Culture véganique : découvrez le cannabis bio

La cultivation véganique vise à assurer la biodisponibilité des éléments nutritifs dans le sol à tout moment. L’entretien du sol est l’aspect clé de la culture véganique. Pour y parvenir, il existe différentes techniques et considérations, telles que la préparation de thé de compost et le maintien des niveaux de pH.

En un mot, « véganique » renvoie au jardinage bio et vegan – une culture bio qui n’utilise pas de produits d’origine animale. Les défenseurs de la culture véganique assurent que leur produit est plus propre, plus savoureux et plus sain que le cannabis normal ou bio, et qu’il est possible d’obtenir un meilleur rendement qu’avec une culture bio standard.

Quels sont les grands principes de la culture véganique ?

Le concept de jardinage véganique existe depuis les années 1940. Des techniques ont d’abord été développées par les horticulteurs Maye E. Bruce, Rosa Dalziel O’Brien et Kenneth Dalziel O’Brien (fils de Rosa) en vue de prouver qu’il était possible d’obtenir des cultures saines sans l’utilisation de déchets d’origine animale (au motif qu’ils nuisent la santé générale du sol).

Puisque les produits d’origine animale ne sont pas acceptables dans le jardinage véganique, la santé du sol doit être conservée par l’application spécifique de déchets végétaux sous la forme de paillis ou de thé de compost. Les méthodes d’origine étaient spécialement conçues pour la culture en extérieur, mais ces principes ont été adaptés à d’autres techniques.

La cultivation véganique vise à assurer la biodisponibilité des éléments nutritifs dans le sol à tout moment. Cela signifie que les microbes du sol (majoritairement des bactéries et des champignons) doivent être nombreux et en bonne santé afin de pouvoir transformer le maximum de nutriments en utilisant le moins d’aliments à valeur ajoutée que possible, ainsi que dévorer des masses racinaires mortes de la plante en croissance. Les plantes peuvent donc absorber les nutriments à plein régime et les nutriments sont suffisamment désagrégés pour répondre à leurs besoins.

Techniques pour la culture véganique

La cultivation véganique n’est pas compliquée et est adaptée à tous : expérimentés et novices. Ces techniques sont également applicables en dehors de la culture du cannabis, et le reste de votre jardin peut dont en profiter ! Nous avons préparé des techniques de culture véganique et listé tous les aspects à prendre en compte pour transformer votre jardin en véritable havre de permaculture végane.

1. Choisir les nutriments pour la culture véganique

Adopter une démarche véganique ne nécessite pas nécessairement toute une cargaison de nutriments coûteux. En fait, il est possible d’adopter cette pratique avec des systèmes d’alimentation largement accessibles. Notamment, la gamme bio de Canna n’utilise aucun produit d’origine animale et une récolte cultivée exclusivement avec ces produits peut être considérée véganique. Toutefois, différents produits peuvent être intégrés dans le régime véganique et des kits complets de culture véganique sont même en développement.

Assurez-vous d’utiliser des nutriments certifiés bio : selon votre pays, plusieurs autorités de certification peuvent exister. Faites vos recherches et si des dispositions en matière de bio semblent faire défaut dans votre pays, pourquoi ne pas vous approvisionner chez un pays voisin ayant des normes plus strictes ? L’Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse sont de bonnes options.

2. L’importance des microbes du sol dans la culture véganique

Un équilibre sain de microbes du sol/substrat est la clé d’une culture véganique réussie. Les microbes désagrègent les nutriments dans le sol afin que la plante puisse les absorber plus facilement par ses racines ; selon les promoteurs de cette approche, en utilisant les bons produits véganiques, l’absorption des nutriments devrait avoisiner les 100 %.

Des nutriments synthétiques peuvent avoir un taux d’absorption de 20-25 %. De plus, de nombreux fertilisants synthétiques endommagent la population microbienne dans le sol et sont à l’origine de l’appauvrissement et de l’acidification de sols.

Les microbes bénéfiques ingèrent la matière végétale en décomposition et excrètent des nutriments sous forme dissoute. Les microbes bénéfiques comprennent plusieurs espèces Actinobacteria, plusieurs espèces BacillusCyanobacteriaPseudomonas et Trichoderma, ainsi que de nombreuses bactéries et des champignons.

Lors de la préparation du paillis ou du thé de compost pour vos plantes végétantes, choisissez une matière végétale riche en nitrogène pour la base ; lors de la préparation à la floraison, utilisez des matières riches en potassium et en phosphore. Pour les plantes végétantes, l’alfalfa, l’ortie, l’algue spiruline et le varech sont un bon choix ; pour la floraison, recherchez des racines de bardane, de la rhubarbe et de la racine d’igname sauvage.

3. Préparer du thé de compost pour votre culture véganique

Préparer un thé de compost de bonne qualité sera extrêmement efficace. Il est possible de le produire à partir de votre propre compost, s’il est à base d’ingrédients sûrs (ex. restes de viande, graisses, lait ou os sont proscrits).

Pour ceux qui ne font pas de compost chez eux, des mélanges préparés sont disponibles, tels que les kits complets de thé de compost ou les produits proposés par OG Tea (tel que Veganic Special Sauce). C’est de loin le choix le plus populaire, mais il existe d’autres alternatives moins coûteuses qui feront l’affaire. Renseignez-vous en ligne et contactez les points de vente du secteur horticole de votre région pour plus d’informations.

Préparer du thé de compost ? Rien de plus simple, bien que le processus d’ajustement de la recette pour répondre à vos besoins puisse nécessiter plusieurs essais. Il suffit de tremper le compost dans de l’eau aérée pendant au moins huit heures (si vous remuez régulièrement ; dans le cas contraire, laissez tremper pendant au moins 24 heures) avant de retirer le résidu solide.

L’ajout de mélasses non sulfurées fournit un apport nutritionnel supplémentaire et active le processus : 250 ml pour 5-10 litres de compost est la règle d’or. La phase de trempage peut excéder 24 heures, mais la plupart des cultivateurs conviennent que passées 72 heures, la majorité des nutriments exploitables sera absorbée et la croissance fongique prendra le pas sur la croissance biologique (cela peut être bénéfique en cas de pourriture des racines mais s’avère néfaste en conditions normales).

4. Prise en compte du pH en jardinage véganique

Dans la cultivation véganique, le pH pose moins problème qu’avec les autres techniques, dans la mesure où les nutriments sont 100 % biodisponibles pour toute la gamme. La gamme de pH optimale s’étend de 7,0 à 5,5, qui est un seuil trop bas pour la culture typique du sol. L’utilisation d’un pH mètre professionnel permettant de prendre les lectures directement à partir de la masse racinaire est idéale.

Bien que les exigences en matière de pH soient moins strictes qu’avec les autres techniques, il ne faut pas oublier de se situer au-dessus de 5,5 pour une culture saine. Par conséquent, il convient d’effectuer un test de pH sur le thé de compost et de l’élever si nécessaire (un pH de 4,5 a été observé dans de nombreuses solutions de thé de compost).

5. Aérer le sol et l’eau

Une bonne aération du sol/substrat et de l’eau apportera un important rendement. De nombreux microbes (mais pas tous) présents dans le substrat ont besoin d’oxygène pour survivre et se reproduire et l’aération a également de nombreux avantages mécaniques.

Dans votre substrat, une bonne aération optimise le renouvellement de l’air, réduit le compactage, améliore la rétention de l’eau et la résilience globale et optimise l’absorption de l’eau et des nutriments. L’eau et l’air ont un meilleur accès à la zone racinaire, ce qui favorise la croissance. En extérieur, l’aération est généralement effectuée grâce à un équipement spécialisé ; en intérieur, le cultivateur a la possibilité d’ajouter des substances légères et poreuses telles que la perlite, la vermiculite, la pierre ponce et la lave pour optimiser l’aération.

L’aération de l’eau est un processus à part. L’eau peut être aérée au moyen d’une pierre à air et d’un diffuseur ou d’une pompe ; la pierre à air libère progressivement de l’air comprimé dans l’eau, tandis que le diffuseur ou la pompe fait circuler l’air dans le contenant. Aérer l’eau utilisée pour réaliser du thé de compost permettra aux microbes aérobie (qui inhalent de l’oxygène) de se développer. En règle générale, l’aération de l’eau utilisée pour la culture des plantes permet de désagréger les nutriments en excès dans le substrat, améliore la santé microbienne et augmente l’apport d’oxygène vers les racines de la plante.

6. Autres points importants à retenir

Certains ajouts peuvent être nécessaires pour apporter à vos plantes tout ce dont elles ont besoin. Un supplément de phosphore peut être utile, ainsi que des oligo-éléments qui peuvent diminuer en raison du niveau élevé d’activité microbienne dans le substrat. Si vous ajoutez de l’acide humique, il pourra être nécessaire d’élever le niveau du pH pour le maintenir dans la zone de sécurité.

Kyle Kushman est l’un des plus éminents partisans de la culture véganique et a publié de nombreuses informations sur les produits recommandés sur la base de sa propre utilisation pendant plusieurs années. Toutefois, ceux qui se méfient des témoignages de célébrités peuvent se tourner vers des centaines de produits qui feront l’affaire et les consommateurs avertis devraient trouver un ensemble de nutriments appropriés ailleurs. Bien sûr, vous devrez faire d’importantes recherches pour trouver le mélange parfait pour vos plantes, mais vos efforts seront récompensés !

  • Disclaimer:
    Les lois et règlements régissant la culture du cannabis différent d’un pays à l’autre. Ainsi, Sensi Seeds vous recommande fortement de vérifier les lois et règlements de votre région. Ne contrevenez pas à la loi. 

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