Le cannabis au Zimbabwe – Lois, usage et histoire

Les lois du Zimbabwe sur le cannabis sont strictes, avec de longues peines de prison allant jusqu’à dix ans pour un usage privé. En 2018 le pays a pris des mesures progressistes en légalisant la culture de la plante à des fins médicinales. Le Zimbabwe en bénéficiera probablement sur le plan économique, ce qui pourrait entraîner des modifications de la loi.

    • Capitale
    • Harare
    • Habitants
    • 17,680,000
    • Produits CBD
    • Illégal
    • Cannabis récréatif
    • Illégal

La législation sur le cannabis au Zimbabwe

Peut-on posséder et consommer du cannabis au Zimbabwe ?

Aux termes de la loi sur les drogues dangereuses (Dangerous Drugs Act), il est illégal de posséder ou de consommer du cannabis au Zimbabwe.

Les peines sont sévères pour les contrevenants. S’il est trouvé en possession de « chanvre indien préparé », ou s’il le fume ou l’« utilise d’une autre manière », tout contrevenant peut être condamné à une peine d’emprisonnement maximale de 10 ans. Il peut également se voir infliger une lourde amende. Il est aussi illégal de gérer des locaux où l’on consomme du cannabis et de posséder tout attirail de fumeur de cannabis.

Contrairement à de nombreux autres pays, le Zimbabwe n’a pas d’organisme gouvernemental spécifique chargé d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie de contrôle des drogues. C’est le gouvernement et, notamment, le Ministère de la santé et du bien-être de l’enfance, qui s’en occupe. Le Département des stupéfiants de la police, de son côté, est chargé de la mise en œuvre de la politique antidrogue du pays.

Peut-on vendre du cannabis au Zimbabwe ?

Il est également illégal de vendre, fournir, importer ou exporter du cannabis au Zimbabwe.

La loi stipule qu’en cas de trafic de cannabis à l’entrée ou à la sortie du pays, le contrevenant est passible d’une amende et d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans. La police a le droit de perquisitionner tous immeubles et tous suspects ; en cas de résistance, l’auteur de l’infraction est passible d’une peine d’emprisonnement allant jusqu’à six mois.

Malgré ces peines sévères, le trafic est en hausse. Majaha Mkwananzi, de la brigade antidrogue du département des enquêtes pénales (CID), a affirmé que les réseaux criminels préparent des passeurs pour acheminer les drogues vers le Zimbabwe et que cette pratique se « répand de plus en plus ».

« Les trafiquants attirent les passeurs en les rendant des accros. » a-t-elle commentée. « Il y a eu des descentes et des saisies de camions transportant de la drogue aux points d’entrée de notre pays et l’agence de sécurité publique a intensifié ses opérations, alors que nous nous efforçons d’agir sur le côté de l’offre de ces drogues afin de la réduire. »

Peut-on cultiver du cannabis au Zimbabwe ?

La culture du cannabis est également illégale et, s’ils sont pris, les contrevenants risquent de se voir infliger une lourde amende et une peine d’emprisonnement.

Cependant, le gouvernement zimbabwéen a maintenant légalisé la culture à des fins médicinales et de recherche, dans le but de relancer l’économie du pays et de tirer parti d’un marché international florissant.

D’autres font pression pour que la culture industrielle du chanvre soit prise plus au sérieux. Le docteur Zorodzai Maroveke, directeur du Zimbabwe Industrial Hemp Trust, a commenté : « Il n’est pas sage de considérer comme normale une ressource aussi précieuse. »

Des chefs religieux et d’autres organisations se sont dit préoccupés par le fait que la légalisation de la culture ne ferait qu’alimenter le commerce illégal de la drogue. Toutefois, le pays est déjà un important exportateur de tabac avec un rendement qui, en 2017, s’élevait à 827 millions de dollars.

Pour cultiver du cannabis, les entreprises doivent :

  • Demander une licence au gouvernement
  • Fournir trois copies du plan du site de culture proposé (pour s’assurer qu’il est conforme à la réglementation)
  • Payer un droit de licence de 40 000 $
  • Payer des frais d’enregistrement de la déclaration annuelle de 15 000 $
  • Présenter, au besoin, une demande de renouvellement de la licence (20 000 $)
  • Payer des frais de recherche (s’il y a lieu) de 5 000 $ – en cas de renouvellement, le montant est réduit à 2 500 $

Elles doivent également indiquer clairement leurs plans pour le site, ainsi que les estimations des quantités susceptibles d’être produites et vendues. Si le Ministre de la santé considère ces plans comme un risque pour la santé et la sécurité publiques, ils seront rejetés.

Toutes les licences sont valides pour cinq ans et peuvent être renouvelées. Si l’entreprise souhaite cultiver du cannabis sur plus d’un site, elle devra demander une nouvelle licence. Des audits de routine sont aussi effectués pour s’assurer que les activités réelles sur le site correspondent à ce qui a été déclaré dans la demande originale.

Le CBD est-il légal au Zimbabwe ?

La CDB ne peut être acheté, vendu ou utilisé au Zimbabwe. Mais, grâce aux nouvelles lois introduites en 2018, les entreprises peuvent maintenant cultiver du cannabis à des fins médicinales et en exporter les produits vers d’autres pays.

Au moment de la rédaction du présent article, une seule entreprise privée avait obtenu une licence de production de cannabis à des fins médicinales et commencé à le cultiver.

Peut-on envoyer des graines de cannabis vers le Zimbabwe ?

La loi sur les drogues dangereuses (Dangerous Drugs Act) stipule que « la totalité ou toute partie » de la plante de cannabis est illégale, y compris ses graines. Toutefois, elle exempte les graines qui ont été « écrasées, broyées ou autrement transformées de manière à en empêcher la germination. »

Cela signifie que si les graines ne peuvent pas être utilisées pour cultiver des plantes de cannabis, elles sont légales pour l’achat, l’utilisation et la vente. Quant à l’envoi postal vers le pays, les graines doivent être conformes à la loi pour être légales.

Le cannabis médicinal au Zimbabwe

En 2018, le gouvernement du Zimbabwe a annoncé qu’il était en train de légaliser la culture du cannabis médicinal, ce qui en fait le deuxième pays africain à prendre cette mesure. Cependant, un mois seulement après l’annonce initiale, les plans ont été suspendus en raison de problèmes de conformité. Le cannabis est également toujours considéré comme une « drogue dangereuse » dans les documents juridiques du pays.

Vers la fin de l’année, les choses ont repris leur cours normal. En février 2019, plus de 200 investisseurs étrangers et locaux avaient manifesté leur intérêt à profiter de cette opportunité. A ce jour, 37 entreprises ont été autorisées, mais, parmi celles-ci, une seule a réellement commencé à cultiver du cannabis.

Le chanvre industriel au Zimbabwe

Les modifications apportées à la loi signifient que les entreprises peuvent demander des licences pour cultiver du cannabis à des fins médicales et de recherche. A l’heure actuelle, il n’existe pas de telles licences pour la production du chanvre industriel.

Mme Zorodzai Makovere (du Zimbabwe Industrial Hemp Trust) a exprimé son opinion sur la question : « Il y a un mouvement mondial en faveur du cannabis et le Zimbabwe a un énorme avantage compétitif par rapport aux pays qui ont lancé cette tendance jusqu’à présent, » a-t-elle déclarée. « Le gouvernement l’a jugé bon, parce qu’on se penche non seulement sur les avantages économiques, mais aussi sur les avantages médicinaux qui découlent non seulement du cannabis médicinal, mais aussi du cannabis industriel. »

Les experts affirment que la plante a plus de 25 000 utilisations et offre des avantages économiques considérables.

Bon à savoir

Si vous allez visiter le Zimbabwe (ou y vivez actuellement), il est utile de savoir que :

L’histoire du cannabis

Le cannabis est cultivé et utilisé au Zimbabwe depuis des centaines d’années. Il s’appelait à l’origine mupanjere, c’est-à-dire « l’arbre qui donne la sagesse » et était apprécié par les anciens zimbabwéens pour ses propriétés curatives. Il était également utilisé dans les rituels religieux.

Dans certaines cérémonies traditionnelles, le cannabis était consommé (accompagné de musique mbira) comme moyen d’interaction avec les esprits ancestraux. Cette pratique était répandue un peu partout dans cette région du continent.

En effet, ces pratiques traditionnelles se poursuivent encore aujourd’hui. La « Zimbabwe National Practitioner’s Association » (Association nationale des professionnels), en réponse à l’annonce faite par le gouvernement de son intention de légaliser la culture médicinale du cannabis, a commenté : « Cette drogue fait partie intégrante de notre phytothérapie… nous l’avons toujours utilisée pour guérir certaines maladies et pour l’exorcisme. »

Les attitudes à l’égard du cannabis

Le cannabis est largement utilisé dans le pays (bien que certains chiffres suggèrent que sa prévalence soit moindre que dans les pays voisins). Il est aussi relativement facile de s’en approvisionner, les zimbabwéens l’appelant « imbange » ou « mbange » (qui dérive probablement du mot sanskrit bhanga) ou « dagga ».

Le cannabis fait depuis longtemps partie intégrante de la médecine traditionnelle au Zimbabwe et certains l’utilisent aussi en cosmétique pour renforcer leurs cheveux et favoriser la croissance capillaire.

Il y a aussi un mouvement pro-légalisation (petit mais bruyant) dans le pays, ce qui est inusité pour un pays africain. Cependant, beaucoup de gens croient que le cannabis est une drogue dangereuse qui cause des maladies mentales, bien qu’il n’y ait aucune preuve à l’appui (et les reportages sensationnalistes des médias alimentent davantage cette négativité).

Le cannabis où est-il cultivé ?

La district de Binga est le cœur de la culture du cannabis au Zimbabwe. Son paysage accidenté et son climat tropical sont, en effet, idéaux pour la croissance de la plante. C’est aussi l’un des districts les plus sous-développées du pays et la plupart des habitants sont d’ethnie tonga. L’administration locale considère le cannabis comme culturellement important pour le peuple tonga, bien que le Binga soit toujours régi par les lois nationales sur les drogues du Zimbabwe.

Le cannabis est également cultivé à Chipinge, Chiredzi, Ruangwe et Nyanga, qui se trouvent tous dans les hauts plateaux de l’est, ainsi qu’à Mtolo dans le nord-est. La grande majorité du cannabis produit est destinée à la consommation intérieure, bien que de petites quantités soient parfois introduites en contrebande en Afrique du Sud.

La plupart des plantations sont petites et gérées par des agriculteurs locaux qui ont des difficultés financières. Au cours des dernières années, de plus grandes fermes ont commencé à apparaître, très probablement en réponse à la demande accrue. Par exemple, en 2009, une plantation de trois hectares a été découverte à Umzingwane et les fermes de 10 000 plantes s’implantent de plus en plus dans ce district.

Le cannabis sera-t-il légalisé à l’avenir ?

Certes, le Zimbabwe fait de grands pas en avant avec le cannabis. La décision progressiste du gouvernement d’en légaliser la culture à des fins médicinales a transformé petit à petit le pays et il est possible que le chanvre industriel soit aussi légalisé et qu’un programme de cannabis médicinal soit introduit.

Bien qu’il soit un pays frontalier de l’Afrique du Sud (qui a récemment dépénalisé la consommation personnelle de cannabis), le Zimbabwe semble avoir une attitude plus conservatrice. Par conséquent, la légalisation de l’usage récréatif du cannabis semble peu probable dans un futur proche.

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    L’équipe de rédaction de Sensi Seeds regroupe des botanistes, des experts médicaux et juridiques ainsi que certains des activistes les plus renommés tels Dr Lester Grinspoon, Micha Knodt, Robert Connell Clarke, Maurice Veldman, Sebastian Marincolo, James Burton et Seshata.
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  • Maurice_Veldman

    Maurice Veldman

    Maurice Veldman est membre de l’Association néerlandaise des avocats criminalistes et il est l’un des avocats en matière de cannabis les plus réputés des Pays-Bas. Avec ses connaissances du droit administratif et pénal acquises au cours de 25 années d’expérience, il défend les vendeurs de cannabis et les producteurs de chanvre en faisant valoir les inégalités entre les individus et l’Etat
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