensi Seeds
Cannabis poussant dans un jardin privé en Corée du Nord (© Solfar)

Les « experts » cités en toute confiance peuvent peut-être se targuer d’être des experts de la Corée du Nord, pour autant qu’il puisse vraiment exister des experts d’un pays si peu observé de l’extérieur, mais absolument rien ne permet d’affirmer qu’ils sont experts en matière de cannabis. L’expert en question est un certain Matthew Reichel, qui s’est rendu en Corée du Nord à plus de trente reprises en qualité de directeur du Pyongyang Project, une entreprise sociale qui se consacre à la promotion d’initiatives de renforcement des capacités en Corée du Nord. Les propos de Reichel sont cités : « Cela peut y ressembler un peu si vous n’avez pas souvent fumé d’herbe », mais « si vous fumez ce truc, l’odeur sera bizarre, mais vous ne parviendrez à aucun état d’euphorie ».

Ils confirment que la culture de chanvre industriel est omniprésente en Corée du Nord, mais affirment que ce chanvre ne contient « qu’une infime fraction du THC présent dans le cannabis standard » ; ils affirment également qu’il est possible pour les fermiers de cultiver leur propre drogue en cachette, mais que les Nord-Coréens « ne sauraient fumer cette drogue en public ».

Très probablement, le cannabis poussant à l’état sauvage en Corée du Nord a une faible teneur en cannabinoïdes, mais affirmer qu’il ne peut causer aucune intoxication et qu’il ne s’agit pas de la substance connue sous le nom de « ip tambae » semble quelque peu présomptueux. Étant donné le ton péremptoire de l’article, on pourrait s’attendre à ce que The Guardian fournisse les résultats d’un test en laboratoire confirmant que l’ip tambae ne contient pas de cannabis (et démontrant que tout le chanvre poussant à l’état sauvage en Corée du Nord contient 1 % de THC ou moins !) ; qu’ils ne l’aient pas fait, et aient décidé au lieu de cela de s’en remettre à des « experts » profanes peut sembler extrêmement douteux. En réalité, il semble tout à fait possible que les récits de personnes ayant visité le pays soient en fait exacts, et que l’on cherche ici à limiter les dommages, quitte à donner des informations trompeuses aux médias.

Nous nous berçons d’illusions à propos du chanvre industriel. La concentration en THC du chanvre industriel est maintenue à un niveau très bas en grande partie grâce à la sélection, et lorsque l’on laisse la plante pousser librement à l’état sauvage cette concentration varie et peut, pour certains spécimens, être suffisante pour provoquer une intoxication. Il existe des récits de travailleurs agricoles polonais ayant succombé à une intoxication pendant la période antérieure à la Seconde Guerre mondiale alors qu’ils moissonnaient des champs de chanvre ; des « visiteurs » non officiels de champs de chanvre au Royaume-Uni ont également témoigné avoir trouvé des spécimens produisant des quantités de résine sensiblement supérieures.

Ainsi donc, affirmer que le chanvre ne saurait provoquer une intoxication témoigne de l’ignorance quant à la nature réelle du chanvre : il s’agit en réalité de formes de cannabis acclimatées à des latitudes septentrionales (40-65 °) qui contiennent généralement des concentrations plus faibles (mais non inexistantes) en cannabinoïdes par rapport à leurs homologues méridionales. La Corée du Nord est située aux alentours du 40e parallèle, suffisamment au sud pour que la production de certains cannabinoïdes survienne naturellement. Les limites juridiques modernes applicables à la concentration en THC sont des concepts sociétaux, qui étaient totalement inconnus avant la fin du 20ème siècle.

Culture du cannabis en Corée du Nord

Selon les témoignages disponibles, le cannabis pousse à l’état sauvage en Corée du Nord et est omniprésent dans tout le pays. On rapporte également que de nombreux habitants possèdent quelques plants cultivés dans leur propre jardin ou potager, et qu’une culture à grande échelle semble exister dans une certaine mesure, bien que l’on ne dispose d’aucune preuve documentée à cet égard. Sokeel Park, l’un des dirigeants de l’ONG californienne Liberty in North Korea, a prétendu que du cannabis était vendu hors des frontières pour stimuler les revenus tirés de l’étranger (sans aucun doute destinés à alimenter les fonds secrets de la famille de Kim, qui a également un lien avec la production de méthamphétamine en laboratoire).

Il y a un énorme fossé entre les classes sociales en Corée du Nord - Blog Sensi Seeds
Il y a un énorme fossé entre les classes sociales en Corée du Nord, avec des fortunes affichées de manière ostentatoire dans des villes comme Pyongyang alors que partout ailleurs règne une grande pauvreté (© Sanjeev Kumar)

Les personnes ayant visité la Corée du Nord décrivent les plants de cannabis poussant en abondance sur le bas-côté de la route, dans les jardins et le long des voies ferrées. En fait, on rapporte que la culture de cannabis le long des voies ferrées est intentionnelle, car ses longues racines aident à stabiliser les sols.

Un membre du site interactif populaire Reddit déclarait dans un bulletin de questions/réponses informel qu’il se rendait en Corée du Nord chaque année et avait été témoin de pratiques locales de culture du cannabis alors qu’il rendait visite à des amis. Selon ses propos, il est rare de voir du cannabis pousser abondamment à l’état sauvage, mais que la culture à petite échelle et la consommation personnelle étaient monnaie courante.

Chanvre industriel en Corée du Nord

La Corée du Nord possède une industrie très active dans le domaine de la culture du chanvre. En réalité, selon un article récent, la Corée du Nord possède la plus grande surface cultivée au monde tous pays confondus, avec 19 000 hectares de plantations de chanvre ; au même moment, la Chine, premier producteur au monde pendant des années, ne recensait apparemment que 16 500 hectares cultivés.

En 2004, on rapportait que la Corée du Nord avait produit 12 800 tonnes de chanvre, se plaçant ainsi au troisième rang mondial des producteurs après la Chine (38 000 t) et l’Espagne (15 000 t). Selon une autre source, la Corée du Nord avait une surface cultivée de 13 000 hectares en 2004, contre 65 000 hectares pour la Chine. Si tel est le cas, cela suggèrerait que la récolte de chanvre de la Corée du Nord est au moins deux fois plus productive que celle de la Chine, car la première affiche un rendement moyen de près d’une tonne par hectare (0,99 t/ha) contre tout juste un peu plus de la moitié (0,58 t/ha) pour la seconde.

La plupart des régions nord-coréennes produisent du chanvre, avec des plaques tournantes du secteur implantées dans les provinces du Ryanggang, du Hamgyong du Nord et du Sud, et du Pyongan du Nord : les quatre provinces situées les plus au nord et ayant une frontière commune avec la Chine. Il est intéressant de noter que le gouvernement nord-coréen a fait jaillir un sentiment d’hostilité parmi la population en 2008 en saisissant par la force des sacs de chanvre à des fermiers dans le Pyongan du Nord et en exigeant un impôt de trois sacs de chanvre par personne aux familles du Hamgyong du Nord. Cet exemple permet d’illustrer à quel point le chanvre reste important pour les masses paupérisées de cette forteresse secrète qu’est la Corée du Nord.

En août 2008, la société Andong Hemp Textile Company en Corée du Sud et la société Saebyol General Trading Company en Corée du Nord ont fusionné pour donner naissance à la société Pyongyang Andong Hemp Textiles, première coentreprise nord-sud à voir le jour dans la capitale nord-coréenne depuis la scission entre la Corée du Nord et du Sud après la guerre de Corée. La nouvelle entreprise a gravement souffert des embargos commerciaux imposés par la Corée du Sud en 2010. Ces embargos sont désormais levés, mais le commerce n’a pas encore atteint les niveaux enregistrés avant l’interdiction.

Politiques des débuts de l’ère soviétique en matière de culture de chanvre

Dans un élan comparable au « Grand bond en avant » du président Mao (pendant lequel les méthodes de production agricole collectiviste ont été imposées par la force aux populations rurales, avec des résultats catastrophiques), le premier président de la Corée du Nord, Kim Il-Sung, a imposé la culture intercalaire de divers produits agricoles entre 1957 et 1960, notamment du chanvre avec des haricots et des pommes de terre, afin d’augmenter la productivité.

Les cigarettes sont chères et difficiles à trouver en Corée du Nord - Blog Sensi Seeds
Les cigarettes sont chères et difficiles à trouver en Corée du Nord ; les classes ouvrières fument du cannabis, car c’est une alternative peu onéreuse au tabac (© Dominique B)

En 1959, Kim Il-Sung s’est rendu dans la province du Hamgyong du Nord à l’extrême nord du pays dans le cadre d’une initiative visant à évaluer et à développer les industries locales afin de parvenir à l’autosuffisance locale. Bien que massivement industrialisée, la province était et demeure très largement inadaptée aux cultures agricoles en raison de son relief montagneux et de sa saison de croissance très brève. Cependant, Kim a ordonné à la province d’établir des cultures résistant bien au froid comme le chanvre, la betterave à sucre, le tabac, le lin et le sésame, et de transformer les coteaux en pâturages pour le bétail.

Lors de la conférence de Changsong en 1962, Kim Il-Sung a ordonné la construction d’une usine d’huile végétale dans chaque comté, destinée à extraire de l’huile des haricots, des graines de chanvre, des graines de sésame et du maïs. Il ajouta que chaque comté devait cultiver au moins 300 à 400 hectares de chanvre et de lin, et ouvrir une usine textile. Ses exhortations incessantes pour augmenter la productivité ont eu pour résultat des tentatives désordonnées et bâclées pour atteindre les objectifs fixés, ce qui tranchait vivement avec les techniques traditionnelles plus durables, mais moins productives.

Bien que les conséquences de ces politiques villageoises en Corée du Nord ne se soient pas avérées aussi graves ni aussi immédiates que celles expérimentées en Chine (et l’application de ces politiques sans doute pas aussi brutales), sous le règne de son fils et successeur Kim Jong-Il au milieu des années 1990, une catastrophe environnementale et une famine se sont abattues sur le pays à cause des mauvaises conditions météorologiques conjuguées à l’épuisement des sols et à l’érosion des coteaux (sans parler de la corruption et du détournement irresponsable des ressources). On estime que près de 2,5 millions de personnes sont mortes de faim à cause des conséquences directes de ces politiques.

Lois, arrestations et peines pour des faits liés au cannabis en Corée du Nord

D’énormes quantités de chanvre industriel sont cultivéesen Corée du Nord - Blog Sensi Seeds
D’énormes quantités de chanvre industriel sont cultivées dans les provinces montagneuses du Nord qui jouxtent la Chine (© Frühtau)

Il ne semble pas exister une quelconque législation spécifique pour le cannabis en Corée du Nord. En outre, bien que le pays soit membre des Nations Unies depuis 1991 et ait ratifié tous les principaux traités, y compris la Convention unique sur les stupéfiants et la Convention sur les substances psychotropes, il n’a apparemment pas légiféré pour se mettre en conformité avec les exigences de ces traités, tout au moins eu égard au cannabis.

La loi nord-coréenne sur les stupéfiants est généralement extrêmement stricte, il semble cependant que les autorités ne voient pas les drogues d’origine végétale comme le cannabis et l’opium d’un aussi mauvais œil que les drogues synthétiques créant une forte dépendance, comme la méthamphétamine et l’héroïne (bien que les chiffres récents suggèrent que la production de méthamphétamine a littéralement explosé, au point que son utilisation est aujourd’hui largement répandue et socialement acceptée).

La Corée du Nord perpétue le recours à la peine de mort pour les crimes les plus graves, et selon la base de données de l’Université de Cornell concernant la peine de mort dans le monde, les exécutions y sont perpétrées régulièrement dans le plus grand secret, avec au moins soixante-dix exécutions en 2013. On a récemment fait état d’une modification du Code pénal visant à intégrer la peine capitale pour les faits d’utilisation et de commerce de drogues ; personne ne connait le nombre de personnes parmi celles exécutées qui avaient été reconnues coupables de délits liés aux drogues. Malgré l’apparente absence de toute législation spécifique, on suppose que la peine capitale peut même être appliquée à certains cas de possession.

Achat et utilisation de cannabis en Corée du Nord

Les déplacements sont extrêmement restreints en Corée du Nord ; les visiteurs sont généralement obligés de faire partie d’un voyage en groupe officiel (ce qui constitue sans doute la manière la plus sûre de procéder) et les guides touristiques locaux sont généralement peu enclins à aborder la question de la « plante spéciale », sans doute en raison des mises en garde ou des directives officielles, car il semble que les autorités soient parfaitement au fait du « tabou » entourant la question du cannabis partout ailleurs. Dans un pays qui dépend très largement des pots-de-vin pour « graisser les rouages » de l’économie locale, les guides touristiques peuvent faire montre de plus d’entrain à dévoiler des informations sur la question s’ils entrevoient la possibilité d’une rétribution en conséquence.

Si vous avez la chance (ou peut-être la malchance) de visiter la Corée du Nord, vos chances d’accéder aux marchés où l’on peut se procurer du cannabis de provenance locale seront bien plus grandes si vous voyagez avec des fonctionnaires de haut rang, qui peuvent ouvrir les portes qui sont habituellement fermées au touriste moyen.

Lorsque l’on parvient à se procurer du cannabis local sur le marché, on peut s’attendre à payer l’équivalent de 0,50 € environ pour un sac à provisions rempli de têtes en graines et de feuilles. Bien sûr, sa puissance laisse beaucoup à désirer pour ceux qui sont habitués aux variétés hybrides commerciales très puissantes, mais de nombreux témoignages laissent à penser que le parfum, l’arôme et la qualité globale sont plus qu’acceptables.

Avec nos remerciements à The Bohemian Blog pour nous avoir fourni un excellent reportage de première main sur la situation en Corée du Nord.

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