by Silent Jay on 11/07/2016 | Medicinal

Cannabis et asthme : Conseils et mises en garde d’un patient

Asthme Le sujet du cannabis et de l’asthme est relativement célèbre au sein de la communauté des patients et des médecins. Plusieurs patients savent que le cannabis apporte des bienfaits à leur vie. Il subsiste toutefois un tabou en vertu du fait que les effets de la plante et les méthodes de consommation semblent quelque peu contraires à la nature et les symptômes de l’asthme.


Sensi Seeds a déjà écrit au sujet de la mécanique derrière les propriétés thérapeutiques du cannabis pour les patients souffrant d’asthme, ainsi que des principales propriétés qui soulagent les symptômes de l’asthme.

Dans cet article, nous vous présentons une gamme de conseils et d’astuces afin que vous puissiez mieux concilier cannabis et asthme.

Rencontrez le patient

Mark est Hollandais et expert en cannabis. Nous avons l’honneur de la compter parmi les membres de l’équipe de Sensi Seeds. Il habite les Pays-Bas où le climat peut être très humide et l’air saturé de graines de pollen et de particules végétales, même dans les grandes villes, et surtout au printemps.

Mark a souffert d’asthme toute sa vie, et cela fait plus de vingt ans qu’il consomme du cannabis pour alléger ses symptômes.
Afin de vous fournir une référence concrète, voici les détails concernant la manière dont Mark gère sa maladie et la sévérité de ses symptômes.

Traitement pharmaceutique : Ventolin, 1 inhalation par jour, Flixotide, 1 à 2 inhalations par jour.

Traitement au cannabis : Vaporisation quotidienne de fleurs de cannabis sèches (environ deux grammes par jour).

Activité physique : Majoritairement sédentaire, marche quotidienne à un rythme normal.

Antécédents : Symptômes très aigus (difficultés quotidiennes + crises fréquentes + visites répétées à l’urgence + traitements antibiotiques) devenant gérables (traitement pharmaceutique mentionné + difficultés une ou deux fois par année).

Toutes ces années de médication au cannabis ont permis à Mark d’accumuler de grandes connaissances empiriques au sujet de ce qui lui convient le mieux en ce qui concerne le cannabis et l’asthme. Voici ses conseils et ses mises en garde.

Cannabis et asthme : Que faire ?

Opter pour la vaporisation

Le cannabis a le potentiel de soulager les symptômes qui accompagnent l’asthme, peu importe la méthode de consommation. Cependant, cela ne signifie pas que toutes les méthodes soient aussi efficaces les unes que les autres. Cela ne veut pas non plus dire qu’avoir recours aux méthodes moins appropriées aux personnes souffrant d’asthme soit complètement dépourvu d’inconvénients. Les éléments clés sont les suivants :

  • Sécurité optimale
  • Potentiel de soulagement instantané
  • Dosage contrôlable et efficacité

Fumer le cannabis est toujours une option, mais en fonction de la sévérité de votre condition, cette méthode pourrait aggraver les crises asthmatiques, ou même les déclencher. En revanche, manger des aliments contenant du cannabis peut présenter des avantages à long terme, mais en raison de certaines variables, tel le délai à ressentir les effets après l’ingestion de l’aliment, cette méthode n’est pas efficace en cas de crise, par exemple. C’est pourquoi la vaporisation représente la meilleure méthode de traitement d’urgence en cas de crise. Elle permet d’assimiler presque totalement les cannabinoïdes, et les risques qu’elle pose pour les poumons sont minimes.

Bien sûr, fumer le cannabis n’est pas dommageable pour les personnes en santé. Toutefois, les personnes souffrant d’asthme doivent éviter tout ce qui pourrait détériorer la qualité des éléments chimiques qui pénètrent dans leur système respiratoire.

Choisir le meilleur vaporisateur qui soit

Inutile de mentionner que la qualité du vaporisateur revêt une importance extrême, même pour un usage strictement récréatif. En termes simples, un vaporisateur mal conçu ou non adapté ne vaporisera pas convenablement. Par exemple, il pourrait brûler le cannabis au lieu de le vaporiser, ce qui rendrait l’expérience futile.

Et bien sûr, si vous utilisez un tel vaporisateur et souffrez d’une condition respiratoire, vous pourriez en retirer plus d’inconvénients que de bienfaits.

Il peut être tentant d’acheter un vaporisateur de la taille d’un crayon pour des raisons de mobilité. Cependant, plus le vaporisateur est petit, moins il est le potentiel de fournir les éléments clés. Son rendement est nettement inférieur, voire, nul.

Selon ces renseignements, les vaporisateurs de table ont tendance à fournir un bon rendement. Certains vaporisateurs portables peuvent aussi convenir. Sensi Seeds affectionne particulièrement deux vaporisateurs conçus par nos amis chez Storz and Bickel, et plusieurs d’entre nous les recommandent hautement – incluant Mark, notre patient interviewé.

Vous pouvez obtenir de l’information au sujet du Crafty et du Mighty sur notre boutique en ligne :

Vaporisateur Crafty

Vaporisateur Mighty

Apprendre à vaporiser le cannabis

Les consommateurs récréatifs de cannabis n’ont souvent qu’un seul objectif en tête lorsqu’ils commencent à vaporiser : inhaler de la vapeur. Ainsi, cet objectif unique mène la plupart d’entre nous à développer avec le temps une méthode de vaporisation satisfaisante.

Cependant, la vaporisation à des fins médicales implique non seulement d’inhaler suffisamment de vapeur, mais aussi, de le faire de manière efficace sans aggraver la situation. Par exemple, une violente quinte de toux peut rapidement transformer une crise en une grave situation d’urgence.

Méthode de vaporisation optimale selon Mark : Lentement mais sûrement, voilà la formule gagnante. Prenez de petites inhalations, comme si vous buviez un lait frappé onctueux. Essayez d’établir un rythme régulier en alternant calmement la respiration et la vaporisation. Prenez une inhalation par la bouche dans le vaporisateur, suivie de trois respirations normales (par le nez, si possible). Inhalez de la vapeur pendant trois à cinq secondes, mais jamais plus longtemps que dix secondes. Retenez la vapeur dans vos poumons durant une seconde ou deux, puis expirez-la calmement.

Optimiser l’expérience de vaporisation

Une fois que vous avez trouvé le vaporisateur de vos rêves et que vous maîtrisez le rythme de vaporisation qui vous convient le mieux, vous êtes bien avancé. Mais certains détails peuvent quand même représenter des obstacles !
Évitez d’avoir à subir des conséquences sur votre système respiratoire en ayant à porter de la main les éléments essentiels suivants :

  • Gorge sèche/irritée: assurez-vous d’avoir à votre disposition une grande bouteille d’eau afin d’en prendre des gorgées au besoin (n’attendez pas d’avoir des démangeaisons ou de commencer à tousser).
  • Épargnez vos poumons: commencez à vaporiser à basse température (180C) et augmentez la chaleur graduellement sans excéder 220C. Inhaler de l’air trop chaud n’est pas recommandé pour les poumons.
  • Inhalation de matière végétale: assurez-vous que votre vaporisateur est muni d’un filtre fait de mailles afin d’éviter que des particules parviennent à vos poumons, particulièrement si vous souffrez du rhume des foins, une condition qui accompagne souvent l’
  • Au sujet du rhume des foins: ne vous frottez pas les yeux après avoir manipulé des fleurs de cannabis.
  • Nettoyez régulièrement votre équipement de vaporisation avec de l’alcool et des lingettes sans peluches.

Modifier le vaporisateur en y incorporant une pipe à eau

Plusieurs vaporisateurs, surtout ceux de table, sont munis de raccords qui permettent l’incorporation d’un appareil supplémentaire. Une pipe à eau incorporée à votre vaporisateur vous permettra de faire passer la vapeur dans de l’eau chaude, ce qui est très bénéfique lorsque vos poumons sont en mauvais état.
Assurez-vous cependant que l’eau n’est pas trop chaude, ce qui pourrait avoir des effets néfastes. Si vous sentez que vos poumons sont remplis de mucus, optez pour une expérience de vaporisation à sec. Un air chaud et sec est bénéfique à la santé de vos poumons.

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Utiliser le meilleur cannabis qui soit

Une foule de propriétés médicinales sont attribuées au cannabis. Évidemment, ce ne sont pas toutes les variétés de cannabis qui sont appropriées à vaporiser par le patient souffrant d’asthme. Une fois que vous avez trouvé le vaporisateur idéal, il est important de déterminer la variété de cannabis qui est la mieux adaptée à votre condition, et les conditions favorables à la consommation.

Conseil de Mark pour trouver votre variété : Je préfère les variétés puissantes et bien manucurées d’indica. Elles me conviennent sur le plan de la relaxation musculaire et m’apaisent l’esprit. La puissance du cannabis dépend de la tolérance du patient. Le cannabis frais est moins efficace, puisqu’il est trop humide (et pour cette raison, ne vous fiez pas à l’huile de cannabis comme traitement). De plus, comme le cannabis frais est moins puissant, il faut en consommer davantage. Les crises d’asthme sont effrayantes, alors allez-y pour une variété qui vous apaisera.

Cannabis et asthme : Mises en garde

Éviter de fumer du tabac, et même du cannabis

La fumée de tabac est extrêmement nocive pour les poumons, surtout à long terme. Pour les personnes qui souffrent d’asthme, les méfaits peuvent se manifester instantanément.

Selon le niveau de sévérité de votre asthme, il peut aussi être dommageable de fumer du cannabis. La vaporisation fournit des effets presque similaires, et ne représente virtuellement aucun danger.

Ne pas utiliser de concentrés de cannabis (pour un usage médicinal)
La popularité des concentrés (ou dabs) de cannabis ne cesse d’augmenter, et leur utilisation médicale aussi. Cependant, en cas d’asthme, ils sont tout simplement inadéquats. Le dabbing n’est pas équivalant à la vaporisation ; cette technique a le potentiel d’exposer les poumons à une expérience trop costaude. De plus, la puissance de la plupart des dabs peut poser un risque, surtout si vous êtes déjà dans un état de stress/anxiété.

Continuer le traitement pharmaceutique

Il peut être tentant d’abandonner votre traitement pharmaceutique, surtout lorsque l’efficacité du cannabis dépasse toute attente. Cependant, les preuves anecdotiques, dont cet article, ne sont pas suffisantes pour garantir l’innocuité du cannabis dans tous les cas d’asthme.
Les crises d’asthme sont de nature difficile à prévoir, étant déclenchées par une foule de facteurs environnementaux, alimentaires ou psychologiques. Ironiquement, il est possible que le simple fait de réaliser que vous n’avez pas votre vaporisateur dans votre poche déclenche une petite crise de panique qui peut se détériorer en un symptôme asthmatique. Ne sous-estimez jamais les effets multiples que peuvent avoir vos médicaments d’ordonnance, même s’il ne s’agit que d’un effet placebo.

Connaître ses limites

Si, pour une raison ou une autre, le cannabis semble détériorer votre état plus qu’il ne l’améliore, cessez d’en consommer. Ce problème peut survenir pour nombre de raisons.
Vaporisez selon la méthode étape par étape de Mark décrite ci-haut. Par exemple, si vous inhalez une trop grande quantité de vapeur en toute confiance que votre traitement est efficace, vos poumons pourraient en souffrir, surtout durant une crise.

L’importance de la première expérience avec le cannabis

Attendre la survenue des symptômes de l’asthme n’est pas le meilleur moment d’essayer de se traiter au cannabis pour la première fois.

Essayez plutôt d’expérimenter avec le cannabis dans un contexte paisible et sécuritaire, et en l’absence de symptômes respiratoires. Il est important de connaître suffisamment son corps et sa réaction à la consommation de différentes doses de cannabis. Cela veut dire que vous devriez être prêt à réagir à toute difficulté issue de votre manque d’expérience : toux, mauvais dosage, etc. Une fois que vous comprenez bien comment la vaporisation affecte la respiration, la gorge et la bouche, vous pouvez commencer à y avoir recours pour soulager certains symptômes (essoufflement, point à la poitrine), pour vous aider à récupérer après une crise et même pour contrer une vraie crise d’asthme.

Ne pas accorder préséance au désir de consommer du cannabis sur sa vie

Nous comprenons l’enthousiasme suscité par la découverte d’une solution naturelle, non invasive et possiblement plus efficace à un problème médical. Cependant, de la même manière que vous ne devez pas vous fier uniquement à votre inhalateur pour vous maintenir en santé et hors de danger, le cannabis ne devrait pas représenter votre bouée de sauvetage. Ayez votre inhalateur à disposition, et si vous commencez à ressentir les symptômes avant-coureurs d’une crise, faites preuve d’objectivité et appelez le médecin, si nécessaire.

 

Souffrez-vous d’asthme ? C’est le cas de Mark, l’interviewé, et Jay, l’intervieweuse. Partagez votre expérience personnelle au sujet de l’asthme et du cannabis dans la section de commentaires ci-dessous !

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