by Miranda on 04/07/2016 | Légal & Politique

Première récolte uruguayenne légale de cannabis récréatif

Flash Actu: L’Uruguay a ratifié son projet de régulation du cannabis

Le gouvernement uruguayen a finalement poursuivi son projet, et est désormais à la recherche d’une option autre que celle des pharmacies afin de vendre son cannabis récréatif.

Le pays a admis ce 3 juillet 2016 que bien que leur projet de régulation du marché du cannabis ait échoué, il s’agit là tout de même d’une solution meilleure que celles du trafic de drogues et du marché noir. Ces propos sont attribuables à l’actuel Secrétaire du Conseil National des Drogues de l’Uruguay, Milton Romani.

Romani admettait également que « cette nouvelle approche vers les drogues génère certaines attentes au niveau international, puisqu’elle prévoit d’être plus efficace, après le désastre des politiques relatives aux drogues de tous les côtés ». Dixit M. Romani, « La loi est en cours d’implémentation. Il existe des cultivateurs et des cannabis clubs. De plus, la distribution en pharmacies a impliqué des négociations commerciales, des problèmes institutionnels, et des ajustements dans la législation. »

Actuellement, 50 des 1300 pharmacies du pays sont prêtes à vendre du cannabis.

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Légal L’Uruguay, premier pays au monde à légaliser la production et la consommation de cannabis, a mandaté deux entreprises privées afin d’assurer la culture, annonçant que le produit sera vendu en pharmacies dans quelques mois. Le moment de savourer les fruits de la légalisation et la première récolte légale de cannabis récréatif est venu. La suite ici.


Première récolte uruguayenne légale de cannabis récréatif

Sous la présidence de José Mujica, l’Uruguay a été le premier pays au monde à légaliser la production et la consommation de cannabis. L’automne dernier, il a franchi une nouvelle étape en plantant sa première culture de cannabis commercial. Le gouvernement uruguayen avait mandaté deux entreprises privées afin d’assurer la production, annonçant que le cannabis récolté serait disponible en pharmacies environ huit mois plus tard. Il est maintenant temps de profiter de la légalisation du cannabis en Uruguay, et de la première récolte légale de cannabis récréatif.

Cela fait maintenant près de deux ans et demi que le Parlement uruguayen a fait figure de pionnier en adoptant une loi pour règlementer la commercialisation du cannabis. Le pays a en effet mis l’Etat responsable de contrôler la production commerciale, et laissé la distribution entre les mains d’entités privées, en plus de permettre la commercialisation et la consommation de cannabis à des fins récréatives et médicinales.

Après avoir attribué la culture de cannabis à deux entreprises privées le premier octobre 2015 et annoncé que ledit cannabis serait offert à la population dans des pharmacies désignées probablement à partir de mai 2016, le gouvernement uruguayen a ensuite entrepris une campagne d’information publique et de « sensibilisation » aux « conséquences de la consommation de cannabis ». L’intention du gouvernement est de mettre en place une politique pour favoriser la santé et réduire les méfaits, ainsi que pour lutter contre le narcotrafic et le crime organisé.

Au terme du processus d’appel de propositions, l’Institut de réglementation et de contrôle du cannabis (IRCCA) a sélectionné deux entreprises pour cultiver et distribuer le cannabis commercial : Simbiosys et Iccorp. Celles-ci ont chacune le mandat initial de produire annuellement deux tonnes de cannabis destinées à fournir un marché potentiel de 160 000 consommateurs dans un pays de près de 3,5 millions d’habitants. Toutes deux ont effectué durant la troisième semaine de juin leurs premières récoltes, et selon les informations disponibles, elles seraient parvenues à obtenir jusqu’à 300 grammes par plants.

L’Uruguay procède à sa première récolte légale de cannabis cultivé par deux entreprises privées (CC. deviat_ed)
L’Uruguay procède à sa première récolte légale de cannabis cultivé par deux entreprises privées (CC. deviat_ed)

De la récolte à la distribution en pharmacies

Juan Andrés Roballo, le président du Conseil national sur les drogues, a déclaré à la presse que « les entreprises adjudicataires procèderont aux premières récoltes » des cultures qu’elles ont débutées en février dernier dans les champs et les installations de l’IRCCA. Le processus de production s’est effectué sous de très hautes mesures de sécurité. Selon des sources gouvernementales, tout ce qui a été effectué jusqu’à présent a été soumis à un contrôle serré qui restera toujours en vigueur afin de garantir la conformité du processus de production qui représente une première au pays et qui fait partie des premières expériences internationalement.

Les informations publiées indiquent que les récoltes se poursuivront au cours de la semaine suivante, en juin, et qu’ensuite, 15 jours devront être alloués au séchage et à la maturation, et une autre semaine à la manucure du cannabis.

Au cours de trois semaines suivant ces étapes, le cannabis sera ensaché et emballé, puis stocké en vue de sa distribution future. Ce n’est qu’une fois que toutes ces étapes auront été effectuées que le cannabis sera finalement vendu en pharmacie en août dans des sachets de 5 et de 10 grammes.

Apparemment, une cinquantaine de pharmacies vendront le cannabis ainsi produit. Selon une des déclarations que Roballo a effectuées au début du mois de juin, il s’agit d’un nombre suffisant pour mettre en œuvre le projet. Ce sont ces pharmacies qui seront responsables de la distribution aux consommateurs.

Les consommateurs enregistrés pourront acheter le cannabis cultivé en Uruguay dans les pharmacies adhérent au plan (CC. James McNally)
Les consommateurs enregistrés pourront acheter le cannabis cultivé en Uruguay dans les pharmacies adhérent au plan (CC. James McNally)

Conditions de l’accord avec les pharmacies uruguayennes

Pour encadrer le processus de vente en pharmacies, l’association des pharmacies est parvenue à une entente et a signé un accord avec l’IRCCA. Durant des mois, l’association a travaillé à l’élaboration de cet accord qui dicte les conditions de base pour adhérer au système de distribution en pharmacies de cannabis psychoactif d’usage non médical, ainsi que les conditions s’appliquant aux ventes qui commenceront en milieu d’année, c’est-à-dire, sous peu.

L’accord publié dans la presse locale « établit les conditions de base du fonctionnement et de l’encadrement du processus d’adhésion des pharmacies qui décident volontairement de s’y soumettre, ainsi que les aspects liés à la distribution sécuritaire du produit ». L’accord fait partie de la mise en œuvre de la loi 19.172, adoptée en 2013 par le Congrès uruguayen, qui autorise et règlemente la production et la vente de cannabis.

La ratification de l’accord représente un premier pas d’entente entre l’IRCCA et l’association des pharmacies et permet la mise en marche prochaine du processus complet de commandes et de livraisons au niveau des entreprises adjudicataires responsables de la production, le tout étant orchestré par l’Institut de contrôle. Les pharmacies recevront aussi toute l’information liée à la commercialisation et l’entreposage du cannabis.

Selon la communication formelle, la deuxième étape de formalisation consiste à réaliser « les tests techniques et de connectivité au système d’information de l’IRCCA grâce auquel il sera possible d’assurer la traçabilité du produit et la gestion du processus de commandes et livraisons ».

L’accord établit aussi que le prix de vente aux pharmacies sera de 0,90 dollar le gramme durant la première année de production, le prix final de vente aux consommateurs sera d’un peu plus d’un dollar.

Distribution du cannabis aux pharmacies

La distribution de cannabis s’effectuera à partir du lieu de production et d’emballage jusqu’à toutes les pharmacies du pays qui possèdent une autorisation de vendre le produit, tous les quinze jours, minimum.

De plus, le gouvernement a indiqué que les pharmacies devront procéder à leurs commandes à partir du « Portail Web des pharmacies mis en place par l’IRCCA ». C’est ce dernier qui sera responsable de valider toutes les commandes, « se réservant le droit d’apporter des modifications selon la disponibilité ».

En outre, on y spécifie les critères que doivent respecter les « véhicules » utilisés pour le transport et la distribution. Ceux-ci doivent être « couverts, non identifiés, équipés de dispositifs de suivi par satellite et conçus pour transporter un maximum de 100 kilogrammes de cannabis distribué en sachets de 5 et 10 grammes ». Le processus complet doit être effectué sous la supervision d’une équipe de sécurité, à l’instar de toute autre opération de culture légale de cannabis à grande échelle.

Le cannabis disponible en pharmacie sera vendu en sachets de 5 et de 10 grammes (CC. Sergey Galyonkin)
Le cannabis disponible en pharmacie sera vendu en sachets de 5 et de 10 grammes (CC. Sergey Galyonkin)

Emballage du cannabis

Le cannabis sera distribué aux pharmacies en sachets de 5 et de 10 grammes qui porteront une étiquette. Selon des sources officielles, ces étiquettes devront mentionner le type végétal contrôlé aux propriétés psychoactives, le nom scientifique, la variété et le pourcentage de THC et de CBD, en plus de spécifier la méthode d’administration (inhalation, infusion et vaporisation) et l’importance de lire la fiche d’accompagnement.

Le poids net du produit doit être indiqué, en plus du nom du producteur, de son numéro de licence, du numéro de lot, de la date d’expiration et des instructions de conservation.

Fiche d’accompagnement obligatoire

Le produit doit être vendu avec une fiche d’accompagnement informant le consommateur des caractéristiques propres au produit. Toutes les fiches doivent être conçues selon un même modèle afin que les consommateurs puissent facilement trouver l’information voulue au sujet de la composition, des indications, de la posologie des contrindications, des précautions, des effets secondaires et des interactions possibles avec d’autres médicaments.

La fiche accompagnant le cannabis cultivé en Uruguay doit mentionner que le cannabis représente des risques pour la santé, qu’il influence le système nerveux central (bien que curieusement, ses effets sont bénéfiques dans le cas, entre autres, de parkinson, de sclérose en plaques et du syndrome de fatigue chronique), qu’il peut produire une dépendance et des effets non désirables s’il est consommé avec de l’alcool ou d’autres substances psychoactives (mais peut, sans aucun doute, aider à combattre la dépendance aux opiacés). Les consommateurs sont également encouragés à consulter leur médecin avant de consommer du cannabis s’ils souffrent d’une maladie aiguë ou chronique, ou s’ils ressentent des effets secondaires.

De plus, la fiche d’accompagnement doit mentionner que le produit est à garder hors de la portée des enfants de moins de 18 ans, de ne pas le consommer en leur présence, qu’il est contrindiqué lors de la grossesse et de l’allaitement et de ne pas conduire de véhicules ou faire fonctionner de machines lourdes sous les effets du cannabis.

Les sachets de cannabis devront obligatoirement inclure une fiche médicale, comme tous les médicaments légaux (CC. gaelx)
Les sachets de cannabis devront obligatoirement inclure une fiche médicale, comme tous les médicaments légaux (CC. gaelx)

Comment peuvent s’inscrire les consommateurs de cannabis

L’inscription des consommateurs se fera de manière complètement confidentielle, et ceux-ci pourront acheter des pharmacies autorisées jusqu’à 10 grammes par semaine, c’est-à-dire, 40 grammes par mois par personne.

Pour pouvoir s’inscrire au registre national à partir des bureaux de poste uruguayens, les personnes devront remplir certaines conditions, par exemple, être majeurs et citoyens du pays. Quant à eux, les résidents étrangers doivent pouvoir démontrer qu’ils habitent l’Uruguay depuis au moins deux ans.

La loi interdit la vente de cannabis aux personnes de moins de 18 ans. De plus, il est clairement indiqué que le produit doit être consommé à des fins personnelles (peut uniquement être vendu en pharmacie) et à l’intérieur des frontières nationales. Il est interdit de revendre le cannabis à l’intérieur du pays ou à l’étranger.

Il convient de souligner également que la loi actuelle stipule qu’il est « interdit de se présenter au travail sous l’effet du cannabis ou d’en consommer durant les heures ou sur les lieux de travail ». Il est également interdit pour les consommateurs de conduire un véhicule sous l’influence du cannabis, ou d’en consommer dans des endroits publics fermés.

L’Uruguay en chemin vers la réglementation du cannabis

Il est maintenant évident que la situation de la réglementation du cannabis évolue, et l’Uruguay continue de franchir des étapes cruciales dans ce processus, la première récolte commerciale de cannabis en représentant une. En effet, ce pays fait à présent figure de pionnier en matière de contrôle et de réglementation d’un marché si complexe et controversé. L’Uruguay sera compétitif dans ses prix, mais également, dans la qualité de son produit. Les premiers gagnants seront les consommateurs uruguayens qui bénéficieront d’avantages sur le plan de la santé, mais également, sur le plan financier.

L’Uruguay a emprunté un chemin différent pour contrer les problèmes liés aux drogues, particulièrement au cannabis. Au lieu de continuer à adopter la position classique prohibitionniste, le pays a opté pour l’élaboration d’un cadre législatif. De cette manière, l’Etat assure la santé de tous les Uruguayens et fait en sorte que soit respectée leur liberté individuelle, en plus de favoriser la responsabilité sociale.

Il ne fait aucun doute que le pays suit une voie innovatrice et que le monde entier suit avec intérêt son évolution de près. C’est dans de telles conjonctures, où il existe dans le monde deux attitudes diamétralement opposées – certains pays appliquent des peines de mort pour la consommation personnelle pendant que d’autres pays règlementent les marchés – et une multitude de modèles et de variantes à ces modèles que le modèle uruguayen s’impose comme une alternative des plus intéressantes.

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