Le cannabis au Lesotho – Lois et attitudes

Le Lesotho est l’un des pays les moins avancés du monde et la pauvreté est un problème majeur. Ainsi, de nombreux agriculteurs se sont tournés vers la culture du cannabis pour gagner de l’argent, un fait que le gouvernement néglige généralement. Le Lesotho est le premier pays africain à avoir introduit une licence pour la culture médicinale du cannabis.

    • Capitale
    • Maseru
    • Habitants
    • 2,322,000
    • Produits CBD
    • Illégal
    • Cannabis récréatif
    • Illégal
    • Cannabis médicinal
    • Illégal

La législation sur le cannabis au Lesotho

Peut-on posséder et consommer du cannabis au Lesotho ?

En 2008, le gouvernement du Lesotho a adopté la « Drugs of Abuse Act ». Cette loi a remplacé la « Dangerous Medicines Act » de 1973 et visait à rendre certains médicaments plus facilement accessibles aux patients.

Bien qu’il soit techniquement illégal de consommer ou de posséder du cannabis au Lesotho, la loi est rarement appliquée. En tant que tel, l’usage de cannabis a de facto un statut dépénalisé. Cette plante est la culture vivrière la plus importante du pays et, compte tenu de la situation financière actuelle du Lesotho, le gouvernement ne devrait pas adopter une position plus dure dans un prochain futur.

Toutefois, le « Lesotho Narcotics Bureau » a été institué pour lutter contre la consommation de drogues dans le pays. Cet organisme, après consultation du Ministre, a le droit de mener des campagnes visant à :

  • Prévenir la toxicomanie
  • Fournir au public des informations sur l’abus de drogues
  • Sensibiliser les jeunes à l’abus de drogues
  • Observer, traiter ou superviser tous ceux qui se trouvent dans un centre de traitement de la toxicomanie, qui y sont sortis ou qui ont été placés sous la surveillance d’un tribunal
  • Aider les familles des personnes qui se trouvent dans les centres de traitement

Peut-on vendre du cannabis au Lesotho ?

La loi sur les drogues d’abus (« Drugs of Abuse Act ») du Lesotho stipule que « nul ne peut (…) offrir, mettre en vente, distribuer, vendre, livrer à quelque condition que ce soit, expédier, expédier en transit, transporter, importer ou exporter toute drogue d’abus. »

La peine encourue dans ces cas est de 20 ans d’emprisonnement au minimum, une amende d’au moins 1 000 000 maloti, ou les deux à la fois. La détermination de la peine exacte dépend de nombreux facteurs, dont les suivants :

  • Si le contrevenant a fait l’objet de condamnations précédentes
  • S’il agit en tant que membre d’un groupe criminel organisé
  • S’il a utilisé la violence ou des armes
  • S’il a utilisé / profité d’un mineur
  • S’il occupe un poste d’autorité (p. ex. un professionnel de la santé)
  • …Et bien d’autres

Le tribunal compétent a également la possibilité d’ordonner une peine de substitution à l’emprisonnement, comme la détention à domicile ou la restriction d’autres libertés. D’autres peines de substitution comprennent : travaux d’intérêt général, suspension d’un passeport, suspension du droit de conduire un véhicule, suspension du droit d’occuper un poste dans la fonction publique, etc.

Peu d’arrestations sont effectuées au Lesotho, bien qu’elles soient plus fréquentes dans les cas où le délinquant tente d’introduire clandestinement du cannabis en Afrique du Sud. Dans ces cas, la drogue est généralement confisquée et des amendes infligées à ce titre.

Peut-on cultiver du cannabis au Lesotho ?

Aux termes de la « Drugs of Abuse Act », il est techniquement illégal de cultiver du cannabis au Lesotho. La loi stipule, notamment, que la « culture d’une plante de cannabis » est illégale et que le contrevenant qui est pris sur le fait encourt une peine d’emprisonnement de 10 ans ou plus, une amende de 50 000 maloti, ou les deux à la fois.

Toutefois, le cannabis est largement cultivé dans tout le pays, en particulier dans les régions montagneuses de l’intérieur et dans les contreforts de l’ouest. Bien qu’il y ait un petit marché intérieur, la plus grande partie du cannabis est exportée vers l’Afrique du Sud.

En 2018, Mampho Thulo, qui vit dans le village de Mapoteng avec ses cinq enfants, a parlé à la BBC de sa ferme de cannabis.

« C’est ainsi que nous gagnons notre vie, » dit-elle. « Les quelques emplois qui sont disponibles sont pour les personnes instruites. Donc, nous dépendons de la marijuana parce que nous n’avons pas d’éducation. »

Thulo utilise l’argent gagné en cultivant du cannabis pour envoyer ses enfants à l’école. De temps en temps, la police fait des descentes dans sa ferme, qui normalement se terminent par la confiscation d’une partie de sa récolte.

Le CBD est-il légal au Lesotho ?

Le CDB n’est pas légal au Lesotho, étant donné que la loi ne fait aucune distinction entre le CDB (qui est un cannabinoïde différent du THC et ne produit pas de défonce) et le cannabis. Bien que le cannabis médicinal soit cultivé dans le pays pour produire du CBD pour le marché international, ces produits sont uniquement destinés à l’exportation.

Peut-on envoyer des graines de cannabis vers le Lesotho ?

Les graines de cannabis sont illégales au Lesotho et, par conséquent, ne peuvent pas être envoyées par la poste vers le pays.

Le cannabis médicinal au Lesotho

En 2017, le Lesotho est devenu le premier pays africain à accorder une licence de culture de cannabis médicinal à une entreprise. Medigrow Lesotho a été la première entreprise à établir des plantations légales dans le pays mais, depuis lors, d’autres ont suivi l’exemple.

Un porte-parole du Premier Ministre du Lesotho, le docteur Motsoahae Thomas Thabane, a déclaré à Prohibition Partners que la légalisation a stimulé l’emploi et représente une réelle opportunité pour le pays.

« Nous voulons être connus dans le monde entier comme le meilleur cultivateur de cannabis de qualité médicinale au monde », a-t-il déclaré. « Cela ne peut qu’améliorer la vie et la santé des ressortissants de notre grand pays. »

Bien que cela favorise une transition progressiste, l’obtention d’une licence n’est pas à portée de main pour la plupart des petits cultivateurs de cannabis. Avec 60% de la population du Lesotho vivant sous le seuil de pauvreté, un droit de licence de 37 000 $ US est prohibitif. Cela a créé un ressentiment au sein de la communauté agricole.

Actuellement, la plupart des investisseurs viennent de pays étrangers (principalement d’Amérique du Nord et d’Europe) car ils ont les capitaux nécessaires pour payer les frais et investir dans leurs plantations. Cela crée un obstacle économique pour les lesothiens, étant donné que plus d’un quart de la population adulte de ce pays est au chômage.

Le chanvre industriel au Lesotho

A l’heure actuelle, des licences ne sont accordées que pour la culture du cannabis médicinal, mais pas pour la culture industrielle du chanvre. A mesure que le gouvernement du Lesotho commence à profiter des avantages économiques de l’industrie du cannabis médicinal, il pourrait commencer à envisager la possibilité de cultiver le chanvre, mais, au moment de la rédaction de cet article, il n’y a aucune indication que cela va bientôt se produire.

Bon à savoir

Si vous allez visiter le Lesotho (ou y vivez actuellement), il est utile de savoir que :

L’histoire du cannabis

Le cannabis est une culture importante pour la population du Lesotho depuis des centaines d’années. Les experts pensent qu’il a été introduit auparavant en Afrique de l’Est, entre le Xe et le XVe siècle, et puis au Lesotho avec le peuple koena, un groupe ethnique qui a migré de Mpumalanga. Ils ont utilisé le cannabis comme objet de commerce et l’ont donné à la population san de la région en échange de terres.

Le cannabis était traditionnellement utilisé comme médicament pour traiter des affections comme les maux de tête, les brûlures d’estomac et l’hypertension artérielle. Certains l’utilisaient aussi pour se sentir « plus forts » et plus motivés au travail. Ces pratiques se poursuivent encore aujourd’hui.

Où est-il cultivé ?

Le cannabis est cultivé dans tout le pays, même dans la capitale. Les principales zones de culture sont les terres montagneuses du centre du Lesotho et de l’est du pays. Des plantations sont aussi présentes dans les contreforts de l’ouest.

Les plantations se trouvent généralement à proximité de ruisseaux ou de rivières de montagne. Dans la région montagneuse, la qualité du cannabis est connue pour être particulièrement élevée, et l’on pense que ces plantes sont expédiées à Durban en Afrique du Sud, puis vendues sous le nom de « Durban Poison ». Les montagnes de l’ouest produisent du cannabis de moindre qualité.

Habituellement, les agriculteurs plantent le cannabis entre la mi-août et le début octobre. La première récolte a lieu en janvier : les mâles à maturité rapide sont retirés et les femelles sont laissées à maturité. Les feuilles mâles sont vendues sous forme de majaja, une qualité moins chère de cannabis qui est généralement fumée avec d’autres drogues (comme le mandrax, qui ne brûle pas facilement). Les plantes femelles de cannabis sont récoltées entre février et avril.

Bien que le paysage du Lesotho semble luxuriant et montagneux, il souffre d’une grave érosion des sols. Cela est dû à la surexploitation agricole, à l’augmentation du cheptel et aux pluies torrentielles, qui ont emporté une plus grande partie de la couverture végétale des montagnes, qui ne sont par conséquent plus protégées par l’herbe ou la brousse.

Les attitudes à l’égard du cannabis

Le cannabis joue un rôle vital dans le pays, tant sur le plan culturel que financier. En tant que tel, il est socialement accepté, de nombreux agriculteurs le considérant comme une culture purement commerciale et non comme quelque chose à consommer.

Toutefois, plusieurs lesothiens le consomme à des fins à la fois récréatives et médicinales. Le gouvernement et la police semblent conscients de la présence du cannabis dans le pays, mais semblent fermer les yeux sur ce phénomène, bien qu’il n’y ait aucune preuve concrète pour le démontrer.

Le cannabis sera-t-il légalisé à l’avenir ?

Le territoire du Lesotho est encerclé par celui de l’Afrique du Sud. Par conséquent, il ne peut manquer d’être influencé par la récente décision de l’Afrique du Sud de dépénaliser le cannabis à des fins récréatives. Reste à savoir si cela signifie que le gouvernement du Lesotho adoptera la même position.

Quant au cannabis médicinal, bien que rien n’indique qu’il sera légalisé pour le peuple du Lesotho, il semble probable que le marché de la culture médicinale du cannabis s’intensifiera toujours plus, dans la mesure où les investisseurs se tourneront vers le potentiel de la « ruée verte » du Lesotho afin d’en tirer profit. Dans le futur, la légalisation du chanvre industriel pourrait aussi être une solution viable.

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    Sensi Seeds

    L’équipe de rédaction de Sensi Seeds regroupe des botanistes, des experts médicaux et juridiques ainsi que certains des activistes les plus renommés tels Dr Lester Grinspoon, Micha Knodt, Robert Connell Clarke, Maurice Veldman, Sebastian Marincolo, James Burton et Seshata.
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  • Maurice_Veldman

    Maurice Veldman

    Maurice Veldman est membre de l’Association néerlandaise des avocats criminalistes et il est l’un des avocats en matière de cannabis les plus réputés des Pays-Bas. Avec ses connaissances du droit administratif et pénal acquises au cours de 25 années d’expérience, il défend les vendeurs de cannabis et les producteurs de chanvre en faisant valoir les inégalités entre les individus et l’Etat
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