Cinq principaux bienfaits du cannabis pour la maladie d’Alzheimer

L’Alzheimer est une maladie neurodégénérative progressive qui atteint généralement des adultes de plus de 65 ans. Elle cause des symptômes telle la démence ; graduellement, le malade devient incapable de se prendre en charge. Il n’y a pas de remède contre l’Alzheimer, mais certains traitements, comme le cannabis, peuvent ralentir sa progression.

1. Le CBD et le THC pourraient aider à prévenir la progression de la maladie d’Alzheimer et réduire le déclin cognitif

La biochimie des réseaux neuraux de l’homme est très complexe et pas encore complètement comprise. Cependant, on pense que conserver des tissus cérébraux sains tout au long de sa vie réduit considérablement le risque de développer une maladie neurodégénérative comme l’Alzheimer en vieillissant, ou du moins, retarde l’apparition de ce type de maladies en ralentissant le déclin cognitif. 

On considère que faire régulièrement de l’exercice, autant mentalement que physiquement, est d’une importance vitale pour la santé neurale. Cependant, on peut également améliorer l’équilibre des agents chimiques dans le cerveau grâce à certains composés exogènes, comme ceux qu’on retrouve dans le cannabis.

Le cannabis contient des composés appelés cannabinoïdes, qui sont structurellement similaires et qui ont divers effets sur le fonctionnement et le métabolisme du cerveau. Les plus importants de ceux-ci sont probablement le THC et le CBD dont les effets physiologiques sont pertinents à la maladie d’Alzheimer en ce sens qu’ils réduisent l’inflammation, agissent comme antioxydants et neuroprotecteurs et peuvent même stimuler la croissance de nouveaux tissus neuraux.

Des données suggèrent que consommés régulièrement, les cannabinoïdes peuvent non seulement ralentir la progression de la maladie une fois qu’elle est déclarée, mais également en retarder l’apparition.

2. De faibles doses de THC pourraient aider à diminuer la production de bêta-amyloïde  

Le terme « bêta-amyloïde » désigne un peptide créé par la fragmentation enzymatique de la protéine précurseur de l’amyloïde, une substance fondamentalement impliquée dans la régulation de la formation des synapses et de la plasticité neurale. La fonction principale exacte de la protéine précurseur de l’amyloïde (APP) est inconnue, et notre compréhension des fonctions normales de la bêta-amyloïde n’en est qu’à ses balbutiements. 

Il est cependant clair que chez les personnes souffrant d’Alzheimer, un excès de bêta-amyloïde s’accumule dans le cerveau et s’agglomère pour former des plaques qui sont toxiques pour les tissus neuraux.

Une étude publiée en 2014 par des chercheurs de l’université de Floride du Sud (E.-U.) a exploré les relations entre le système endocannabinoïde et le processus de production de ces plaques. Les chercheurs ont démontré que les cellules d’APP incubées avec du THC à très faibles doses produisaient de la bêta-amyloïde plus lentement que la normale ; en outre, le THC interagit directement avec le peptide bêta-amyloïde et empêche son agglomération en plaques.

Cette étude a également démontré que le THC à faibles doses réduisait le niveau de glycogène synthase kinase 3 (GSK3ß), une enzyme normalement impliquée dans le métabolisme énergétique et le développement des cellules neuronales, mais qui est aussi responsable du développement d’enchevêtrements neurofibrillaires dans le cerveau des personnes souffrant d’Alzheimer. Ces enchevêtrements neurofibrillaires sont composés de protéines tau, en particulier la paire hélicoïdale de filaments (PHF-tau). On pense que c’est le GSK3ß qui est responsable de la production de PHF-tau.

3. Le cannabis est un anti-inflammatoire – l’inflammation est étroitement liée à l’Alzheimer

On pense que l’inflammation des tissus neuraux joue un rôle majeur dans le développement de la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies neurodégénératives comme la sclérose en plaques ou la maladie de Parkinson. Selon les hypothèses, l’inflammation aiguë qui apparaît d’abord comme mécanisme de défense peut entraîner une réaction en chaîne incontrôlée qui cause une inflammation chronique et une détérioration neuronale.

De fait, divers médicaments anti-inflammatoires ont été explorés comme traitements potentiels contre des troubles comme la maladie d’Alzheimer.

Plusieurs études récentes ont exploré les relations entre le système endocannabinoïde et la régulation de la neuro-inflammation. Une étude publiée en 2009 a démontré que le cerveau de personnes décédées de la maladie d’Alzheimer présentait des modifications visibles du système endocannabinoïde (SEC), notamment une augmentation de l’expression des récepteurs cannabinoïdes de types I et II dans la microglie (les principales cellules immunitaires du système nerveux central). Cela donne à penser que soit les dysfonctionnements du SEC jouent un rôle dans le développement de la maladie d’Alzheimer, soit la progression d’Alzheimer affecte le SEC.

Il semble que dans la maladie d’Alzheimer, la microglie entoure les plaques amyloïdes dans une tentative de destruction des amas de bêta-amyloïde par phagocytose (elle « mange » les tissus indésirables). Cependant, la rapide production de bêta-amyloïde submerge la microglie, la forçant à rester dans un état de constante activation qui lui fait produire un excès de composés inflammatoires comme l’interleukine.

Le rôle modulateur exact que jouent les récepteurs cannabinoïdes dans ce scénario reste à établir, et la détermination précise de ce mécanisme permettra le développement de traitements ciblant les récepteurs microgliaux pour contrôler l’inflammation à sa source.

4. Le cannabis est un antioxydant/neuroprotecteur qui peut aider à protéger les cellules

Le stress oxydatif et le dégagement d’espèces d’oxygène réactives sont les éléments clés de maladies comme celle d’Alzheimer, et ils sont associés de manière inhérente aux inflammations immunitaires : quand l’inflammation apparaît, elle entraîne un stress oxydatif, réduit les capacités antioxydantes des cellules et déclenche la production de radicaux libres comme les espèces d’oxygène réactives qui, à leur tour, réagissent avec les acides gras et les protéines dans la membrane des cellules.

La présence de bêta-amyloïde entraîne également une augmentation des espèces d’oxygènes réactives dans les cellules voisines, à cause d’interactions entre les membranes des cellules. Finalement, cela contribue à une perte de neurones et de synapses dans le cerveau, entraînant des troubles de la mémoire et d’autres symptômes neurologiques.

Encore une fois, le rôle du SEC dans la modulation des processus du stress oxydatif n’est pas encore entièrement compris, mais il a été démontré plusieurs fois que l’administration de cannabinoïdes peut en réduire les effets et offrir un effet neuroprotecteur aux neurones, en ralentissant la mort oxydative des cellules. 

En 2004, une étude a démontré qu’une exposition des cellules à la bêta-amyloïde provoquait une chute considérable du taux de survie des cellules, mais que traiter les cellules au cannabidiol avant l’exposition à la bêta-amyloïde augmentait considérablement le taux de survie des cellules.

5. Le cannabidiol (CBD) stimule la neurogénèse

En plus de réduire l’inflammation et réduire les effets du stress oxydatif, le cannabidiol est également réputé entraîner la croissance de nouveau tissu neural (un processus appelé neurogénèse).

Dans la maladie d’Alzheimer, la destruction rapide du tissu neural provoque des effets neurologiques dévastateurs et le processus normal de neurogénèse est interrompu par la présence de bêta-amyloïde. Le développement de traitements pouvant stimuler la neurogénèse peut donc ralentir la progression de la maladie, voire faire disparaître ses symptômes, dans une certaine mesure.

Une étude sur la maladie d’Alzheimer datant de 2011 a démontré que le cannabidiol exerçait ses effets anti-inflammatoires et antioxydants par le biais d’un mécanisme qui est indépendant du SEC. Il agit plutôt sur un récepteur appelé récepteur activé par les proliférateurs de peroxysomes- γ (PPARγ).

En agissant sur les PPARγ, le cannabidiol n’a pas seulement pu réduire l’inflammation et la production d’espèces d’oxygène réactives pour protéger les cellules, mais il a aussi induit la neurogénèse dans l’hippocampe (région du cerveau est lourdement affectée par la maladie d’Alzheimer) en bloquant directement l’action de la bêta-amyloïde.

Nous en avons toujours beaucoup à apprendre sur les processus complexes qui causent la maladie d’Alzheimer et les troubles neurodégénératifs associés. Pourtant, notre compréhension du rôle du système endocannabinoïde sur le maintien de la santé neuronale donne espoir. Espérons que de nouvelles recherches nous permettront d’exploiter les effets préventifs et curatifs du cannabis médical.

  • Disclaimer:
    Cet article ne remplace aucun conseil, diagnostic ou traitement d’un professionnel médical. Consultez toujours votre médecin ou tout autre professionnel de la santé habilité. Ne tardez pas à obtenir des conseils médicaux et n’ignorez aucune recommandation médicale après avoir lu tout contenu de ce site web. 

Comments

5 réflexions sur “Cinq principaux bienfaits du cannabis pour la maladie d’Alzheimer”

  1. Quelles sont les meilleures graines adaptées à la prévention de la maladie d’Alzheimer ainsi que celles qui sont préconisées pour les migraines.
    Si quelqu’un peut me donner ces informations, merci d’avance.
    Louise

  2. Bonjour, auriez quelques conseils sur les espèces qui sont susceptibles de ralentir et « améliorer » le quotidien de personne atteinte de MA?
    De plus, quelle pourrait être la dose conseillée? À quelle fréquence? Et par quelle moyen?

    Merci d’avance

    1. Scarlet Palmer - Sensi Seeds

      Bonjour,

      Merci d’avoir laissé un commentaire. Nous sommes désolés d’apprendre votre situation. Comme Sensi Seeds n’est pas une agence médicale, nous ne pouvons vous donner d’autres conseils médicaux que celui d’aller consulter votre professionnel de la santé habilité.

      Vous pourriez également contacter un groupe de soutien de patients se traitant au cannabis médical. Au RU, il existe le United Patients Alliance, et presque partout dans le reste de l’Europe, vous pouvez contacter NORML qui devrait être en mesure de vous diriger vers un groupe de votre région (faites une recherche en utilisant United Patients Alliance ou NORML suivi du nom de votre région).

      Nous vous souhaitons la meilleure des chances,

      Scarlet

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    Sanjai Sinha

    Dr Sanjai Sinha est membre du corps enseignant du Centre médical Weill Cornell de New York où il reçoit des patients, enseigne aux médecins résidents et aux étudiants en médecine et fait de la recherche en services de santé. Il prend soin d’éduquer ses patients et pratique la médecine fondée sur les preuves. Son grand intérêt pour l’examen médical est nourri de ces passions.
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