Cinq principaux bienfaits du cannabis pour le diabète

La prévalence mondiale du diabète ne cesse d’augmenter, et il est plus qu’urgent de trouver une solution viable. Les scientifiques étudient les effets du cannabis pour prévenir le diabète et l’obésité, l’une des plus importantes causes de la maladie. Le cannabis pourrait offrir de nombreux bienfaits pour les personnes souffrant du diabète, en voici cinq.

Le diabète est un terme qui désigne un groupe de troubles métaboliques caractérisés par un niveau élevé et prolongé de glucose dans le sang. Le diabète affecte près de 420 millions de personnes dans le monde (2014), entraînant des millions de morts par an – et sa prévalence ne fait qu’augmenter. Des preuves substantielles indiquent que le cannabis peut aider à prévenir et traiter cette maladie.

Il existe deux types de diabète :

  1. Il est de type 1 lorsque le système immunitaire attaque et détruit les cellules bêta qui produisent de l’insuline dans le pancréas, ce qui impose l’injection d’insuline. La cause demeure inconnue, et ce type peut survenir à tout âge.
  2. Il est de type 2 lorsque le corps n’utilise pas l’insuline efficacement. Le type 2 est plus courant que le type 1. De nombreuses causes connues peuvent expliquer son apparition, une prédisposition génétique et le mode de vie étant les deux plus importantes. Le diabète de type 2 affecte principalement les adultes, mais de plus en plus d’enfants commencent à le développer.

1.  Le cannabis pour prévenir le diabète

Le diabète est associé à un niveau élevé d’insuline à jeun et de résistance à l’insuline, ainsi qu’à un niveau faible de cholestérol des lipoprotéines de haute densité (HDL-C). En 2013, l’American Journal of Medicine a publié les résultats d’une étude de cinq ans sur les effets du cannabis sur le niveau d’insuline à jeun et de résistance à l’insuline. Sur les 4 657 personnes ayant répondu à cette enquête, 2 554 avaient déjà consommé du cannabis (579 étaient des consommateurs actuels et 1 975 des anciens consommateurs) et 2 103 n’en avait jamais consommé.

Les chercheurs ont constaté que les consommateurs actuels avaient un niveau d’insuline à jeun inférieur de 16 % à celui de ceux qui n’avaient jamais consommé de cannabis, ainsi qu’une différence de 17 % concernant la résistance à l’insuline et le niveau d’HDL-C. Les personnes qui avaient déjà consommé du cannabis mais qui n’en consommaient plus montraient des résultats similaires, bien que moins prononcés, indiquant que les effets protecteurs du cannabis s’estompent avec le temps.

Les chercheurs ont également analysé les données qui excluaient les personnes diagnostiquées comme diabétiques. Même en excluant les diabétiques, les consommateurs de cannabis actuels présentaient des niveaux plus bas d’insuline à jeun et de résistance à l’insuline, indiquant que le cannabis peut prévenir l’apparition du diabète, mais aussi aider à en contrôler les symptômes lorsque la maladie est déclarée.

2.  Le cannabis diminue la résistance à l’insuline

En cas de résistance à l’insuline (ou insulino-résistance), les cellules rejettent le mécanisme normal de l’insuline, une hormone produite par le pancréas essentielle à la régulation du taux de glucose dans l’organisme. L’insulino-résistance est associée au diabète de type 2. Dans le diabète de type 1, le corps est incapable de produire de l’insuline, alors que dans le diabète de type 2 la production d’insuline n’est pas affectée, mais les cellules sont incapables de la transformer.

Quand les cellules deviennent résistantes à l’insuline, elles sont incapables d’absorber le glucose nécessaire pour leur fournir de l’énergie, et le glucose non assimilé s’accumule dans le sang, entraînant une hyperglycémie.

Les auteurs de l’étude de 2013 ont découvert que les consommateurs de cannabis avaient un taux d’insulino-résistance moyen de 1,8, comparé à 2,2 pour les anciens consommateurs et 2,5 pour ceux n’ayant jamais consommé de cannabis. Les consommateurs de cannabis avaient également un taux de glucose dans le sang inférieur à celui des anciens consommateurs et des non-consommateurs. Les consommateurs avaient un taux de glucose moyen de 99,7 ml/dl, comparé à 100,6 mg/dl pour les anciens consommateurs et 103,5 mg/dl pour les non-consommateurs. Cependant, le mécanisme précis par lequel les cannabinoïdes exercent leur effet sur l’insulino-résistance demeure inconnu.

3.  Le cannabis pour prévenir l’obésité

L’obésité, un indice de masse corporel (IMC) élevé et un large tour de taille sont tous des facteurs de risque de diabète de type 2. Plusieurs études ont été menées sur la relation entre la consommation de cannabis et l’IMC, avec des résultats contradictoires. Une étude menée auprès de jeunes adultes en 2005 a montré que la consommation de cannabis n’entraînait pas de changement de l’IMC, mais deux autres études menées au niveau national ont constaté un IMC sensiblement plus bas et un niveau réduit d’obésité chez les consommateurs de cannabis, en dépit d’un apport calorique quotidien plus élevé que la normale. L’étude de 2013 discutée ci-haut a montré que les consommateurs de cannabis avaient en moyenne un tour de taille inférieur à celui des anciens consommateurs et des non-consommateurs.

Bien que les mécanismes régissant la relation complexe entre le système endocannabinoïde, l’obésité et le diabète ne soient pas encore entièrement connus, une étude menée en 2012 a démontré que des rats obèses perdaient beaucoup de poids et voyaient le poids de leur pancréas augmenter après avoir reçu un extrait de cannabis biologique.

L’augmentation du poids du pancréas indique que les cellules bêta du pancréas (qui produisent l’insuline) sont protégées par la présence des cannabinoïdes. Dans le diabète de type 1 où les cellules bêta sont détruites par une réponse auto-immunitaire, leur protection pourrait aider à contrôler la maladie.

4.  Le cannabis pour traiter la neuropathie diabétique   

Les personnes qui souffrent de diabète souffrent souvent de troubles nerveux liés à leur maladie. Les lésions nerveuses affectent souvent les extrémités comme les mains ou les pieds, mais elles peuvent apparaître sur n’importe quel organe ou n’importe quelle partie du corps. Ces lésions peuvent ne pas causer de symptômes mais, dans de nombreux cas, ce trouble est accompagné de douleurs, de picotements ou d’un engourdissement. Comme pour les autres formes de douleurs nerveuses, la neuropathie diabétique peut être difficile à traiter avec des analgésiques conventionnels. Il existe cependant des preuves indiquant que le cannabis a également un rôle à jouer dans ces situations.

Une étude publiée en 2009 a exploré les effets antinociceptifs (antidouleur) de l’extrait de cannabidiol chez des rats atteints de neuropathie diabétique. Les auteurs ont constaté que l’administration répétée d’extrait de CBD « soulageait significativement » l’allodynie mécanique (la réponse douloureuse à un stimulus normalement indolore) et rétablissait une perception normale de la douleur sans entraîner d’hyperglycémie.

Ils ont également observé que ce traitement protégeait le foie du stress oxydant (dont on pense qu’il est un facteur majeur de développement de la neuropathie) et faisait augmenter le facteur de croissance nerveuse jusqu’à un niveau normal.

Cependant, les études concernant les humains ont donné des résultats beaucoup moins positifs. En 2009 également, un essai clinique randomisé contrôlé a été mené pour étudier la capacité du spray Sativex, du laboratoire GW Pharmaceuticals, à soulager les symptômes de la neuropathie périphérique diabétique. Trente sujets ont reçu soit du Sativex, soit un placebo. Les résultats de douleur étaient significativement meilleurs pour les deux groupes, bien que le Sativex n’ait pas donné de résultats significativement meilleurs que le au placebo.

5.  Le cannabis pour traiter la rétinopathie diabétique

Près de 80 % des patients diabétiques depuis plus de dix ans souffrent d’une complication appelée rétinopathie diabétique où les cellules de la rétine sont progressivement endommagées. Chaque année, aux Etats-Unis, cette maladie est responsable d’environ 15 % des nouveaux cas de cécité.

La rétinopathie diabétique est associée à la dégradation en réponse au glucose de la barrière hémato-rétinienne externe, un réseau de cellules très compact qui empêche certaines substances sanguines non désirables de pénétrer le tissu rétinien. Cette dégradation expose le tissu neural à des neurotoxines et augmente le risque de saignement dans la rétine.

On pense que les processus de la réponse immunitaire pro-inflammatoire et du stress oxydatif jouent un rôle clé dans la dégradation des cellules rétiniennes. Il a été démontré que le cannabidiol peut être utile pour le traitement de ces troubles, en raison de ses qualités anti-stress oxydatif et anti-inflammatoires.

Dans une étude publiée en 2006 dans l’American Journal of Pathology, du CBD des rats diabétiques auxquels du CBD avait été administré ont été testés pour déterminer le taux de mortalité des cellules rétiniennes. Le traitement au CBD s’est avéré réduire considérablement le stress oxydatif et la neurotoxicité tout en apportant une protection contre la mort des cellules rétiniennes et la dégradation de la barrière hémato-rétinienne, incluant une réduction des taux du facteur alpha de nécrose tumorale (TNFα), une substance connue pour son implication dans la réponse inflammatoire.

Bien que l’opinion populaire et les stéréotypes attribuent au cannabis des effets négatifs sur l’indice de masse corporelle, la tour de taille et le diabète, les preuves scientifiques suggèrent que ce n’est pas le cas. De manière générale, les consommateurs de cannabis ont un plus faible risque de développer le diabète et de l’obésité, condition première dans l’apparition du diabète de type 2.  

  • Disclaimer:
    Cet article ne remplace aucun conseil, diagnostic ou traitement d’un professionnel médical. Consultez toujours votre médecin ou tout autre professionnel de la santé habilité. Ne tardez pas à obtenir des conseils médicaux et n’ignorez aucune recommandation médicale après avoir lu tout contenu de ce site web. 

Comments

7 réflexions sur “Cinq principaux bienfaits du cannabis pour le diabète”

  1. vous devriez donner toutes les références scientifiques de vos affirmations ,juste pour comprendre bien le mécanisme des bienfaits du Cannabis.
    Car pour l’instant vous affirmerez, vous écrivez sauf une fois ou vous parler d’effet placebo …cela fait beaucoup trop penser aux cigarettiers qui vantaient leurs cigarettes ou les professeurs marseillais qui vantent encore sans aucune réelle étude l’effet thérapeutique de la Chloroquine ….

    1. Scarlet Palmer - Sensi Seeds

      Bonjour Blancher,

      Les références scientifiques pour toutes les allégations faites dans cet article sont liées dans le texte. Vous pouvez les lire en cliquant sur le texte en bleu. Nous prenons notre rôle très au sérieux et nous nous engageons à ne publier que les informations qui ont été vérifiées par des études appropriées. En outre, tous nos articles relatifs à la médecine et à l’utilisation médicale du cannabis ont été vérifiés par un médecin.

      Avec nos meilleurs vœux,

      Scarlet

    1. Scarlet Palmer - Sensi Seeds

      Bonjour Medina,

      Merci d’avoir laissé un commentaire. Nous sommes désolés d’apprendre votre situation. Comme Sensi Seeds n’est pas une agence médicale, nous ne pouvons vous donner d’autres conseils médicaux que celui d’aller consulter votre professionnel de la santé habilité. Vous pourriez montrer cet article sur les bienfaits potentiels du cannabis médical à votre professionnel de la santé s’il aimerait se familiariser avec le sujet.

      Vous pourriez également contacter un groupe de soutien de patients se traitant au cannabis médical. Au RU, il existe le United Patients Alliance, et presque partout dans le reste de l’Europe, vous pouvez contacter NORML qui devrait être en mesure de vous diriger vers un groupe de votre région (faites une recherche en utilisant United Patients Alliance ou NORML suivi du nom de votre région).

      Voici nos pages sur le cannabis médical et sur nos variétés de cannabis médical , elles pourraient vous être utiles.

      Nous vous souhaitons la meilleure des chances,

      Scarlet

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    Sanjai Sinha

    Dr Sanjai Sinha est membre du corps enseignant du Centre médical Weill Cornell de New York où il reçoit des patients, enseigne aux médecins résidents et aux étudiants en médecine et fait de la recherche en services de santé. Il prend soin d’éduquer ses patients et pratique la médecine fondée sur les preuves. Son grand intérêt pour l’examen médical est nourri de ces passions.
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