by Martijn on 16/10/2013 | Cannabis News Culturel

La préhistoire du cannabis et les migrations ancestrales vers le Nouveau Monde : partie 1

L'histoire du cannabis aux Amériques est un vrai mystère qui n'a pas encore été complètement élucidé, et pour ce faire, il est important d'analyser la relation entre l'homme et cette plante depuis les temps anciens. Bien que peu de littérature ait été publiée à ce sujet, et encore moins de recherches entreprises, nous pouvons dater la présence du Cannabis sativa L. avant l'arrivée des Espagnols sur ce continent, même s'il ne faisait pas l'objet d'une production à grande échelle.


Reconstitution scientifique d'un Homo Job-Helene (Source: Wikipedia)
Reconstitution scientifique d’un Homo Erectus Job-Helene (Source: Wikipedia)

L’histoire du cannabis aux Amériques est un vrai mystère qui n’a pas encore été complètement élucidé, et pour ce faire, il est important d’analyser la relation entre l’homme et cette plante depuis les temps anciens.

Bien que peu de littérature ait été publiée à ce sujet, et encore moins de recherches entreprises, nous pouvons dater la présence du Cannabis sativa L. avant l’arrivée des Espagnols sur ce continent, même s’il ne faisait pas l’objet d’une production à grande échelle.

En dépit des nombreuses thèses concernant la date exacte de la première apparition des humains sur le continent américain, on est généralement d’accord pour dire que cela s’est produit il y a environ 14 000 ans, lorsque plusieurs groupes ont migré en provenance directe de l’Asie, terre d’origine du cannabis, par le détroit de Béring. (Pour voir une video (anglais) de Carl Ruck à la conférence Cannabis Roots, cliquez ici.)

Homo Erectus

La sous-classe des Rosidae remonte à 100 millions d’années, et le cannabis étant plus ancien que la race humaine, la relation entre l’homme et cette plante a dû commencer avec l’Homo erectus il y a environ 1,7 million d’années. Homo erectus était un hominidé grand et solidement bâti à la boîte crânienne imposante, très doué pour fabriquer des outils. En outre, c’est à cet hominidé que l’on doit la maîtrise du feu. Homo erectus est apparu en Afrique et s’est disséminé dans toute l’Asie et l’Europe. Au cours des centaines de milliers d’années qui ont suivi, il est devenu la première espèce nomade à migrer sur l’ensemble de la planète. Par conséquent, des humains primitifs au sens pratique aiguisé, devenus experts en survie dans des milieux extrêmement hostiles, pouvaient difficilement ignorer une plante qui pouvait offrir de la fibre, du bois et de l’huile, et qui avait des pouvoirs magiques et religieux.

De nombreuses nouvelles variations génétiques humaines ont été découvertes dans diverses parties du globe, telles que les dernières découvertes en Russie ou celles d’un « homme » découvert en Asie.

Peut-être l’Homo erectus a-t-il été décimé par un autre groupe, ou bien l’espèce a disparu à cause du manque de ressources naturelles. Quoi qu’il en soit, les techniques de survie développées par cette espèce d’hominidé ont été transmises et améliorées.

Les restes de cannabis les plus anciens

On situe la disparition de l’homme de Néandertal, Homo neanderthalensis, entre 28 000 et 230 000 ans avant notre ère, et au cours des 1,5 million d’années passées de nombreuses espèces humaines se sont également éteintes, telles que l’Homo floreciensis disparu il y a environ 12 000 ans. Homo sapiens est la seule espèce survivante du genre Homo.

le détroit de Béring
Le détroit de Béring.

Avec un aussi grand nombre de races qui se sont développées et ont interagi, il est facile d’imaginer comment la plante a pu voyager avec les humains qui ont migré en passant par le détroit de Béring, ou même traversé la planète par d’autres itinéraires. Les plus anciens restes archéologiques de cannabis ont été découverts à Taiwan et remontent à environ 10 000 ans, alors que les plus anciens restes trouvés en Amérique remontent à 3 000 avant J.-C. Selon certaines théories, le détroit de Béring pourrait avoir gelé, créant un pont de glace emprunté par les peuples antiques originaires des régions plus au sud comme l’Afrique pour se rendre dans le Nouveau Monde. Ces peuples nomades étaient des éleveurs de bétail, et bon nombre d’entre eux ont suivi les routes du commerce. Toutefois, des migrations de masse se sont également produites, souvent provoquées par des catastrophes naturelles.

Le peuple Clovis

La culture Clovis, qui doit son nom à une ville du Nouveau-Mexique où elle a été identifiée pour la première fois, est considérée comme étant la culture humaine la plus ancienne du Nouveau Monde. La datation au carbone 14 d’une colonie indigène datant du pléistocène a révélé que les restes dataient d’environ 13 500 ans. En outre, sur le site d’El Fin del Mundo dans l’État mexicain de Sonora, des objets pour la chasse provenant du peuple Clovis ont été découverts et remonteraient à 13 000 ans avant nos jours.

Bien que certaines preuves archéologiques semblent conforter la théorie selon laquelle des peuples se seraient établis dans le Nouveau Monde avant l’ère Clovis, la plupart des archéologues pensent que le peuple Clovis a été le premier à habiter le continent américain. Le premier élément venant confirmer cette thèse est l’absence de preuve tangible de toute présence humaine avant l’ère Clovis.

La théorie généralement acceptée situe la date de la première occupation humaine du Nouveau Monde au moment où le peuple Clovis s’est frayé son chemin vers l’Amérique du Nord en traversant le détroit de Béring grâce au pont terrestre de Béring, une bande de terre qui reliait la Sibérie à l’Alaska pendant une période d’abaissement du niveau des océans à l’ère glaciaire. Lorsque les glaciers se sont retirés, le peuple Clovis a fait route vers le sud par un corridor libre de glace situé à l’est des montagnes rocheuses.

La période pré-Clovis en Amérique

Cependant, un certain nombre de sites archéologiques ont livré la preuve de la présence d’une population remontant avant l’ère Clovis aux Amériques. En Amérique centrale et australe, ces sites suggèrent la présence de cultures bien plus anciennes, et les archéologues ont longtemps partagé cette théorie grâce à des exemples tels que les sites de Monte Verde I et II près de Puerto Montt au Chili, découverts en 1997, qui contiennent la preuve d’une présence humaine remontant à 13 000 ans avant notre ère (Bonatto & Bolzano, 1997), et même à plus de 20 000 ans avant notre ère.

Une carte ancienne d'Amérique.
Une carte ancienne d’Amérique.

Piedra Museo, à Santa Cruz, Argentine, est un site archéologique découvert vers 1910 par Florentino Ameghino, un archéologue à qui l’on doit la classification de pas moins de 9000 espèces animales éteintes dont la plupart ont été découvertes par lui. Encore aujourd’hui, ses catalogues ont une valeur inestimable pour les universitaires du monde entier. En 1995, Laura Miotti, également originaire d’Argentine, a analysé des restes qui remontent à 12 890 ans.

Les peintures rupestres du site de Pedra Furada à São Raimundo Nonato, à l’est de Piauí au Brésil, ont été découvertes par une équipe franco-brésilienne en 1973. Des objets datant de 32 000 à 60 000 ans y ont été retrouvés, ce qui suggère que des humains d’Afrique du Nord ont voyagé à bord de ce qui devait être des milliers d’embarcations rudimentaires jusqu’aux côtes du Brésil actuel, pendant que la culture Clovis se développait au nord. Certaines villes situées le long de la côte Atlantique ont même des noms africains.

A suivre.

Auteur : David Hurtado

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