by Olivier on 01/04/2018 | Consommation

Microdoser le cannabis – moins, c’est plus

Moins ? Plus ! Microdoser le cannabis, c’est prendre la plus petite dose qui procure un effet, trouver la quantité précise qui offre des bienfaits sans pour autant induire un high ou mener à des effets secondaires indésirables. Ce à quoi s’adonnent de plus en plus de consommateurs récréatifs pourrait être encore plus intéressant pour les consommateurs médicaux.


KIVA Confections appelle ses menthes Petra. La liste d’ingrédients laisse clairement savoir qu’il s’agit d’un produit qui dénote un style de vie particulier : thé vert matcha, huile d’eucalyptus et édulcorant dérivé de plantes, Xylitol.

Les aliments qui ne contiennent pas de sucres ou d’additifs sont certainement populaires de nos jours, mais ce n’est pas ce qui incite les consommateurs à acheter Petra. C’est le cannabis : chaque menthe de la taille d’un ongle contient précisément 2,5 mg de THC, un paquet contenant 100 mg de THC.

Tout ce qui est minuscule est maintenant tendance

Les variétés de cannabis à haute teneur en THC ont longtemps été primées dans l’industrie. La maxime était univoque : plus le cannabis est puissant, meilleur il est.

Aujourd’hui, alors que les termes « minimaliste » et « pleine conscience » parsèment le quotidien, la discussion prend une tout autre direction. Les gens sont intéressés par les effets curatifs du cannabis et veulent profiter de ses bienfaits sans pour autant ressentir le high. Voilà qui explique l’explosion de la popularité du CBD des dernières années.

Le marché abonde désormais de produits contenant des doses précisément indiquées de THC, comme les petites menthes Petra. « La tendance n’est plus à la consommation récréative par des gens complètement ouverts d’esprit – ces derniers représenteront plutôt une clientèle niche dans l’avenir – mais elle concerne maintenant les parents, les retraités et les gens qui veulent intégrer le cannabis dans un mode de vie sain, ou qui en consomme pour relaxer à la fin de la journée », explique Christie Strong de KIVA Confections.

Est-il possible que les produits de cannabis, les comprimés de vitamines et les suppléments alimentaires soient bientôt tous réunis dans une seule catégorie ? Tout indique que c’est le cas.

Quelle quantité représente une microdose ?

La réponse : ça dépend. La dose minimale efficace varie énormément d’un individu à l’autre. En effet, la quantité de THC qui provoquera un high varie en fonction de la génétique des récepteurs cannabinoïdes, des habitudes de consommation, du poids corporel et du métabolisme.

De manière générale, on considère qu’une microdose se situe entre 2,5 et 10 mg de THC. Michelle Ross s’intéresse au cannabis médical d’un point de vue neurologique, et elle conseille aux nouveaux consommateurs de commencer par les plus petites doses possible.

Pour mettre les choses en perspective, déterminons combien de THC renferme un joint ordinaire. Si on y met 0,4 gramme de cannabis d’une concentration en ingrédient actif de 18 %, on obtient 72 mg de THC. Puisque la combustion détruit une quantité de l’ingrédient actif, au final, on inhale environ 35 mg de THC.

Petite dose, grands effets

Le concept derrière le microdosage n’est pas nouveau et provient du monde de la médecine. Un médicament est toujours administré à la dose maximale à laquelle il sera effectif. Tout comme les médicaments, le cannabis et l’alcool ont un effet biphasique : des doses faibles et fortes de la même substance provoquent des effets réciproques.

Photographie d'une petite quantité de cannabis dans une fiole en verre. La fiole est posée sur une table.

La plupart des gens savent qu’après un verre ou deux d’alcool, on relaxe et se détend. Mais si on continue à boire, éventuellement on aura la nausée et commencera à vomir. C’est la même chose avec le cannabis. A faibles doses, il agit comme un stimulant, alors qu’à fortes doses, il peut induire de l’anxiété et d’autres effets secondaires.

Nous avons de bonnes nouvelles pour les consommateurs de cannabis médical : dans le cas du cannabis, il s’avère aussi que des doses minimales procurent des effets maximaux. Une étude publiée dans le Journal of Pain rapporte que des patients atteints de cancer réagissaient mieux à de faibles doses de THC et de CBD. En fait, ce sont les patients auxquels les chercheurs ont administré les plus faibles doses d’ingrédient actif qui ont ressenti le moins de douleurs.

Selon une autre étude, même de très faibles quantités (4 mg) de nabilone, un cannabinoïde de synthèse, étaient efficaces dans le traitement de symptômes de stress post-traumatique.

Des personnes en santé peuvent aussi dériver des bienfaits de microdoses de cannabis. Cette étude a montré que de petites quantités (7,5 mg) de THC réduisaient le sentiment subjectif de stress, alors que des doses plus importantes (12,5 mg) avaient des effets contraires. L’étude est aussi pertinente pour une autre raison : il s’agit d’une des rares recherches cliniques à avoir établi un lien entre la consommation de cannabis et la réduction du stress.

Quelles méthodes de consommation permettent de microdoser ?

Chacun a sa méthode de consommation préférée pour consommer du cannabis. Mais lorsqu’il s’agit de microdoser, ce ne sont pas toutes les méthodes qui procurent des effets similaires. Examinons les trois façons de consommer les plus populaires :

Fumer le cannabis est encore la méthode la plus populaire. Pourtant, il est difficile de déterminer la quantité de THC inhalée, et une seule inhalation peut souvent apporter une trop grande dose. Comme la combustion produit du goudron et des cancérogènes, il ne s’agit pas de la méthode la plus saine pour la santé. En résumé, fumer est mauvais pour la santé, non efficace et ne permet pas de contrôler la dose prise.

Bien des gens croient que la vaporisation s’appuie aussi sur la combustion, mais ce n’est pas le cas. Les cannabinoïdes ne sont pas détruits par la chaleur, ils demeurent intacts. Leur extraction par la déshydratation se produit par l’application précise d’une chaleur. La vaporisation permet en outre de contrôler les doses prises. Il existe sur le marché plusieurs vaporisateurs discrets et efficaces qui représentent une alternative saine à fumer.

Des chocolats aux bonbons en gélatine en passant par les menthes et les biscuits, les aliments au cannabis prennent le marché d’assaut. Comme ils contiennent des quantités précises de THC, ces produits permettent de microdoser. Contrairement aux effets ressentis lorsque l’on fume ou vaporise, il faut parfois attendre jusqu’à deux heures avant de ressentir les effets des produits comestibles. La patience et la tempérance sont de vigueur.

En résumé

Document infographique expliquant le microdosage du cannabis. On voit dans le haut à gauche la photo d'une tête de cannabis et à droite une femme en tenue de fitness assise de profil sur un rocher faisant face mer. On découvre en dessous un diagramme avec au milieu le dessin d'une ampoule (symbole de créativité), à droite une altère représentant l'énergie physique, suivi sur le centre en bas du symbole d'un soleil représentant l'éveil spirituel, et sur l'extrême gauche un cœur symbole de l'équilibre émotionnel. Se succèdent ensuite des informations sur les différences en termes de quantités de THC dans un joint, une pipette de microdosage et une part de space cake. On voit en dessous comment procéder au microdosage : plutôt difficile avec les joints, mais possible avec un vaporisateur et les produits alimentaires. Les illustrations sont suivies par la représentation d'un calendrier hebdomadaire qui conseille sur la fréquence du recours au microdosage.

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