Culture en terre ou hydroculture : quelques informations de base pour le producteur débutant

Beaucoup de patients utilisant du cannabis médical souhaitent le produire eux-mêmes. La variété appropriée ayant été choisie, une nouvelle question se pose. Quel est le substrat de culture convenant le mieux aux graines de cannabis ? Cet article vous donne des informations de base sur la culture en terre, substrat naturel par excellence, et l’hydroculture.

GROWING - Soil vs hydro 0.3

Vous souhaitez peut-être cultiver vous-même du cannabis médical, car il est difficile à obtenir, ou vous n’aimez pas l’acheter dans la rue, ou bien vous ignorez quelle est sa qualité.

Ce sont des problèmes bien connus pour les patients qui utilisent du cannabis médical. Cultiver son propre cannabis peut alors être une bonne alternative. La variété appropriée ayant été choisie, une nouvelle question se pose. Quel est le substrat de culture qui convient le mieux aux graines de cannabis ? Cet article vous donne des informations de base sur la culture en terre, substrat naturel par excellence, et l’hydroculture.

La culture en terre de graines de cannabis

On entend par substrat de culture le sol dans lequel la culture est effectuée. Le sol le plus naturel est la terre, telle qu’on la trouve dans la nature. Vous pouvez choisir dans ce cas entre deux modes de culture : la culture en pleine terre ou en pots. En pleine terre, les racines peuvent se développer librement et la plante peut atteindre une très grande taille et donc un rendement plus élevé. Mais il est pratiquement impossible de contrôler le processus de croissance. Si vous cultivez les plantes en pots, leur taille dépendra de la grandeur du pot. Vous pouvez en outre déplacer les pots, ce qui est pratique en cas de mauvais temps persistant ou si les plantes plus développées font de l’ombre aux exemplaires plus petits.

Une Early Skunk de Sensi Seeds, dans du terreau (par breizh ganja)
Une Early Skunk de Sensi Seeds, dans du terreau (par breizh ganja)

La terre ou le terreau contient des minéraux, des particules organiques, de l’eau et de l’air. Il s’agit en fait d’un produit résiduel organique qui est donc très nutritif. Une terre de bonne qualité contient tout ce dont les plantes de cannabis ont besoin. Il importe toutefois d’acheter un terreau neutre. Le terreau fertilisé contient en effet trop d’engrais qui le rend trop acide ; le degré d’acidité idéal (pH) pour les plantes de cannabis est compris entre 5,5 et 6,5. Dans ces limites, les racines absorbent les nutriments de manière optimale. Il existe aussi des mélanges de terreaux spécialement destinés à la culture du cannabis. Ils comportent les nutriments appropriés et sont plus aérés, ce qui assure une bonne oxygénation des racines.

Le terreau convient parfaitement pour les producteurs débutants, car c’est un substrat complet. Il n’est donc pas nécessaire de fertiliser la terre, du moins pas au début. Le terreau a en outre un effet tampon. Cela signifie qu’une erreur de culture, par exemple une fertilisation trop importante, n’affectera pas directement la plante. C’est par ailleurs un mode de culture économique.

Mais il présente aussi des inconvénients. Le terreau est lourd et il est difficile de déterminer le degré d’humidité de la terre, avec pour conséquence un risque d’arrosage excessif. Le terreau peut également être (ou devenir) trop compact. Les racines vont alors manquer d’oxygène. Ne comprimez donc jamais le terreau. Vous pouvez aérer le terreau en le mélangeant avec de la perlite, de la vermiculite ou des billes d’argile. Le terreau étant un produit naturel, il attire les prédateurs. Mais le principal inconvénient est la difficulté à mesurer et à corriger la valeur de pH. Vous en lirez plus ici sur la manière d’optimaliser votre terreau.

Hydroculture

L’hydroculture est une culture effectuée sur un substrat artificiel qui ne contient pas de nutriments. Ce substrat – et donc les plantes – absorbent directement les éléments nutritifs qui ont été dissous dans l’eau. Le substrat n’a donc pas en soi de valeur nutritive, et sert uniquement à assurer une certaine stabilité et protection. Certains systèmes ont un léger effet tampon, mais c’est surtout par le biais de l’eau que la plante se nourrit. Il existe divers systèmes d’hydroculture, dont les plus connus sont ceux utilisant des billes d’argile ou de la laine de roche.

Du cannabis dans de la laine de roche, dans un espace de culture dans le Colorado (par Brett Levin)
Du cannabis dans de la laine de roche, dans un espace de culture dans le Colorado (par Brett Levin)

Le grand avantage offert par l’hydroculture est de pouvoir exercer un contrôle maximum sur la quantité de nutriments reçus par la plante ainsi que sur la valeur de pH, dont l’importance a été relevée plus haut. L’harmonisation optimale de ces deux facteurs permet de créer des conditions idéales pour la plante et d’augmenter ainsi son rendement. La plupart des systèmes d’hydroculture sont en outre bon marché (notamment en raison du fait qu’ils peuvent être réutilisés) et ont un poids très léger.

Ce mode de culture, à première vue fantastique, présente toutefois lui aussi quelques inconvénients. Il exige en premier lieu des connaissances plus poussées que la culture en terre. L’apport de la quantité de nutriments adéquate doit se faire avec précision, car les substances nutritives sont directement absorbées par les racines. Toute erreur a donc des conséquences immédiates. La valeur de pH peut être contrôlée facilement, mais elle est aussi sensible aux variations. Elle doit donc être mesurée très régulièrement. L’hydroculture ne peut se faire qu’à l’intérieur,  avec pour conséquences des risques de fuite d’eau. L’eau ne doit pas être exposée à la lumière directe, car cette dernière décompose les nutriments et augmente le risque de croissance d’algues.

Le juste milieu : le coco

Le coco est un substrat dont les propriétés et les connaissances qu’il requiert le placent à mi-chemin entre la culture en terre et les systèmes d’hydroculture traditionnels. Il est organique, comme le terreau, et il lui ressemble également par sa structure. Le coco est toutefois beaucoup plus aéré et offre ainsi un bon ratio air/eau. Les racines en profitent, ce qui se traduit par un rendement plus élevé.

Le coco est beaucoup plus aéré que le terreau, ce qui fournit un bon équilibre entre oxygène et eau ; un traitement fort apprécié par les racines.
Le coco est beaucoup plus aéré que le terreau, ce qui fournit un bon équilibre entre oxygène et eau ; un traitement fort apprécié par les racines.

Le coco est très léger et présente, comme le terreau, un effet tampon et d’absorption qui atténue les conséquences d’erreurs de culture éventuelles. Le coco retient bien l’humidité et la valeur de pH est plus stable par rapport à d’autres substrats d’hydroculture. Le coco peut également être utilisé à l’intérieur (tapis de coco) et à l’extérieur (comme terreau). Mais le coco est lui aussi pratiquement dépourvu d’éléments nutritifs et le producteur doit donc respecter un schéma précis d’apport de nutriments.

Ces informations de base offrent au producteur débutant un aperçu des diverses possibilités de culture, avec leurs avantages et leurs inconvénients. Tous ceux qui souhaitent échanger des idées sur ce sujet ou d’autres sont invités à consulter le forum Sensi Seeds .

  • Disclaimer:
    Les lois et règlements régissant la culture du cannabis différent d’un pays à l’autre. Ainsi, Sensi Seeds vous recommande fortement de vérifier les lois et règlements de votre région. Ne contrevenez pas à la loi. 

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