L’Uruguay écrit un nouveau chapitre dans l’histoire du cannabis

L’histoire. C’est ce que l’Uruguay a écrit hier (Mardi 10 Décembre 2013) en devenant le premier pays au monde à légaliser et contrôler toutes activités en relation avec l’import-export, la culture, la production, la distribution et la vente de cannabis. Cette étape importante constitue l’un des plus gros efforts pour faire reculer la politique des drogues en Amérique Latine.


Le slogan de cette nouvelle régulation : l'Uruguay cultive sa liberté florissante
Le slogan de cette nouvelle régulation : l’Uruguay cultive sa liberté florissante

L’histoire. C’est ce que l’Uruguay a écrit hier (Mardi 10 Décembre 2013) en devenant le premier pays au monde à légaliser et contrôler toutes activités en relation avec l’import-export, la culture, la production, la distribution et la vente de cannabis. Cette étape importante constitue l’un des plus gros efforts pour faire reculer la politique des drogues en Amérique Latine.

C’est un projet que le président José Mujica a démarré il y a un an et demi, et qui a finalement porté ses fruits. Bien joué à l’Uruguay pour son triomphe final !

La proposition de loi fut approuvée par 16 votes, avec 13 votes en opposition, et en dépit d’une certaine résistance de la part desdits opposants, la décision finale fut reçue par des cris de joie, et un sentiment fort de soulagement.

L’évolution de l’Uruguay sur le sujet fut lente mais mesurée. Bien que rencontrant une myriade d’obstacles sur leur chemin, ceux qui ont soutenu la proposition dès les étapes préliminaires du projet ne se sont aucunement affaiblis tant au niveau de la motivation que de l’enthousiasme. Ils ont persisté avec en tête un défi qui demeure : cesser d’accepter que des milliers de consommateurs de cannabis aient à se tourner vers le marché noir. Ce défi persistant souligne le coté progressif de l’Uruguay mais donne également le coup de départ d’un changement culturel important qui marie deux piliers prônés par la société uruguayenne: santé publique et guerre contre le trafic de drogues.

José Mujica, Président de l'Uruguay
José Mujica, Président de l’Uruguay

Cependant, il est désormais temps de lire attentivement les clauses de bas de page, puisque le gouvernement a maintenant 120 jours pour publier les détails de cette nouvelle législation. Cela signifie que les Uruguayens ainsi que le reste du monde seront bientôt mis au parfum quant aux détails qui vont s’appliquer aux licences de culture, aux prix de référence et variétés de cannabis autorisées, et bien sûr également quant aux règles d’inspection qu’il faudra observer.

Sensi Seeds a d’ores et déjà documenté certains détails sur les possibles débouchés d’une telle régulation. Entre autres, le détail des pharmacies pouvant possiblement fournir jusqu’à 40 grammes de cannabis par personne, sur une base mensuelle, a été abordé. Ceux qui choisiraient en revanche l’option de cultiver à des fins personnelles pourraient avoir jusqu’à 6 plants, et les Cannabis Clubs quant à eux, auront un maximum de 100 membres et pourront cultiver jusqu’à 99 plants. En outre, une base de données officielle des clients sera mise en place, et le cannabis serait vendu au prix de 1$ par gramme. A l’heure actuelle, la rumeur à la mode consiste à dire qu’avec ce nouveau marché régulé par le gouvernement, le consommateur devrait pouvoir choisir entre 4 ou 5 variétés de cannabis différentes. Avril 2014 reste la date officielle à laquelle les ventes des premières « récoltes de cannabis de l’Etat ».
Un seul détail reste certain : le plus difficile est fait, puisque cette régulation est de toute évidence une grande première mondiale.

Comme une sorte d’écho aux propos de l’opposition, le Président Mujica s’exprime sur le sujet en soulignant son caractère historique, et en s’orientant vers une idée d’apprentissage collectif : « Nous espérons que d’autre pays se rangeront à nos opinions et que nous pourrons ainsi apprendre ensemble » et il espère « que le monde nous pardonnera de tenter de solutionner un souci sérieux et d’envergure tel que le trafic de drogue au moyen d’une expérience sociopolitique ».

De son coté, Julio Calzada, Secrétaire Général du Junta Nacional de Drogas (Conseil National sur les Drogues), et un des précurseurs sur cette loi, répond aux différentes représailles qui ont lieu a un niveau international, « Nous n’essayons pas d’inciter qui que ce soit à adopter une politique similaire, mais nous voulons garantir aux autres pays que le cannabis qui sera produit légalement en Uruguay n’échouera aucunement sur leurs marchés noirs respectifs. Ceci est notre engagement. »

Mesdames et messieurs, l’Uruguay vainqueur.

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