by Seshata on 12/06/2015 | Medicinal

Les 6 bienfaits principaux du cannabis pour l’asthme

Medicinal L'asthme est un trouble respiratoire chronique qui touche actuellement près de 300 millions de personnes dans le monde et qui a causé environ 250 000 morts en 2011. Le cannabis est utilisé dans le traitement des symptômes de l'asthme depuis des millénaires, dans diverses traditions médicales, notamment les traditions ancestrales de l'Inde et de la Chine.


1. Analgésique

Bien que la douleur ne soit pas nécessairement considérée comme un symptôme principal d’une crise d’asthme aiguë, des études ont montré que jusqu’à 76 % des patients ressentent des douleurs à la poitrine pendant une crise. En règle générale, la douleur liée à l’asthme se caractérise par une sensation de douleur intense ou lancinante qui se développe progressivement au cours des premières heures de la crise, puis se dissipe lentement à mesure que la crise disparaît.

Bien qu’il n’existe aucune étude démontrant spécifiquement la capacité du cannabis à traiter la douleur liée à l’asthme, plusieurs études portant sur l’effet général du cannabis sur l’asthme ont révélé des améliorations subjectives de la douleur. Les effets bronchodilatateurs et analgésiques connus de certains cannabinoïdes suggèrent qu’ils pourraient s’avérer utiles dans le traitement de la douleur liée à l’asthme, à la fois en réduisant la pression et la constriction dans les poumons, et en agissant directement sur les nocicepteurs (cellules nerveuses sensorielles de la douleur) proprement dits.

2. Antibiotique

Bien qu’il soit généralement admis que l’asthme ait un fondement génétique, de plus en plus d’éléments tendent à montrer que la maladie peut être déclenchée ou causée par des infections bactériennes ou virales dans la petite enfance qui, en raison de leur effet sur le système immunitaire, entraînent une sensibilité des malades à divers allergènes et irritants.

Un corpus de plus en plus important de recherches porte actuellement sur le potentiel des antibiotiques à traiter les symptômes de l’asthme à court et long terme et, à ce jour, plusieurs études ont souligné le potentiel des antibiotiques courants tels que l’érythromycine et l’azithromycine pour soulager les symptômes aigus de l’asthme.

Les cannabinoïdes dont le THC, le CBD et le CBG ont démontré qu’ils produisaient un effet bactéricide à large spectre contre un grand nombre de pathogènes courants et infectieux. Un groupe d’agents bactériens soupçonné d’être une cause sous-jacente potentielle de l’asthme est le genre Streptococcus, qui comprend S. pneumoniae et S. aureae ; plusieurs études ont montré qu’il succombait à l’effet bactéricide des cannabinoïdes.

Illustration numérique de la différence entre des poumons normaux et des poumons asthmatiques. Sur les poumons asthmatiques on peut voir l’étranglement et l’épaississement de la paroi bronchique.

3. Anti-inflammatoire

L’asthme est considéré comme une maladie inflammatoire chronique, puisqu’une faible inflammation persistante se produit dans les bronches et les bronchioles même en dehors des crises. Pendant une crise, les niveaux d’inflammation augmentent, exacerbant les niveaux de constriction dus aux contractions musculaires du tissu bronchique. On pense généralement que l’inflammation liée à l’asthme est une réponse immune à la présence d’allergènes, bien que la réponse immune ne soit pas formellement constatée et qu’elle puisse varier considérablement selon les individus.

En règle générale, les épisodes aigus d’asthme sont traités essentiellement avec des bronchodilatateurs, mais dans des cas plus graves, on peut également administrer un certain type de médicaments anti-inflammatoires tels que des stéroïdes ou des AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens).

Les cannabinoïdes sont bien connus pour leurs effets anti-inflammatoires et, alors que la plupart des études menées à ce jour sur le cannabis et l’asthme ont été principalement axées sur l’effet bronchodilatateur, certaines ont également observé une réduction de l’inflammation bronchique. De plus, la capacité du cannabis à produire des thérapies ciblées pour des maladies inflammatoires modulées par le système immunitaire fait actuellement l’objet de recherches.

Des récepteurs cannabinoïdes ont été découverts dans le tissu pulmonaire humain, en concentrations relativement faibles, et on pense qu’ils jouent un rôle vital dans la régulation de l’inflammation, des contractions et dilatations musculaires et de plusieurs processus métaboliques. Toutefois, la recherche sur la réponse inflammatoire modulée par le système immunitaire (et sur la façon dont le cannabis y contribue) en est encore à ses balbutiements.

 

Photo de différents types d’inhalateurs de salbutamol. Sur les poumons asthmatiques, on peut voir de l’inflammation sur le tube bronchique, ce qui cause la constriction et le blocage du passage de l’air.

4. Bronchodilatateur

La capacité du cannabis à agir comme bronchodilatateur est peut-être sa propriété la plus importante en ce qui concerne le traitement de l’asthme. Pendant une crise d’asthme, les bronchioles (ramifications qui transportent l’oxygène jusqu’aux alvéoles) se resserrent, entraînant une chute considérable du débit d’oxygène.

L’ampleur de la bronchoconstriction pendant une crise est généralement déterminée par des mesures du débit expiratoire de pointe, qui sont prises sur les patients et comparées aux valeurs enregistrées dans des circonstances normales. On peut ainsi déterminer la différence entre le débit d’air normal et le débit d’air limité pendant une crise.

Plusieurs études ont montré que l’administration de cannabis sous diverses formes peut considérablement améliorer la bronchoconstriction à la fois pendant une crise d’asthme et dans des circonstances normales (les personnes atteintes d’asthme sévère présentent souvent un débit d’air inférieur à la moyenne comparé aux non asthmatiques, même en l’absence de crise).

Au début des années 1970, une vague d’études portant sur les effets bronchodilatateurs du cannabis chez les asthmatiques ont été publiées. Une étude de 1973 a observé que la fumée de cannabis, contrairement à celle du tabac, entraînait un effet bronchodilatateur ; une étude de 1974 a révélé que même si l’effet bronchodilatateur du cannabis était plus faible que celui de l’isoprotérénol, il durait plus longtemps et une étude de 1976 a montré que le cannabis était tout aussi efficace que le salbutamol, bien que ce dernier engendre une bronchodilatation maximale un peu plus rapidement.

Comme souvent avec la science des cannabinoïdes, il existe des facteurs de complication. Par exemple, une étude récente a montré que le cannabinoïde endogène anandamide pouvait en fait exercer un effet biphasique (à deux phases) sur le tissu pulmonaire : il inhibe fortement la constriction bronchique en présence d’un allergène ou irritant (dans ce cas, la capsaïcine), mais entraîne une constriction bronchique dans des circonstances normales, c’est-à-dire en l’absence d’irritant. En effet, certains patients ayant reçu du THC ont indiqué avoir ressenti une constriction bronchique. Ainsi, des recherches complémentaires doivent être entreprises pour déterminer avec exactitude les modalités d’utilisation des traitements à base de cannabinoïdes à tous les niveaux.

5. Antispasmodique

On pense que le cannabis exerce un effet bronchodilatateur essentiellement en raison de sa capacité à réduire l’inflammation. Toutefois, on pense également que la capacité du cannabis à réduire les spasmes musculaires (contractions involontaires) joue un rôle important dans le traitement de la bronchoconstriction pendant une crise d’asthme. Les bronches et bronchioles sont composées de muscles lisses, qui se contractent et rétrécissent tout en s’enflammant pendant une crise.

Dans une étude publiée en 2014, des chercheurs ont prélevé du tissu pulmonaire bronchique de 88 patients humains et l’ont soumis à une stimulation électrique pour entraîner la contraction du tissu musculaire. Ils ont ensuite administré le THC, le cannabinoïde endogène 2-AG et plusieurs agonistes synthétiques des récepteurs CB de type I et II. Ils ont constaté que certains agonistes du récepteur CB1, y compris le THC, réduisaient les contractions musculaires proportionnellement à la dose administrée. Ils ont également noté que le cannabinoïde endogène 2-AG n’avait aucun effet.

Photo d’étiquettes, un ancien sirop contre la toux et des cigarettes de cannabis Grimault. Sur la bouteille de sirop on peut lire « One Night Cough Syrup » (sirop contre la toux une nuit) ainsi que quelques ingrédients : alcool, cannabis indica, chloroforme, morphine. La publicité sur les cigarettes de cannabis Grimault montre des cigarettes brunes roulées, contenant probablement du cannabis, et en dessous, on peut lire « Immediate relief of bronchial troubles irritation of the air passages » (soulagement immédiat des problèmes bronchiques et de l’irritation des voies respiratoires).

6. Expectorant/anti-muqueux

La capacité du cannabis à agir comme expectorant est quelque peu controversée. Il est utilisé à cette fin depuis des millénaires et apparaît dans la pharmacopée ancestrale de la Chine et de l’Inde, mais les recherches modernes sont rares et n’ont pour l’instant abouti qu’à des résultats ambigus.

D’innombrables personnes à travers le monde font état d’un effet expectorant après avoir fumé ou vaporisé du cannabis. S’il était observé uniquement chez les fumeurs de cannabis, on pourrait facilement l’ignorer au motif qu’il résulte de l’irritation due aux particules de fumée ; le fait que cet effet soit ressenti même lors de l’inhalation de vapeur suggère qu’une substance active dans le cannabis en est à l’origine.

Toutefois, la plupart des études existantes soulignent en fait la propension du cannabis à entraîner la production de mucus. Par exemple, une étude publiée en 2014 a révélé une augmentation des sécrétions de mucus chez les fumeurs habituels de cannabis, ainsi qu’une détérioration des tissus des voies respiratoires. Des recherches complémentaires sur les effets expectorants et décongestionnants du cannabis pourraient donc se révéler utiles.

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