by Seshata on 01/06/2015 | Medicinal

Les 3 principaux avantages du cannabis vis à vis de la dépendance aux opiacés

La dépendance aux opiacés peut avoir des effets extrêmement néfastes sur la vie et l'activité au quotidien, et il peut s'avérer particulièrement difficile de s'en défaire. Le cannabis peut non seulement réduire l'usage d'analgésiques opiacés en premier recours, mais il permet également d'alléger les symptômes de sevrage, même dans les cas de dépendance.


opiate dependence - Sensi Seeds blog

1. le cannabis en tant qu’Analgésique

La douleur chronique est l’une des principales raisons justifiant le recours aux analgésiques opiacés. C’est aussi l’une des premières raisons de l’utilisation du cannabis thérapeutique : dans une enquête menée auprès de 350 patients du Michigan traités avec du cannabis thérapeutique, plus de 85 % des personnes interrogées ont indiqué qu’elles utilisaient du cannabis pour soulager la douleur.

La capacité avérée du cannabis à traiter la douleur chronique a permis à des dizaines de milliers de patients dans plusieurs États américains de réduire, voire de supprimer, leur recours aux analgésiques opiacés, et ce faisant, de faire baisser considérablement le nombre de morts liées aux analgésiques dans ces États.

Opiates 1 - Sensi Seeds blog
Les opiacés regroupe une catégorie d’analgésiques très importants mais qui engendrent une forte dépendance (© Instant Vantage).

Une étude menée en 2010 et utilisant les données des Centres de contrôle et de prévention des maladies (Centers for Disease Control & Prevention, « CDC ») a montré que plus de quarante individus meurent chaque jour aux États-Unis d’une overdose d’analgésiques délivrés sur ordonnance ; c’est plus que le nombre de décès attribuables à l’usage illégal d’héroïne et de cocaïne. Dans les treize États où l’on utilise le cannabis thérapeutique, il est apparu que le taux d’overdoses d’analgésiques sur ordonnance était jusqu’à 25% inférieur à celui des États sans cannabis thérapeutique.

Fait encore plus révélateur, il s’est avéré que plus ce cannabis à usage médical avait été disponible longtemps (et était donc connu et accessible à plus de personnes), plus la corrélation était forte. Dans les États où le cannabis à usage médical était présent depuis un an ou moins, la diminution des décès liés aux antalgiques se situait autour de 20 % ; alors que dans les États où il existait une législation médicale depuis au moins cinq ans, la baisse allait jusqu’à 34 %.

2. Neuroprotecteur

Signalisation dopaminergique & système endocannabinoïde

D’un point de vue fonctionnel, le système endocannabinoïde présente diverses similitudes avec le système de signalisation dopaminergique. Le système dopaminergique constitue un ensemble absolument essentiel de processus de signalisation, contribuant au contrôle du « système de récompense » du cerveau. Le « système de récompense » se compose lui-même d’un immense ensemble de zones connexes du cerveau d’une grande complexité, qui comprend l’hippocampe, l’hypothalamus, le complexe amygdalien, le cortex frontal et diverses autres structures.

De même qu’il procure des sensations de récompense et de plaisir en réponse à des stimuli interprétés comme positifs, le système dopaminergique est un élément essentiel de la réaction du corps à la douleur lorsqu’il reçoit un stimulus négatif.

Les opiacés sont une catégorie de médicaments fondamentale dans la médecine, du fait qu’ils sont les agonistes les plus connus et les plus efficaces des récepteurs dopaminergiques. Les opiacés sont principalement utilisés comme analgésiques ; la morphine et la codéine sont deux exemples connus d’analgésiques opiacés. En raison de leur effet spectaculaire sur l’expérience subjective de la récompense et du plaisir, les opiacés peuvent engendrer une forte dépendance. En outre, il peut être particulièrement difficile de cesser de les utiliser, du fait de leur propension à créer une dépendance physique, ainsi que des symptômes de sevrage graves et handicapants.

Comment les systèmes de signalisation intéragissent-ils pour aboutir à la réponse de l’individu ?

Opiates 2 - Sensi Seeds blog
Les opiacés peuvent avoir de puissants effets et entraînent la mort de plus de 40 personnes par jour aux États-Unis (© Darron Birgenheier).

Bien que les systèmes dopaminergique et endocannabinoïde soient considérés comme différents, de nombreux indices portent à croire que l’utilisation des cannabinoïdes peut avoir des effets sur le système dopaminergique. Il semble en effet que les systèmes dopaminergique et endocannabinoïde soient intimement liés, et que cette relation détermine la réponse individuelle aux cannabinoïdes et opiacés. Toutefois, on est loin d’avoir appréhendé l’intégralité de cette relation.

Il est bien établi que le cannabis peut faire baisser la probabilité d’un recours aux opiacés par un patient qui souffre afin de maîtriser ses symptômes. Néanmoins (et bien que notre connaissance de ce domaine de la neurologie en soit encore à ses balbutiements), il existe des indices prometteurs indiquant que l’utilisation des cannabinoïdes peut contribuer à atténuer la dépendance aux opiacés, même chez les toxicomanes. On pense que les cannabinoïdes peuvent aider à activer les mêmes récepteurs qui sont activés lorsqu’on utilise des opiacés, et que ce faisant, le besoin de recourir aux opiacés eux-mêmes s’en trouve réduit.

Une étude de 2009 publiée dans la revue Neuropsychopharmacology (Neuropsychopharmacologie) indiquait que l’exposition au THC ou à son pendant synthétique, le dronabinol, pourrait bloquer la dépendance aux opiacés chez les rats. Toutefois, l’effet n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît au premier abord : en fait, cet effet bloquant du THC concernait uniquement les rats qui avaient été privés de soutien maternel, et n’a pas affecté la réaction aux opiacés pour les rats qui n’avaient pas été privés de soutien maternel.

De plus, la tendance à développer une dépendance aux opiacés était beaucoup plus répandue dans le groupe échantillon des rats qui avaient été privés de soutien maternel que dans le groupe témoin. Il semble que l’effet du THC est apparu non seulement grâce à l’action de celui-ci sur les récepteurs dopaminergiques, mais aussi que l’effet du THC sur les récepteurs cannabinoïdes a lui-même induit une libération plus importante de dopamine.

Ceci a des implications évidentes pour les humains. De nombreuses recherches ont, durant des décennies, renforcé l’argument que l’exposition à un environnement défavorable (comme la carence maternelle, ou un statut socioéconomique inférieur) a un effet fondamental sur la probabilité qu’un individu développe une dépendance aux substances pharmaceutiques afin d’éprouver une sensation de « gratification ». Si une substance produisant moins d’effets négatifs peut être substituée à une autre, qui a manifestement des effets négatifs considérables, l’impact global sur la santé des individus et de la population dans son ensemble est évident.

3. Neuroprotecteur, par l’intermédiaire d’un autre mécanisme

Opiates 3 - Sensi Seeds blog
Les cannabinoïdes peuvent jouer un rôle important dans la gestion de la dépendance aux opiacés (© Don Goofy).

La partie qui précède traite de la façon dont le THC peut être utile pour supprimer le besoin de prendre des opiacés ; l’action du THC est à bien des égards semblable à celle des opiacés en ce sens qu’il peut stimuler certains récepteurs dopaminergiques et entraîner la libération de dopamine, déclenchant ainsi l’expérience subjective de la récompense. Toutefois, il existe un autre mécanisme par l’intermédiaire duquel les cannabinoïdes peuvent réduire, voire supprimer, le besoin de prendre des opiacés ; celui-ci privilégie le CBD plutôt que le THC.

Le CBD est un antagoniste des récepteurs endocannabinoïdes, et sa présence favorise la capacité du THC à activer les récepteurs cannabinoïdes et à libérer la dopamine. Une étude réalisée en 2006 pour le Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics (revue de pharmacologie et thérapeutiques expérimentales) a montré que le CBD, grâce à son mécanisme de blocage des récepteurs, pourrait provoquer une réduction de la récompense éprouvée en présence d’opiacés, et peut contribuer à freiner les comportements de recherche de récompense (la recherche d’une « dose ») chez les individus dépendants.

Même s’il est possible que cela ne se révèle pas aussi efficace dans le traitement des toxicomanes actuellement dépendants aux opiacés, cela pourrait jouer deux rôles importants. Premièrement, pour les ex-consommateurs présentant un risque élevé de rechute ; cela peut contribuer à diminuer l’envie de s’engager dans un comportement de recherche de récompense. Deuxièmement, pour ceux qui ne sont pas devenus dépendants aux opiacés, mais qui pourraient présenter un risque plus important en raison d’un environnement défavorable durant l’enfance, par exemple les enfants placés dans des foyers ou ceux vivant dans le dénuement ; cela peut réduire le risque qu’ils deviennent un jour dépendants aux opiacés.

Commentaires

Laissez un commentaire ici.

Laissez un commentaire

Merci d'entrer un nom
Oups, on dirait que vous avez oublié quelque chose.
Read More
Read More
Read More
Read More
Read More
Read More
Read More
Read More